Relag, photographe/performeuse/artiste/activiste queer nous présente Symptoms, une vidéo traitant du choc des cultures et de la place de l’humain.e au sein de la société, fruit de ses expériences et ses voyages.

« Le système capitaliste, les religions, le patriarcat, les ethnies, les positions géographiques, les préférences sexuelles, l’économie de classes, les genres, les préjudices, la marginalisation…
Épuisement émotionnel, déshumanisation.
Aliénation de la nature de l’être humain, de nos propres fonctions actives et activités vitales. L’humanité s’aliène elle-même.
Ce monde fou à lier essaie de nous faire croire que nous sommes cinglés. »

Pour suivre et/ou découvrir son travail, ça se passe ici

 

Alice Nkom : « L’homosexualité n’est pas importée, c’est sa répression qui l’est ! »

L’avocate camerounaise Alice Nkom s’attaque, depuis plus de dix ans, à l’article 347 bis, pénalisant l’homosexualité au Cameroun. Farouche militante des droits de l’homme, elle a accepté de partager ses impressions sur l’évolution du continent sur la question et sur la situation dans son pays natal, où elle est, bien souvent, considérée comme une « pestiférée ».

à lire : ici

 

Par un temps estival -parce qu’on a bien foutu le climat en l’air- je décide d’aller à la manifestation pro avortement avec mon amoureuse. La veille on m’en avait parlé et j’avais demandé pourquoi aller à une manifestation pro avortement alors que la loi est passée depuis 1990. A l’époque on avait même suspendu les pouvoirs royaux le temps du vote, ce cher Baudouin fricotant publiquement avec le Renouveau charismatique.
Ça fait donc des lustres, et l’avortement me parait une liberté aussi inconditionnelle que celle de faire du vélo, manger une glace ou que sais-je encore. Même si c’est un des pire sale moment mais surement pas pire que d’accoucher d’une créature non désirée, avec les conséquences dramatiques que cela engendre pour la mère, le gosse, et donc l’humanité elle-même par effet domino.
Mais apparemment le vent réactionnaire qui sévit dans d’autres pays européens n’épargne pas la Belgique, et l’on voit descendre dans la rue des familles en pull Lacoste et des prêtres en soutane, qui visiblement trompent leur ennui et la vacuité de leur existence en manifestant sans complexe pour un retour à l’archaïsme.

lire la suite ici

 

 

Grèce: les homo-, bi- ou transexuels sont-ils des sous-citoyens ?

Plusieurs associations pointent la Grèce comme l’un des mauvais élèves de l’Europe en termes de respect des droits des LGBTI (lesbiennes, gays, bi-, trans- et intersexuels). Est-il si difficile de ne pas être hétérosexuel en Grèce ?

lire sur rtbf : ici

voir la video : ici

 

louvain la neuve   ,   les travaux du parking rer commence

C’est un immense chantier qui a débuté il y a quelques jours à Louvain-la-Neuve, celui d’un park and ride de 3300 places destiné à accueillir les navetteurs du futur RER. Ce park and ride sera situé boulevard de Wallonie dans le prolongement de l’Esplanade, et il sera couplé à un parc paysager et un projet immobilier. Il ne fait pas que des heureux, loin de là. Le collectif Urbaverkoi conteste un projet trop précipité et absolument pas prioritaire.

http://www.tvcom.be/index.php/info/news/12026

 

*Nous les autres employées du bar ainsi que le gérant avons rédigé
collectivement la réponse qui suit.*

Notre réponse ci-dessous est écrite par les huit autres personnes qui
travaillent derrière le bar.
Le texte *Mutinerie à la Mutinerie **semble parler au nom de toutes les
personnes racialisées du bar.* Nous tenons à préciser que les employées du
bar qui ont rédigé le texte *Mutinerie à la Mutinerie* sont au nombre de
trois. Parmi nous, qui écrivont cette réponse, quatre sont racialisées
(même si l’une a un passing conditionnel de blanche, c’est à dire que dans
certains contextes elle est perçue comme blanche dans d’autres arabe et
n’a, malgré tout, pas les mêmes privilèges que les blancHEs) et enfin,
quatre sont blancHEs.* *

Notre parole, et *avant tout celle des autres personnes racialisées de la
Mutinerie*, a été confisquée par le texte *Mutinerie à la Mutinerie*..

*Pour que la parole de toutes soit entendue c’est la responsabilité de
chacunE de diffuser ce texte partout ou l’autre a été diffusé.
*
Le texte *Mutinerie à la Mutinerie* utilise un discours d’émancipation de
personnes qui subissent des oppressions historiques, issues de l’histoire
coloniale et institutionnelle dans la société et l’a détourné afin de
servir des individuEs et des intérêts personnels et non pas un collectif
qui peut, au fur et à mesure, exister au sein de l’équipe du bar. Elles ont
exclu (même pas consulté) les autres personnes racialisées du bar et elles
tentent de nier leurs dissentiments en les qualifiant d’ assimilationistes.

Enfin, leur texte utilise et profite de caricatures pour provoquer un
scandale et lui donner plus d’ampleur. Cela donne énormément de visibilité
à une initiative qui nous semble plus destructrice que constructive. C’est
triste de remarquer qu’en revanche les mesures et initiatives déjà mises en
place par les personnes racialisées et politisées de l’équipe, n’ont pas
bénéficié d’autant de diffusion car ces dernières n’utilisaient pas des
moyens manipulateurs pour les visibiliser.

*Les autres employées racialisées de la Mutinerie sont très blessées par la
description qui est faite d’elles à la fin du texte et qui vise à les faire
taire. Les meufs racialisées de l’équipe suffisamment “dépolitisées”
pour “performer
le folklore de leur race” “afin d’attirer les clientEs hypes du week end”,
suffisamment bêtes pour être aveuglées par leurs privilèges au sein du bar
et ne pas voir les profondes injustices qui touchent leurs camarades
racialisées vous emmerdent. *

Pour commencer, nous souhaiterions répondre à plusieurs points évoqués dans
ce texte. Il y a énormément de mensonges et d’arrangements avec la réalité
qui nous surprennent énormément surtout venant de la part de personnes qui
travaillent effectivement à la Mutinerie. *Comment ne peuvent-elles pas
savoir elles-mêmes que beaucoup de leurs allégations sont fausses ? *Et si
elles le savent, quelle est la raison derrière une manipulation consciente
de la réalité ? Nous n’avons pas les réponses à ces questions. Mais notre
texte, comme dit plus haut, est rédigé par le reste de l’équipe de la
Mutinerie, nous sommes donc très au courant de la véracité ou non de
certains faits décrits.

