AssiégéEs vous présente son premier numéro :

L’étau

 couv

Dessin de couverture : Tableau de Fatomousso

Côté France : on parlera de nos vies prises dans des systèmes d’oppression et d’exploitation multiples, ainsi que des injonctions politiques qui contribuent à nous rendre  la vie impossible : antiraciste ou féministe ? matérialiste ou queer ? lutte globale ou lutte minoritaire ?  On réfutera ces fausses alternatives en rendant visibles nos positions, véritables impasses pour les mouvements traditionnels, alors même que depuis nos positions situées, on peut penser la résistance contre ce système pourri : travailleuse du sexe noire assassinée dans l’indifférence générale, queers raciséEs dans le monde du travail, politique de respectabilité destructrice envers les jeunes filles noires et arabes, violences à la fois sexistes, racistes et lesbophobes dans l’espace public, marginalisation et exposition aux violences toujours plus grandes pour les trans raciséEs.

 

Allons au Québec : il semblerait que ce soit la nouvelle terre promise pour échapper aux racisme structurel… C’est avec regret que nous vous annonçons qu’il n’en n’est rien : blackface, livres racistes envers les haïtienNEs, représentations orientalistes exotisantes au musée. On parlera quand même des initiatives qui nous inspirent comme La Third Eye Collective, qui est tenue par des femmes noires et afro-descendantes qui se sont données pour mission de guérir et de s’organiser contre les violences sexuelles et étatiques. Elles mettent au centre de leur travail collectif les theories critiques de la race, la justice transformative, la responsabilité à l’égard de la communauté, et les approches de réduction des méfaits.

Retour en Europe : on fera aussi un petit stop par Londres pour le super texte de Momtaza Mehri : « Noires, britanniques et musulmanes : nous ne sommes pas juste une complication ». Toujours à Londres : rencontre avec les membres du groupe anticapitaliste noir London Black Revs, dont la devise est : Combattre l’injustice quel qu’en soit le coût. Un programme qui nous parle !

Direction le Brésil : pour casser l’imaginaire eurocentrique et blanc résumant le Brésil à des femmes (blanches) nues sur les plages de Rio, et à des femmes noires disponibles sexuellement pour les touristes. Rien de mieux qu’un témoignage photo par Thaïs Alvarenga, photographe brésilienne noire faveleada et le coup de poing de Kely Cristina  racontant la réalité de mère célibataire noire de favela à Rio de Janeiro. De quoi revisiter les préjugés!

Dernier arrêt, le Kurdistan :  on décryptera la fascination plus que suspecte pour les combattantes kurdes dont témoignent les médias occidentaux.

Une pause et du selfcare : parce qu’il est compliqué de rejoindre des mouvements lorsqu’on est mal dans sa peau, on n’oublie pas le corps, avec un article sur comment s’aimer quand on est grosse et noire : décontruction, lutte et flamboyance !

Côté culture : de la poésie révolutionnaire, le porte-folio « Niafiou is the new punk », des séries américaines analysées sous les angles: race, genre, classe, sexualité et politique de respectabilité.

Et pour finir, nous publions la traduction d’un texte de Indeginous Action : « Des complices, pas des alliéEs: abolir le complexe industriel de l’AlliéE « . Nécessaire TOUS LES JOURS.

 

Contributrices et contributeurs de ce numéro : 

Alexandra Wanjiku Kelbert ● Annette Davis  ● Amandine Gay  ●  Dawud ●                                                       Elena Stoodley ●  Fania ● Inès El-Shikh ● João Gabriell ● Kely Cristina ●  Kiyemis  ● LSG  ●                                   Marie-Julie ● Massinissa G ●  Momtaza Mehri  ● Mrs Roots  ●  Naouel  ●  Octavia Pierre  ●                                                                                               Po B. K. Lomami  ●  Tarek Lakhrissi  ●  Thaïs Alvarenga ● Y.A.M

Rédaction 

Directrice de la publication  : Fania

Rédactrice en cheffe  : Naouel

Directrice artistique : Sandra

Community Manager : João Gabriell

Illustrations :  Fatomousso & Maria Chantal

Relectures et corrections : Mira ● Awa ● Hanane ● Emy ● Assia

Traductions :  Annette Davis ● Imane ● Nadine

Si vous êtes une association ou une librairie et que vous voulez commander plus de 10 exemplaires, merci d’envoyer un e-mail à commande@assiégé-e-s.com

TouTEs les contributrices/teurs de la revue sont des  femmes et/ou queers et/ou trans* raciséEs.

 http://www.assiégé-e-s.com/index.php/blog/21-les-numeros

 

samedi 19 avril 2014 à 15h30

WARM-UP Massimadi Film Festival

WARM-UP Massimadi Film Festival

En préparation de sa 2ème édition, le festival Massimadi organise une journée de réflexion sur les homosexualités en Afrique.