*Ecarts de salaire.* Vous dites * »On est payé entre 200 et 400 euros par
mois sans être déclaré quand l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus
par mois, au minimum. »*

C’est complètement faux : seulement 2 personnes sont sous contrat .

La personne qui gagne plus est une personne racialisée et qui a beaucoup
d’ancienneté car elle était déjà employée de l’Unity depuis plus de 10 ans.
Elle n’a pas la nationalité française et a besoin de travailler pour
maintenir son visa. Elle gagne un salaire de *9,6 euros net* de l’heure.

L’autre personne qui a un contrat gagne *7 euros 33 net* de l’heure *(toutes
les personnes non déclarées gagnent 10 euros net de l’heure*).

Pour les personnes déclarées, il ne s’agit pas d’un job d’appoint, d’un job
étudiant ou autre. C’est l’unique source de revenu qui leur permet de payer
leurs loyers. Par ailleurs, les décrire comme des bourges blanches c’est
dégueulasse, sachant qu’une est racialisée et n’a pas la nationalité
française et que l’autre, avant de bosser à la Mutinerie, était au RSA
depuis 5 ans, loue une chambre chez l’habitant, et pour être transparent,
il lui reste 400 euros une fois qu’elle a payé son loyer.

Le salaire le plus élevé est donc celui de la personne racialisée sous
contrat. Elle gagne 1700 euros nets par mois ( 9,6 euros net/heure). Le
salaire du gérant fluctue en fonction de la santé financière du bar il est
passé de 1100 euros à 750 euros depuis le début du mois.

Par ailleurs, quitte à situer tout le monde puisque vous semblez
représenter beaucoup de gens dans votre texte, il nous semble malhonnête
que vous écriviez que vous n’avez pas bénéficié du“(…) temps nécessaire à
l’acquisition d’un capital culturel ou militant etc”. Puisque sur vous
trois, deux ont fait ou font des études supérieures ( à l’université ) et
l’une particulièrement a au moins un bac+5. C’est malhonnête de
sous-entendre l’inverse puisque c’est fait pour susciter l’empathie chez
des gens qui sont dans les situations que vous décrivez, qui se
reconnaîtront dans ce que vous dites et les pousser à prendre pour argent
comptant tout ce que vous raconterez dans la suite du texte.

Nous considérons que la formulation « 200 à 400/mois » dans votre texte est
volontairement imprécise pour sous-entendre que des personnes auraient été
payées 200 à 400 euros pour un mois de travail. *Le taux horaire pour tout
le monde est donc de 10euros net* sauf pour les deux personnes sous contrat
comme dit plus haut. Si une extra a été payée 200 euros c’est qu’elle a
fait 20h de travail, point. Si une personne n’a pas beaucoup de jours de
travail c’est qu’elles sont distribuées à l’ancienneté (allié à la prise en
considération du fait que la personne ait un boulot ou non à côté du bar
donc un autre moyen de subsistance ).

Par contre il est vrai que fonctionner à l’ancienneté n’est pas forcément
toujours juste et nous allons remettre cela en question ( avec une priorité
conservée à celle d’entre nous qui a fait ce métier pendant plus de 10 ans
et mérite, selon nous, un statut particulier ou celles dont c’est la seule
source de revenus ).

Vous sous-entendez des salaires mirobolants « *l’équipe-** **gérante gagne
entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum* » Nous n’avons aucune idée d’où
viennent ces chiffres et de qui vous parlez. C’est complétement faux. *Tout
au long du texte nous nous demandons d’ailleurs qui vous désignez comme
“l’équipe gérante’’.** *

*Absence de droit du travail. * »*Certain.e.s bénéficient de la possibilité
de se faire payer les taxis, d’avoir des vraies pauses repas payées,(…)* »

Quand le fait d’avoir parfois des taxis remboursés par le bar a été proposé
à la dernière réunion, cela a été immédiatement accepté. Il n’y a jamais eu
plus de taxi accordés aux unes qu’aux autres.
Concernant les pauses repas payées. Cette demande légitime a émané lors de
la dernière réunion, de la part d’une des personnes qui se met en grève.
Cette demande a été acceptée immédiatement par le gérant qui a même ajouté
que *tous les membres du personnel pouvaient prendre 7 euros dans la caisse
pour se payer à manger.

*Vous dites ensuite : * »(…) de fermer plus tôt, des arrêts maladie, des
avances extraordinaires, d’être payé.e.s par le bar et la sécu pendant
leurs arrêts (et tant mieux) quand l’une d’entre nous a vu ses jours
non-payés après avoir été hospitalisée ou l’autre par exemple. Basé sur une
domination classiste, on renforce les plus riches dans leurs privilèges
(…) »*
L’achat du fond de commerce dont vous parlez plus loin ( en sous-entendant
qu’il était caché des employées !) devait justement permettre une stabilité
financière qui aurait permis d’améliorer en priorité les conditions de
travail, chose qui avait été discutée plusieurs fois auparavant. Cependant
nous reconnaissons que pendant cette année, La Mutinerie n’a pas mis en
place de structure qui aurait pu améliorer les conditions de travail et
protéger ses employées. Nous reconnaissons que c’est injuste et peu
sécurisant. Nous aurions pu, par exemple, proposer une alternative aux 10e
net de l’heure actuels des employées sans contrat qui auraient pu choisir
de n’être payées que 8e net et que la différence soit conservée (par
elles-même) dans une caisse pour financer les arrêts maladie ou les congés
payés. Nous proposons de mettre cela en place immédiatement en attendant
les changements de statut de la Mutinerie qui, pour des raisons légales et
administratives , peuvent prendre plusieurs semaines.

Nous allons modifier la situation contractuelle des employées lors du
changement de structure de la Mutinerie. Nous voulons seulement ajouter que
nous ne sommes pas d’accord avec cette idée que toutes les employées de la
Mutinerie voulaient des contrats ( encore une fois vous avez parlé vite au
nom de toutEs ). Par exemple, ça arrangeait aussi certainEs personnes, qui
vous répondent ici, d’être non déclarée : ça leur permettait d’être payéEs
plus par l’état notamment à cause des bourses, du chômage, du rsa. Et nous
répétons ici que le gérant avait déjà dit que cette situation était
modifiable pour chacunE.

A propos des  »avances extraordinaires » dont vous parlez, vous semblez
faire référence au jour où l’une des personnes sous contrat a reçu en
retard l’argent de son arrêt maladie ce qui l’a mise dans la merde et où le
gérant lui a avancé l’argent. Nous ne voyons pas ce que vous trouvez de
mal à ça et au contraire, nous trouvons qu’à plein de moments, le bien-être
des employées était plus pris en compte que dans d’autres entreprises. Vous
avez d’ailleurs bénéficié aussi de ce genre d’aide. Le gérant a
effectivement parfois avancé de l’argent aux personnes qui le demandaient (
sans distinction de classe, racialisation ou genre ) et a toujours essayé
de trouver des solutions chaque fois que l’une d’entre nous *ou d’entre vous
* avait des problèmes d’argent.

Et quand vous dites  »l’une d’entre nous a vu des jours non payés après
avoir été hospitalisée », aucunE d’entre nous ne voit de quoi vous parlez.

Vous dites ensuite « on renforce les plus riches ». Vous semblez
sous-entendre que les deux personnes sous contrat font partie des plus
riches. Autrement dit de la personne racialisée de la Mut qui n’a pas la
nationalité française et a son titre de séjour grâce à son contrat à la
Mutinerie. Et de la personne au RSA depuis 5 ans. C’est elles les plus
riches ??

Cela nous semble tellement hallucinant que vous utilisiez une formule
plurielle alors que ce que vous dites ne s’applique qu’à une personne à la
Mut : le gérant. Qui d’ailleurs ne s’est pas  »enrichi » grâce à la Mut,
pour preuve, le bilan comptable réalisé et certifié par un cabinet
comptable qui a été transmis à l’équipe. Cependant nous reconnaissons que
ce bilan n’a pas été retransmis aux nouvelles personnes qui ont intégré
l’équipe depuis puisque c’est un bilan annuel. Pareil, au début de la
Mutinerie chacunE avait été informéE sur les salaires de chacunE.

Mais les comptes rendus de nos anciennes réunions n’ont pas été retransmis
aux nouvelles personnes dans l’équipe. C’est une erreur de notre part et
nous comprenons que cela a engendré des doutes et des inquiétudes quant à
la distribution de l’argent. Nous proposons d’inscrire le salaire de
chacunE dans un document accessible de manière permanente à toutE employéE
de la Mut, de faire de même avec nos anciens compte rendus de réunion et
avec le bilan comptable.

*Différences de traitements*. Sur le paiement des artistes vous dites:
« *Certain.e.s
performeur.euse.s, particulièrement les performeur.euse.s-employé.e.s de
l’équipe, peuvent être payé.e.s jusqu’à 200 euros le quart d’heure ce qui
correspond à un mois de salaire pour la majorité d’entre nous.* »

On retrouve la même manipulation de la formulation pour sous-entendre que
des gens à la Mut sont payées 200 euros pour un mois de travail complet
alors que cela correspond à 20h de travail. De plus vous dites  »la
majorité d’entre nous » : encore un mensonge.

Personne n’a jamais été payée 200 euros *pour 1/4 d’heure de show*, encore
une fois ici vous exagérez et déformez la réalité. Par contre il est vrai
que le paiement des artistes, djs, n’a pas toujours été uniforme et
suffisamment transparent. Au début de la Mutinerie l’argent donné à des
artistes, dj, performeuses, pouvait varier. D’ailleurs, encore une fois,
une des grévistes en a, elle aussi, bénéficié. Il y a longtemps que nous
avons déjà pointé ça du doigt et ce système s’est petit à petit régulé.
Enfin lors de la dernière réunion un nouveau barème de cachets a été
décidé, et il est maintenant le même pour toutes les performeusEs et le
même pour toutes les dj. Pourquoi omettez-vous de parler de cela ? Pourquoi
parler comme si ce n’était pas un problème que nous avions remarqué et
réglé ?

Cependant il est toujours possible de rediscuter cela et il est important
que nous nous penchions sur les conditions de production des activités que
propose la Mutinerie tout en gardant en tête que l’estimation du cachet des
artistes doit inclure le temps de préparation qu’il y a derrière
l’organisation d’une soirée et de la promotion que les artistes doivent
assurer euxelles-mêmes.

Quand vous dites « *Aussi, quand eux se payaient directement dans la caisse,
nous, nous devions quémander notre dû au point de se sentir illégitimes.*. »
Nous ne voyons absolument pas à quoi vous faites référence. Chaque employéE
de la Mut peut se payer directement dans la caisse elle-même. Toute
personne qui a travaillé à la Mut le sait, cela nous semble encore une
preuve de mauvaise foi.

*Véritable exploitation économique*. Vous dites que le patron faisait
croire à des risques de fermeture du bar. Ce n’est pas vrai le bar était en
réel danger économique. – le bar gagne tout juste de quoi fonctionner :
payer les gens, les boissons, le loyer etc. Or, il y a des problèmes de
plomberie et des travaux à faire, très coûteux : l’eau inonde le sous-sol
qui n’appartient pas au gérant, et il y a une plainte en cours. C’est dire
l’urgence de ces travaux. + travaux d’insonorisation ( ultimatum de la
préfecture avant fermeture administrative )… Donc si on voulait garder tout
le monde, il fallait bien à un moment trouver des sources extérieures de
financement.

Cependant si des gens qui ont donné lors de la collecte de fonds le
regrettent, qu’elles nous écrivent, nous nous engageons à les rembourser.
Pour information, nous allons arrêter la collecte la semaine prochaine et
publierons un communiqué comportant le montant final récolté et la manière
dont les fonds vont être utilisés.

A propos des bénévoles que le gérant auraient exploitéEs. Nous ne voyons
que 2 choses auxquelles vous faites peut-être référence. Il y a eu un dj
set bénévole et l’organisation d’une soirée concert de soutien par l’une
des grévistes. A chaque fois, cela faisait suite à une proposition
spontanée émanant des personnes bénévoles.
Par contre, le gérant ici reconnaît qu’il n’a peut-être pas assez exprimé
sa reconnaissance pour le travail et l’énergie investis dans ces actes de
soutien. Il le regrette et présente ici ses excuses. Il est clair que ces
initiatives avaient beaucoup aidé le bar.

Comme déjà dit plus haut, le gérant travaillait avec un cabinet comptable
et le bilan était diffusé à la fin de l’exercice comptable. Mais c’est
clairement insuffisant. Nous reconnaissons que la structure de la Mut
engendrait des rapports de pouvoir ne serait-ce que par la non-mise à
disposition du bilan comptable aux nouvelles employées. Nous souhaitons en
changer au plus vite, que chacunE ait le même pouvoir décisionnaire et
qu’il y ait une plus grande transparence financière.

*
Stigmatisation raciale.* Encore une fois, vous parlez au nom de toutes les
personnes racialisées mais ne représentez que vous-mêmes. Vous parlez
d’accusation à l’encontre de personnes racialisées et motivées par du
racisme. Vous dites aussi que ces accusations étaient infondées et
injustes. Ce n’est pas vrai. Il y a eu effectivement une accusation de vol
d’un sac à main qu’une cliente avait oublié au bar. Ce n’était pas une
accusation nominative comme vous le dites. Par contre, l’une d’entre vous a
reconnu qu’elle l’avait pris, puis après toute une série de mensonges, (1)
a admis l’avoir volé. Ce qu’elle semble avoir oublié maintenant. Qui
manipule qui ici?