Pour ouvrir le débat, le festival Massimadi Bruxelles invite dans le cadre d’une journée consacrée à l’homosexualité en Afrique.

La discussion sera précédée du film de Kikonyogo Kivumbi

« Gay Love in Pre-‐Colonial Africa : The Untold Story of Uganda Martyrs » (19 avril -‐ 40 min).

Partant de la situation en Ouganda, ce film sera suivi d’une discussion avec le public en présence d’invité.es autour de la question : « l’Afrique est-elle homophobe ? ».
Les récents faits et réactions homophobes qui font la une ces derniers temps en Afrique suffisent-‐ils pour conclure que l’Afrique est homophobe ?

Cette journée se poursuivra de manière festive avec trois concerts d’artistes et de groupes provenant de plusieurs pays Africains qui, à leur manière, apporteront leur soutien aux droits des homosexuel.les en Afrique et ailleurs dans le monde…

Infos Pratiques

Projection et débat : Entrée libre

Concerts et soirée : 12€ préventes | 15€ sur place.

Réservation : info@massimadi-‐bxl.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ouganda & Co.

Encourager les homos africains à l’exil?

par Antoine Gessling sur : 360°

ouganda

Une collecte de fonds lancée aux Etats-Unis pour aider les LGBTI persécutés à fuir leur pays crée la controverse.

De l’Ouganda au Nigeria, le durcissement des lois antigay en Afrique risque de pousser des milliers de personnes LGBT à s’exiler. Face à cette situation, une initiative a vu le jour en Californie. Travaillant auprès de demandeurs d’asile, une jeune avocate d’origine sud-africaine a mis en place un fonds de soutien aux Africains LGBTI persécutés désireux d’émigrer. Le «Rescue fund to help LGBT people escape Africa» a récolté près de 9000 dollars (6500 euros) en 3 semaines sur la plateforme de financement participatif Indiegogo. Il en attend 19’500 (14’000 euros) d’ici au 17 mars.

«Très jeune, j’ai pris conscience de l’Holocause et du phénomène des boucs-émissaires, ainsi que de l’importance pour les Juifs de la diaspora d’aider autrui à échapper à la persécution», explique Melanie Nathan, à l’origine du projet. Elle dispose d’une «liste de Schindler» (selon sa propre expression) de 30 cas «vérifiés» de personnes LGBTI persécutées en Ouganda, au Cameroun, au Nigeria et en Gambie, notamment. Pour motiver les donateurs, elle annonce une liste de récompenses pour les plus généreux: un drapeau sud-africain signé par la militante Edie Windsor ou des pièces commémoratives à l’effigie d’Elie Wiesel ou de Nelson Mandela. L’argent doit servir à financer la délivrance d’un passeport, d’un visa et l’achat d’un billet d’avion. Le projet est, en revanche, extrêmement vague quant à la destination et aux conditions d’accueil des réfugiés.

«Une question de vie ou de mort»
Difficile de rester insensible à cet appel. «Pour beaucoup, c’est une question de vie ou de mort», rappelle la jeune avocate. L’initiative suscite toutefois un certain malaise, ne serait-ce que par les parallèle suggéré entre les Justes qui ont sauvé des Juifs persécutés durant la Seconde guerre mondiale et la situation actuelle des minorités sexuelles en Afrique.

Dans un article republié par le site du quotidien britannique «The Guardian» jeudi, la bloggeuse sud-africaine Melanie Judge critique sévèrement l’initiative. «Certes, la fuite forcée des LGBTI exigera la mise en place de refuges. Mais la promotion d’une filière de l’Afrique vers les verts pâturages américains, sans s’attaquer aux conditions qui forcent cette migration, est dangereuse et opportuniste. Dissociée des combats menés en Afrique même pour la justice sociale, ces interventions pleines de bonnes intentions n’offrent aucune solution à long terme aux questions systémiques qui sont le moteurs de l’homophobie. Elles sont au mieux un palliatif condescendant – au pire, elles renforcent la victimisation des Africains et le statut des Occidentaux comme sauveurs.»