Vous dites * »Une Répartition raciale des tâches : d’une façon générale, le
ménage et les livraisons n’étaient assurés que par nous (…) »*
C’est faux. ChacunE a dû accueillir les livraisons et faire le ménage sans
distinction de classe, de racialisation, de genre ou d’ancienneté au sein
de l’équipe ( ou de positionnement dans la structure de la Mut : le gérant
a nettoyé les toilettes, le gérant s’est occupé des livraisons, etc..).

Par ailleurs, dans la dernière réunion il a été décidé que le rôle
notamment d’accueil des livraisons ( travail pénible où il faut porter des
choses lourdes et peu valorisant ) sera effectué par deux personnes ( le
gérant blanc et un employé blanc ) pour que cette charge de travail ne soit
pas rajoutée aux personnes qui travaillent au bar le jour des livraisons. A
nouveau, vous faites abstraction de ce que nous avions déjà mis en place
pour améliorer les conditions de travail, vous faites abstraction de la
parole des autres employées, vous caricaturez et vous manipulez la réalité.

Vous dites « *Aucune responsabilité décisionnelle ne nous a jamais été
concédée.*  »

Nous reconnaissons que la structure de la Mut n’a pas permis un partage
complet des pouvoirs. Même si des réunions étaient organisées
régulièrement, même si chaque revendication pour améliorer les conditions
de travail a toujours été acceptée et mise en place, même si beaucoup de
décisions étaient prises collectivement, il est vrai que le gérant prenait
certaines décisions seul et surtout, gardait le monopole sur la gestion de
l’argent ( même si c’était en essayant de le faire de manière
transparente). Par ailleurs, le gérant reconnaît ne pas avoir réussi à
mettre en place des outils de communication qui auraient permis à certaines
personnes qui n’osaient pas s’exprimer de le faire. Il accepte son entière
responsabilité là-dedans et dans le fait de ne pas l’avoir fait parce qu’il
était en partie inconscient de sa position de pouvoir et qu’il avait
l’impression qu’il y avait une bonne communication au sein de la Mut’.
C’était le cas pour la majorité des employées mais pas pour toutes.
Cependant dès que ces critiques sont apparues, il a immédiatement proposé
d’abandonner son poste de gérant, de changer la structure de la Mut et de
mettre en place d’autres outils de communication. Ces propositions sont
restées sans réponse et rien n’a été proposé à la place.

Ainsi les méthodes que vous utilisez nous surprennent toutEs au sein du
reste de l’équipe : *une grève a lieu généralement quand des revendications
ont été rejetées. *Ce n’est pas le cas ici. Vous avez coupé la
communication avant même de revendiquer des choses, n’avez répondu à aucune
proposition de dialogue, n’avez pas contacté les autres personnes
racialisées de l’equipe.

Plus loin vous dites  »*Une Répartition raciale des temps de travail : les
noires et les arabes ne travaillent qu’ensemble le week-end parce que les
blancs refusent de travailler avec nous.’*’
C’est juste faux.

Il suffit de consulter le planning de l’équipe pour se rendre compte que
cet argument est faux. D’ailleurs, pourquoi se plaindre de l’oppression des
blancs qui vous obligeraient à nettoyer les chiottes, si vous travaillez
uniquement entre personnes racialisées ?? Faudrait savoir. Bref, encore une
fois l’équipe non gréviste, personnes racialisées et blanches confondues
confirment qu’il s’agit d’un mensonge. Les équipes de travail n’étaient
jamais constituées en fonction de ces critères, il y a de nombreux jours où
des personnes blanches travaillent avec des personnes racialisées. Par
contre, ce qui est ironique, c’est que c’est l’une d’entre vous qui a
demandé à ne pas bosser avec une autre personne de l’équipe ( extrait du
mail ( capture d’ecran disponible ) : « j’ai demandé à Ju de ne plus bosser
avec toi»).

Ensuite, toutes les blanches travaillaient aussi le week-end à l’exception
de l’une d’entre elles qui ne travaillait que le dimanche mais a déjà
proposé un changement qui a été refusé par une des grévistes.
Voici un extrait de leur échange par mail, des captures d’écran sont
disponible si demandées : “ Si ça te saoule que je bosse que des dimanches,
on peut échanger quelques de tes samedis contre des dimanche (j’ai un taf
les vendredis, sinon je proposerai les vendredis aussi). (…)’’ et la
réponse : “ pour moi là c’est du mélange perso et pro dans le sens où si ca
me gênait ( ce qui n’est pas le cas) je ne t’en parlerai pas ici. Je t’en
parlerai soit en vrai soit en réu. (…) Et moi, perso, ca me va tt à fait
de bosser vendredi ou samedi.” ).
Et enfin, la seule personne à ne bosser que du lundi au jeudi est une
personne racialisée.
Cependant, nous aurions dû mettre en place un planning non figé pour que
les personnes ne travaillent pas les mêmes jours toutes les semaines, mais
encore une fois, cela n’a jamais été mentionné en réunion.

Vous évoquez ensuite la vulnérabilité, le manque de protection des
employées face aux violences qu’elles subissent au travail. Le gérant
reconnaît qu’il ne s’est pas assez investi dans cette question là et qu’il
reste encore beaucoup de choses à faire. Il y a eu aussi des tentatives
d’aborder ces questions et de trouver des solutions concrètes venant de la
part d’une employée non gréviste qui n’ont pas vraiment été suivies
d’actions. Enfin, il y a eu tout de même des décisions d’exclusion qui ont
été prises dans une tentative de protéger les employées et la clientèle de
différentes personnes qui ont été violentes envers elles. Par contre, le
gérant reconnaît que, par exemple, lorsque ces décisions ont été prises (
jamais seul mais pas toujours prises avec l’équipe au complet présente )
l’information circulait mal, ce qui a donné lieu à des situations très
problématiques : une personne exclue qui parvient à être dans le bar malgré
tout. Et aussi dans l’autre sens où une fois une employée ne savait pas
qu’une personne n’était plus exclue ( cette employée n’avait pas été la
cible de cette personne mais tout de même c’était la mettre dans une
position qui craint ).
Ces problèmes de communication, ces décisions qui sont prises sans que tout
le monde soit présent sont problématiques et nous proposons d’y mettre un
terme en établissant par exemple un quota minimum de personnes devant être
présentes pour qu’une décision soit prise et qu’ensuite cela soit
communiqué immédiatement à chacunE et enfin archivé dans un document
accessible à toute personne de l’équipe en permanence. Nous espérons aussi
que le changement de structure légale de la Mutinerie favorisera également
une meilleure communication et des prises de décisions exclusivement
collectives.