Au nom de l’africanité
A ce sujet, Melanie Judge est d’avis que le gouvernement sud-africain, jusqu’à présent très frileux malgré sa Constitution égalitaire en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre, doit prendre ses responsabilités et battre en brèche l’idée soutenue par de nombreux régimes que l’homosexualité est «anti-africaine». «L’Afrique du Sud, écrit-elle, devrait être en mesure de fournir un contre-récit à ceux qui professent les préjugés au nom de l’africanité.» Et de rappeler la prise de position claire de la Commission des droits de l’homme de Pretoria: «Vivre libre et d’aimer sans peur de la violence n’est pas une notion venant des pays occidentaux. La lutte pour ces libertés, comme pour d’autres, a été au cœur du combat pour la libération sur le continent africain.»

 
Élections: piège à­… ah, pis laissez donc faire

Lu sur le blog flegmatique d’Anne Archet : « Il va y avoir des élections, semble-t-il. Pour conserver ce qui me reste de lucidité (voire de santé mentale), je me répète toujours cette longue litanie que j’ai écrite il y a des années et qui me permet de ne pas succomber à la connerie ambiante qui, dans ces circonstances, devient si dense qu’elle en est suffocante:

«C’est la passion d’interdire ce qui me déplaît qui permet à toutes les institutions qui m’oppriment et qui font de ma vie un cauchemar d’exister et de prospérer. 

C’est mon insécurité et ma peur irraisonnée de ce que je ne comprends pas qui me fait chérir les barreaux de ma prison – et réclamer à hauts cris qu’on les solidifie.

L’oppression part toujours d’une bonne intention. Voilà pourquoi je dois me méfier des gens vertueux, altruistes et de bonne volonté. Ces gens qui veulent mon bien et ils finiront par l’avoir si je les laisse faire.»

 

 

 

 

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11 février 2014 | par Rebecca Nicholson, «The Guardian»
sur : 360°

Sotchi, Poutine, les Russes: vraiment si gay?

village-poutine-people

Poutine en Village People, par Jim’ll Paint It (via Tumblr).

Dans une tribune du «Guardian», la journaliste Rebecca Nicholson s’interroge sur les multiples satires ironisant sur le côté gay des JO de Sotchi ou du président russe: rigolotes, mais peut-être contre-productives.

Vous avez vu la chorale de la police russe reprendre le hit de Daft Punk «Get Lucky»? C’est un groupe d’hommes qui chantent une chanson disco, donc c’est vraiment gay. Et Vladimir Poutine qui pose torse nu et dit qu’il aime le grand artiste gay Elton John? Vous pensez quoi de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, où l’on a entendu «We Will Rock You» de Queen? C’était Freddie Mercury, un autre gay, qui chantait! Les uniformes des bénévoles des JO couleur arc-en-ciel: totalement gay! Et les ballerines: si gay! Sans oublier ces danseurs habillés comme des anémones de mer! Bref, la Russie est tellement gay! «Que personne ne le dise aux Russes, mais regardez à quel point leur cérémonie d’ouverture était supergay», a écrit le Huffington Post. «Désolé Poutine, la fête était totalement gay», a ajouté le Daily Beast, tandis que New Statesman renchérissait: «Pour ces Jeux olympiques d’hiver, la Russie a fait plus gay que gay».

Le problème, c’est que ces articles confondent deux choses: «gay» et «camp» [l’esthétique kitsch et flamboyante, souvent associée à la culture homosexuelle, ndlr]. Cela développe un paradoxe: en mettant en évidence le ridicule d’être antigay, ces articles retombent dans des stéréotypes éculés de la vie gay.

Homoérotique, Vladimir Poutine?
Objet de nombreuses moqueries, les paillettes de la cérémonie d’ouverture, les excès, les tenues voyantes et le mélodrame fastueux (comme si cela avait été différent des autres cérémonies d’ouverture des JO récents) était «camp». Mais le «camp» n’est pas gay par nature. Pas plus que ne l’est un homme qui pleure en regardant un film, même si un article de Buzzfeed intitulé «Les 16 photos les plus homoérotiques de Vladimir Poutine» suggère que lorsque Poutine verse une larme, cela veut dire qu’il aimerait avoir des rapports sexuels avec des hommes.

Je sais: c’est de la satire. Beaucoup des auteurs de ces articles sont gays et veulent souligner, à juste titre, que la Russie est pleine d’homosexuels – en dépit des déclarations du maire de Sotchi, qui prétend qu’il n’y en a pas dans sa ville. Il est stimulant de défier l’arsenal législatif russe, qui réduit les mouvements homosexuels au silence et à l’invisibilité, et il est d’autant plus satisfaisant de le faire avec de l’esprit.

Je comprends donc pourquoi il est amusant de laisser entendre que Vladimir Poutine, celui-là même qui ordonne aux homos de rester à l’écart des enfants en vertu de la croyance largement répandue en Russie qu’homosexualité et pédophilie sont la même chose, est aussi gay que les personnes qu’il transforme en criminels en puissance. Mais pourquoi alors utiliser de tels clichés et stéréotypes, qui tendent à affirmer que tous les gays sont les mêmes? Ils ne le sont pas , et si cette loi terrible [contre la propagande homosexuelle] nous enseigne quelque chose, c’est qu’il y a un réel danger à insister sur le fait qu’ils le seraient.

» L’article original dans «The Guardian». Traduction: Antoine Gessling pour «360°».

 

l est essentiel que nous connaissions notre passé, surtout lorsque le nationalisme (même bien déguisé) refait surface chez nous comme ailleurs.

Faites circuler pour la dignité et la mémoire des Congolais.

 

 

Faites tourner!!!

Appel à contribution

DÉGAINEZ VOS STYLOS !

timult prépare sa 8ème (a)parution (en septembre 2014, yeah!).

Comme toujours, ça bouillonne dans nos ganaches… on veut partager avec vous certaines des questions qui nous traversent et qu’on trouverait intéressantes à aborder dans des écrits :
– Le capitalisme industriel, les sciences, les technologies et le monde qui va avec : Comment développer une critique anti-industrielle sans être réactionnaire ? Pourquoi je rêve d’une révolution des cyborgs ? Pourquoi j’aime marcher pieds nus dans l’herbe mais que la “Nature” me fait gerber?
– Quelles mixités ou non-mixités dans nos luttes ? Est-ce que la mixité est souhaitable ? Quelles alliances former et comment ? Pourquoi certaines luttes sont blanches (sans vouloir l’être) ? Retours sur expérience.
– L’autodéfense féministe, entre outil d’émancipation et instrument de politiques et idéologies racistes, sécuritaires, classistes… entre analyse collective et structurelle et élément de développement personnel. Nos idées, expériences, craintes.
– Les séries télévisées : refuge des idées subversives ou guet-apens ?
– Parlons d’urbanisme, de modes de vie et des luttes qui vont avec ;
– Le comment et le pourquoi des choix d’a/sexualité ;
– Récits de frontières ;

Ou encore plein d’autres trucs, ce qui vous intéressera

timult souhaite être un espace où débattre, critiquer, alors envoyez-nous vos retours, textes apportant d’autres points de vue sur des textes publiés dans le n°7, coups de gueule, réactions…

toutes sortes d’écrits sont les bienvenues : des BD, des textes de slam, des textes hors-norme et hors-format, des rébus, des analyses, des récits, des nouvelles graphiques, des mots croisés ou fléchés, des blagues… enfin tout ce que vous pourriez avoir envie d’écrire ! On est aussi ravi.es de contributions graphiques : photos, dessins, peintures, séries de gribouillages…

Comme d’habitude, il n’y a pas nécessité à rester seul.es face à l’écrit: contactez-nous si vous avez envie d’un processus d’écriture plus collectif ou partagé et nous verrons ce que nous pouvons inventer ensemble (coups de main, atelier d’écriture, binôme de travail, interview, discussion…). N’hésitez pas à nous faire part de vos projets et/ou envies, d’idées de textes ou d’images, d’ébauches de pensées que vous voudriez partager, ou voir prolonger dans l’écrit…

Femmes, lesbiennes, trans, gouines et autres monstres, produisons donc de l’écrit politique qui fait réfléchir, avancer et lâchons-nous !

Nous aurons besoin des idées et textes – en version presque finalisée ou au stade de prise de note – pour le printemps. Faites-nous signe avant le 15 avril.

Chaleureusement, timult…

Faites passer le mot

https://timult.poivron.org/07/

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