Même si nous les réfutons, nous n’allons pas relever les  »caprices de
confort » que vous mentionnez ensuite à part pour relever l’expression d’
« empathie sélective » que vous utilisez et qui nous semble particulièrement
ironique.
Vous avez fait de l’empathie sélective en parlant au nom de toutes les
personnes racialisées de la Mutinerie sans leur demander leur avis. Malgré
votre prétention d’avoir un discours purement politique, il ne semble pas
anodin que parmi les 4 personnes racialisées de l’équipe qui n’ont pas été
contactées, 2 se sont embrouillées avec une des grévistes (pour des
diverses raisons; certaines personnelles et certaines professionnelles).

*
La notion de consentement :* Vous dites * »Ce lieu se revendiquant du
féminisme tolère des prises d’espace, de visibilité et de pouvoir venant de
personnes aux comportements douteux et abusifs. Et, plus généralement, ils
ignorent ces comportements en fonction de la popularité des personnes
impliquées. »*
Encore une fois nous ne voyons pas de qui vous parlez. Il nous semble au
contraire que nous avons à plusieurs reprises été à l’écoute lorsqu’on
venait nous voir pour nous signaler des comportements abusifs chez
quelqu’unE, accédant même à des demandes telles que l’annulation de soirée
ou l’exclusion du bar.
Si vous avez un problème avec la présence ou la participation au bar de
quelqu’unE parlez-en, dites ce dont vous avez besoin et dans la mesure du
possible, aidez nous à élaborer des solutions.

*
Une domination de genre.* A propos de ce que vous reprochez au gérant
là-dessus. Nous n’allons pas nous attarder dessus car le gérant reconnaît
qu’il a très mal géré ses relations affectives et sexuelles ( même si quand
même faut pas exagérer c’est faux quand vous dites qu’il * »entretient des
relations sexuelles (dissimulées) avec (au moins) quatre de ses employées* »).
Il reconnaît qu’il a fait peser ses choix affectifs et sexuels sur l’équipe
du bar (communication moins bonne, prendre toujours la défense de la
personne avec qui il entretenait une relation et du coup ne pas entendre
les critiques d’ordre professionnel qui sont faites sur elles ), sur ses
proches ( rivalité, impossibilité de s’exprimer sans craindre d’être perçue
comme jalouse, amiEs tiraillées au milieu de cette situation, etc.. ) et
sur les personnes concernées. Le gérant reconnaît qu’il s’agit d’un
comportement anti-féministe. Il présente ses excuses pour ça et cela fait
partie de sa décision d’abandonner sa position de pouvoir au sein du bar.

*Silence et violence*. Vous dites * »Nombreux et nombreuses sont celleux qui
savaient mais qui ont choisi de ne rien dire, pire de cacher et mentir.
(…)* »
Même si nous ne sommes pas d’accord avec ces accusations de “cacher et
mentir’’ nous voulons dire ici que nous savons que nos communautés ne sont
pas exemptes des oppressions racistes, classistes, sexiste et transphobe du
monde dans lequel nous vivons. Nous sommes conscientEs qu’il est très
important d’entamer un réel processus de remise en question et de réflexion
sur ces questions là et que chacunE d’entre nous a beaucoup à apprendre
pour être unE meilleurE alliéE. Nous comprenons que parmi les personnes
racialisées de l’équipe cela peut être difficile de parler de ces sujets
avec des collègues qui sont aussi des amies. Nous nous engageons à
davantage parler ( notamment en réu ) et agir sur ces questions-là.

*
Diffamation et exclusion*. Vous dites*  »le patron a alors tenté de virer
l’une d’entre nous. »** **ou plus loin vous parlez d’  »une véritable
campagne de diffamation afin d’organiser un vote entre l’équipe-gérante
pour l’exclure ». *
De nouveau tout cela est faux. La seule chose qui a été dite c’était de
faire attention à ne pas colporter de rumeurs. Cela a été pris au sérieux.
Le problème c’est que cette personne, que le patron voulait soi-disant
virer, rejetait toute critique d’ordre professionnel en les qualifiant de
rumeurs racistes, sexistes, et classistes.
Manipuler des discours politiques pour refuser de prendre ses
responsabilités est super nocif pour ces mêmes discours et c’est pour ça
que même d’un point de vue politique, les personnes racialisées de l’équipe
non grévistes sont particulièrement critiques de ces manipulations.
*Il n’y a pas eu de complot, il y a eu des critiques d’ordre professionnel
de la part de beaucoup des collègues de cette personne.* Même une des
personnes gréviste et donc qui a co-écrit ou au minimum validé le
texte *Mutinerie
à la Mutinerie* se plaignait auprès de plusieurs personnes de l’équipe du
comportement non-professionnel de celle soit-disant objet de rumeurs.
Enfin, vous nous accusez d’avoir entrepris une « campagne de
décrédibilisation » lorsque c’est l’inverse : cette personne a fait
exactement ça vis-à-vis de plusieurs personnes de l’équipe ( elle a aussi
fouillé dans les mails de l’un d’entre nous et a utilisé ce qu’elle y
lisait en le décontextualisant et le déformant pour essayer de nous monter
les unEs contre les autres ).

Ce texte est déjà suffisamment long, encore une fois nous n’allons pas
commenter beaucoup de choses qui sont des mensonges: organisation d’un
soi-disant vote pour exclure cette personne, obligation de se retirer sans
solde ( le gérant a proposé une indemnisation en mode  »solde de tous
compte » avant d’être accusé de vouloir acheter le silence de cette
personne!)

Cependant, nous reconnaissons qu’un jour, deux personnes de l’équipe se
sont réjouies devant d’autres personnes du fait que la personne en question
prenait une pause dans son travail à la Mutinerie. Même si il est important
pour nous de faire comprendre qu’une partie de l’équipe ne souhaitait plus
travailler avec elle pour des raisons de non-professionnalisme, nous
reconnaissons qu’il était déplacé de s’en réjouir publiquement et a dû
participer à l’impression de complot organisé contre elle.

Dans la suite du texte il y a encore beaucoup de diffamations (niveau de
vie qui aurait augmenté sous vos yeux pour certaines personnes) sur
lesquelles nous n’allons pas nous attarder.

Par contre nous voudrions particulièrement relever un des derniers
paragraphes. * »Par ailleurs, les cautions noires et arabes qui servent de
marionnettes, qui croient encore en l’illusion républicaine, qui espèrent
l’assimilation ou performent leur race dans un folklore dépolitisé ne
peuvent en rien servir de prétexte à l’égalité ou servir à nous opposer.
Oui, on ne pense pas toutes pareilles…* »

*Nous sommes particulièrement choquées par ce passage qui est une tentative
grossière de faire taire les autres personnes racialisées de l’équipe. *

Quelle condescendance ! Nous les personnes racialiséEs que vous
invisibilisez, tout ce que nous pourrions dire est automatiquement
décrédibilisé parce que vous jugez que nous ne sommes pas aussi
conscientes, éclairées, politisées que vous-mêmes ? Si nous nous opposons à
vous c’est que nous sommes des marionnettes ? Vous prétendez nous ôter, en
ces quelques phrases méprisantes, toute légitimité. Cela appuie ce que vous
avez fait tout au long de ce texte en sous-entendant que vous étiez les
voix des employées racialisées de la Mutinerie. Cette usurpation de la
parole d’autres personnes racialisées nous rend suspicieuses que le but
réel de votre démarche soit vraiment d’améliorer la condition des personnes
racialisées à la Mutinerie. Il nous semble, au vu des mensonges qui y sont
racontés et qui circulent depuis un certain temps sur plusieurs membres de
l’équipe non gréviste et sur le gérant, qu’il y a là dessous, en tout cas
pour l’une des personnes grévistes, une histoire de vengeance personnelle
liée à des questions affectives. On ne dit pas cela dans le but de
dépolitiser l’affaire (nous reconnaissons qu’il y a beaucoup des choses à
régler dans la structure de la Mutinerie pour améliorer les conditions de
travail de touTEs) mais pour souligner combien votre texte essaie de faire
taire toute critique ou avis contradictoire en niant l’existence d’une
réalité interpersonnelle qui existait au sein de l’équipe.

Toujours à propos de l’appropriation de la parole des personnes concernées
: il y a deux textes qui ont été diffusés, l’un est la version longue à
laquelle nous répondons ici et l’autre est un message plus court qui
dénonce entre autres la transphobie. Encore une fois au nom de qui parlent
ces personnes ? Elles n’ont pas contacté les personnes trans’ de l’équipe
pour faire consensus sur ces questions. De plus, l’une des grévistes a eu
très régulièrement des propos transphobes ( dire que c’est cool de sortir
avec un mec trans’ qui n’a pas une voix de canard à cause de la
testosterone, dire à deux clientEs que ce n’est pas transphobe de dire que
les pédés ont des bites et les gouines des chattes, dire que les trans’ se
positionnent toujours en victime, refus de genrer correctement au moins 3
personnes trans’, faire des blagues sur le mauvais passing d’unE clientE,
dire à 2 reprises à une meuf trans’ que les femmes trans’ ont trop de la
chance parce que c’est plus facile pour elles de faire du travail du sexe,
etc… ) suivi d’un refus total de se remettre en question. Tout ça pour
dire, que vous ne faites pas en plus le porte-flambeau de la lutte contre
la transphobie, que c’est super déplacé et les trans’ de la Mutinerie n’ont
pas besoin de votre aide, merci bien.

*Réponse aux revendications*

Nous allons mettre en place le changement de statut du bar et la
redistribution des rôles décisionnels. Cela fera l’objet d’un autre texte
qui sera diffusé sur le site internet de la Mutinerie car nous avons besoin
d’avoir un peu de délai pour voir quel type de structure nous pouvons
adopter.

Nous voulons aussi que les personnes grévistes fassent partie intégrante de
ce changement. Cependant nous nous réservons encore le droit de nous
prononcer sur la réintégration de la personne qui nous accuse de complot. A
l’époque, personne ne s’était ligué et organisé contre elle ( et le gérant
n’avait pas monté les gens contre elle). Mais maintenant, après avoir subi
les mensonges qu’elle colportait sur beaucoup d’entre nous, son incapacité
à se remettre en question, ses propos et comportements contraires à nos
positionnements politiques, son comportement non-professionnel qui met le
bar en danger et donc indirectement le travail de ses collègues (2), ses
tentatives de manipulation et de nous monter les unes contre les autres,
l’équipe non gréviste ne souhaite pour le moment plus travailler avec elle.
Au point que si elle réintégrait la nouvelle version de la Mutinerie à
laquelle nous espérons toutEs participer, plusieurs personnes préféreraient
partir. Il faut donc que nous trouvions une solution ici qui réponde aux
besoins de chacunE ( cette personne y compris ) autant que possible. Nous
espérons que la réaction des grévistes à ce texte ira dans ce sens. Pour le
moment, nous n’avons pas la réponse à cette question.

Nous ne soutiendrons pas non plus la démission des personnes dites
 »racistes » car il nous semble que ces accusations sont basées sur des
mensonges et des manipulations. Par contre, nous sommes d’accord pour faire
malgré tout une remise en question sur ces questions-là qui pourrait passer
par exemple par une réunion en non-mixité avec TOUTES les personnes
racialisées de la Mutinerie, qui pourrait aboutir à des revendications
portées auprès du reste de l’équipe.

Nous refusons l’annulation de tout événement politique. Comme expliqué plus
haut, nous avons des problèmes d’ordre politique avec une grande partie du
texte *La Mutinerie à la Mutinerie*. De plus, un certain nombre de
collectifs et d’associations comptent sur notre soutien financier et la
visibilité que le bar leur apporte. Cependant, nous nous engageons à faire
part aux personnes souhaitant organiser des évènement politiques à la Mut
des critiques qui ont été émises à l’encontre de la Mutinerie ainsi que de
notre réponse. Simplement en leur transmettant les deux textes et sans un
mot de plus sur tout ça, de manière à ce qu’iels décident par iels même de
leur participation ou non au bar, en connaissance de cause. Nous pouvons le
faire par exemple par mail avec une des grévistes, de manière à ce qu’elles
puissent s’assurer que c’est effectivement fait.

Nous refusons également d’enlever la charte, elle a été écrite
collectivement ( et largement par des clientEs ) par des personnes dont un
grand nombre nous a signifié leur soutien face au texte *Mutinerie à la
Mutinerie*, et même si nous reconnaissons que nous même n’arrivons pas à
toujours veiller à ce qu’elle soit appliquée, nous y aspirons
sincèrement. Cette
charte, n’est pas un manifeste politique; c’est plutôt le fruit des
observations communautaires et des conseils sur les comportements à
adopter. Le fait que même nous n’arrivions pas toujours à les appliquer
n’enlève rien à l’importance d’avoir un texte de ce type affiché dans le
bar (d’ailleurs, dans le dernier point de la charte, c’est dit qu’on sait
qu’on est pas parfaites).

Nous refusons l’affichage du texte Mutinerie à la Mutinerie dans le bar car
nous considérons qu’il est souvent manipulateur, diffamatoire et
problématique politiquement. De plus ce texte et notre réponse sont longs,
personne ne lira les deux jusqu’au bout affichés sur un mur dans un bar !
Cependant nous ne voulons pas le censurer. Donc, dans un soucis de
transparence, nous proposons d’imprimer le texte *Mutinerie à la
Mutinerie*et celui-ci en plusieurs exemplaires, de les conserver
derrière le bar et
dans la bibliothèque et de mettre une affiche dans le bar qui dirait “si
vous voulez des informations à propos du texte Mutinerie à la Mutinerie il
est disponible au bar, ainsi que sa réponse, n’hésitez pas à nous demander
un exemplaire. »

Nous sommes d’accord avec votre troisième revendication. Que les personnes
grévistes nous fassent parvenir une liste des arriérés et congés maladie
sur lesquelles elles estiment avoir été lésées. Pour les congés payés et
l’indemnisation de chômage, nous sommes d’accord également. Nous pourrions
établir ensemble une estimation qui correspondrait à ce qu’il leur aurait
été dû si ces personnes avaient été sous contrat.

Enfin pour la dernière revendication, nous estimons que ce présent texte
contient les excuses nécessaires. Nous y reconnaissons à plusieurs moments
nos torts. Mais nous pensons aussi que le texte *Mutinerie à la
Mutinerie*instrumentalise différents discours politiques, invisibilise
la parole
d’autres personnes racialisées et se base sur des propos diffamatoires en
espérant provoquer une telle réaction de scandale dans nos différentes
communautés que personne n’écouterait nos réponses.
C’est vraiment ce truc d’usurpation de la parole d’autres personnes
racialisées qui nous dégoûte le plus : on a déjà du mal à faire entendre
des voix de personnes racisées dans un monde post-colonial et surfer là
dessus est dégueu, ça n’aide en rien les personnes racisées à s’émanciper.
Mais et surtout, on a AUSSI du mal à se rallier, à se réunir entre
personnes racialiséEs, et il y a plein d’initiatives, de tentatives, de
groupes, de discussions qui se créent de plus en plus. Mais cela reste
encore très insatisfaisant aux yeux d’un grand nombre de personnes. Et ce
que vous faites là c’est désolidariser un groupe qui tend à s’unifier en
séparant : racialiséEs du côté des blancHEs // racialiséEs du côté des
« grévistes ». Ca va forcément créer une fracture dans les mouvements de
réunion de personnes racialiséEs. Et ça commence déjà puisque des amiEs à
nous se sont largement laisséEs manipuler et vous soutiennent, se
positionnent pour le boycott, avant même d’avoir lu notre réponse. Et nous
sommes certaines que ça va avoir une incidence sur notre manière de nous
réunir.

Nous aimerions conclure en disant que nous reconnaissons qu’au cours de
cette année passée nous n’avons pas mis en place un certain nombre de
choses qui aurait amélioré les conditions de travail. Nous sommes choquées
par l’usurpation de la parole des autres personnes racialisées de l’équipe,
l’instrumentalisation de discours politiques et les propos diffamatoires et
mensongers. Une éthique a été brisée aussi bien par l’équipe du bar que par
les grévistes actuelles.

Cependant il arrive à chacunE d’entre nous de faire des erreurs. Il y a des
modèles mais pas d’école pour apprendre à créer des structures différentes.
C’est difficile, c’est chaotique, mais c’est possible. Et nous espérons
qu’une volonté réelle de notre part à changer la structure de la Mutinerie
et une prise de conscience de la part des grévistes de ce qui est
problématique dans leur texte permettra de nous rapprocher mutuellement,
qu’elles réintègrent ou pas leur travail à la Mutinerie en fonction des
besoins de chacunE. Notre objectif final reste le rétablissement d’une
solidarité et d’une confiance mutuelle.

*MERCI DE DIFFUSER CETTE REPONSE PARTOUT OU MUTINERIE A LA MUTINERIE A ETE
DIFFUSE. *

(1) Réponse 4 jours après la disparition du sac de la cliente : “Le sac (y
a des papiers dedans), je l’ai et vais le déposer au commissariat du 18
sauf si qqun veut/peut le faire? » alors que la Mutinerie est à 100 mètres
du commissariat du quartier et habituellement, nous attendons, avant de
faire cela, de voir si les affaires perdues seront réclamées. Puis la
personne a fini par donner comme explication finale à celle qui avait fait
remarquer le vol du sac : « oui j’avoue je l’ai volé mais c’était pour te
l’offrir tu vois bien que c’est pas mon style de sac, il t’irait mieux ».

(2) fumer un joint dans le bar pendant les heures d’ouverture, fumer des
cigarettes à l’intérieur du bar quand elle travaille tout en interdisant à
la clientèle de faire pareil, laisser le bar longtemps sans surveillance
quand elle travaille seule, prendre plus de pauses que ses collègues quand
elle travaille en binôme, faire des abus de pouvoir en menaçant quelqu’un
qui fait des ateliers à la Mut de prendre la décision seule d’annuler
l’atelier, abus de pouvoir sur ses collègues aussi, de manière générale
parler mal à la clientèle et en traiter un certain nombre mal, reprocher à
ses collègues des choses qu’elle même ne fait pas ou mal, etc..

 

article original: http://www.etatdexception.net/?p=6089

Mutinerie à la « Mutinerie » : grève des cautions arabes et noires

mutinerie03
La Mutinerie, bar du Marais à Paris, a la prétention de se définir comme un bar politique : « féministe, antiraciste, décolonial, par et pour les meufs gouines, trans, queers[1] ». Il se veut collectif, politique, horizontal et participatif. Avec des ateliers à prix libre, des projections, des débats, des événements incluant des réflexions sur le rapport entre dominant-e-s et dominé-e-s.
Nous – issues de l’immigration néocoloniale et de la traite, issues de banlieue et de milieu rural, tout-e-s pauvres donc sans héritage, précaires face au travail et au logement, avec nos loyers et familles à charges, sans réseau propre, sans le temps nécessaire à l’acquisition d’un capital culturel ou militant, etc. – sommes employées à la Mutinerie.
Pourtant, au risque de nous mettre dans une précarité encore plus grande, nous dénonçons, publiquement maintenant, l’organisation et l’exploitation sexiste, raciste et classiste qu’il y a dans ce bar. Par ce texte, nous dénonçons la domination du patron sur ses employées, la domination des blancs sur les autres, et la reproduction de normes hétérosexistes et néocoloniales.
Au vu de la renommée internationale que s’est forgée le bar en se servant de notre image et de nos luttes, nous avons choisi de diffuser ce texte le plus largement possible afin que tout le monde soit bien conscient-e de ce qui s’y joue.
Ce bar prétend « refuser d’ignorer le classisme », pourtant depuis le début :
  • Ecart de salaire : on est payé-e-s entre 200 et 400 euros par mois, sans être déclaré-e-s, quand l’équipe-gérante gagne entre 5 à 10 fois plus par mois, au minimum.
  • Absence de droit du travail : certain-e-s bénéficient de la possibilité de se faire payer les taxis, d’avoir des vraies pauses repas payées, d’avoir des congés payés, de fermer plus tôt, des arrêts-maladies, des avances extraordinaires, d’être payé-e-s par le bar et la sécu pendant leurs arrêts (et tant mieux), quand l’une d’entre nous a vu ses jours non-payés après avoir été hospitalisée ou l’autre par exemple. Basé sur une domination classiste, on renforce les plus riches dans leurs privilèges et surtout, on refuse de leur en retirer au profit d’une juste répartition qui bénéficierait à celles dont la condition inférieure est considérée comme normale.
  • Différences de traitement : certain-e-s performeur-euse-s, particulièrement les performeur-euse-s employé-e-s de l’équipe, peuvent être payé-e-s jusqu’à 200 euros le quart d’heure, ce qui correspond à un mois de salaire pour la majorité d’entre nous. Tandis qu’à prestation/performance égale, des rémunérations différentes sont mises en place. Aussi, quand eux se payaient directement dans la caisse, nous, nous devions quémander notre dû au point de se sentir illégitimes.
  • Véritable exploitation économique : le flou maintenu sur le bar, qui serait un collectif politique ou un lieu commercial, a permis au patron d’entretenir différents privilèges et de nous exploiter. Faisant croire depuis des mois que le bar risquait de fermer, faisant faire du « bénévolat » pour le faire survivre, allant jusqu’à organiser une quête sur internet pour « sauver le bar » (dont le montant récolté reste inconnu). Nous apprenons qu’il l’a acheté (achat du fonds de commerce) en son nom il y a environ un mois. Il fait lui-même la comptabilité du bar… Pourtant, le week-end, c’est nous qui assurons la rentrée principale d’argent qui lui a servi à devenir propriétaire du bar. C’est une caution pensant participer à un bar horizontal, qui a fourni une partie de la caution nécessaire à la location. Depuis, en soutien, il s’est retiré du projet jusqu’à nouvel ordre. Notre travail a pu assurer la pérennité et la renommée de la Mutinerie : en un an, ce qui se fait passer pour un projet collectif, un bar autogéré, est en fait ni plus ni moins un bar capitaliste comme les autres, dans lequel le patron est devenu propriétaire.
Ce bar se vend comme « antiraciste, décolonial », pourtant nous subissons :
  • Une stigmatisation raciale : rumeurs infondées sur des listes de travail collectives désignant certaines nommément de voleuses (les arabes), jugeant par ailleurs d’autres trop lentes (les noires de l’équipe).
  • Une répartition raciale des tâches : d’une façon générale, le ménage et les livraisons n’étaient assurés que par nous. Les WC que l’équipe-gérante se refusait d’effectuer, et dont le nettoyage est devenu un véritable bizutage pour certaines d’entre nous dès leur arrivée au sein de l’équipe. Aucune responsabilité décisionnelle ne nous a jamais été concédée. Ne serait-ce qu’une consultation sur nos propres plannings.
  • Une répartition raciale des temps de travail : les noires et les arabes ne travaillent qu’ensemble le week-end, parce que les blancs refusent de travailler avec nous (trop lents, trop violents). S’ajoutant à ça, la rémunération du week-end n’est même pas supérieure à celle de la semaine…
Comment devient-on agressives ?
Les personnes racialisées ne travaillent donc qu’entre elles et uniquement le week-end dans ces conditions et pour ces raisons. Ce sont les jours où il y a le plus de monde, de travail (faire le ménage et les livraisons accumulées de la semaine…). Le week-end correspond aussi aux plus grandes rentrées d’argent, à une gestion de personnes plus violentes (alcoolisées, sous produit, racistes, sexistes, lesbophobes, etc.). C’est aussi avoir affaire très souvent aux keufs (plusieurs fois, nos identités ont été relevées alors que nous ne sommes pas déclarées), plusieurs d’entre nous se sont faites agressées (vêtements, sous-vêtements déchirés), touchées (fesses, seins…)… Et, tout ceci dans l’indifférence totale voire le mépris de l’équipe-gérante, tout en accordant une attention démesurée à des caprices de confort[2]. Les agressions que nous avons subies ont servi, au-delà de l’indifférence, à faire de nous des personnes violentes. Miroir de la société…
Ce bar combat l’hétéronormativité et se veut féministe, pourtant nous subissons :
  • La notion de consentement : ce lieu se revendiquant du féminisme, tolère des prises d’espace, de visibilité et de pouvoir venant de personnes aux comportements douteux et abusifs. Et, plus généralement, ils ignorent ces comportements en fonction de la popularité des personnes impliquées.
  • Une domination de genre : le patron nous possède. Il – blanc, de visibilité sociale hétéromasculine, patron d’un bar, et en interaction intime avec les principal-e-s concerné-e-s – propose du travail à celles – femmes, arabes, noires, venant de banlieue, sans travail… – qu’il convoite affectivement. Il entretient des relations sexuelles (dissimulées) avec (au moins) quatre de ses employées, aucune déclarée. Et, plus largement, avec plusieurs personnes du collectif de la Mutinerie. Il met ainsi en place un rapport de domination/privilèges sur ses employées-amantes.
  • Une mise en concurrence sexiste : mensonges et larges faveurs financières créant des rivalités entre les employé-e-s. (déclarés/non déclarés, noir-e-s/blanc-he-s, bourgeois/prolétaires…) et les amantes (parmi les employées, les membres du collectif, les clientes… officielle/non-officielle…). Diviser pour mieux régner, le bar est devenu un véritable harem capitaliste. Tout devient une faveur accordée par le bon patron dans un réseau d’influence et de conflits d’intérêt motivés par l’argent, le sexe et l’orgueil, en un mot le carriérisme.
  • Silence et violence : nombreux et nombreuses sont celleux qui savaient mais qui ont choisi de ne rien dire, pire de cacher et mentir. On ne renonce pas si facilement à ses privilèges : être la favorite du patron, avoir son loyer payé, avoir plus de dates, être administrateur, performeur, graphiste ou autres pour la mutinerie, avoir un lieu de drague et où aller boire un verre, se donner bonne conscience alors qu’on a sous les yeux l’expression la plus directe de l’exploitation économique et des survivances néocoloniales. Alors que nos multiples remarques et critiques ont toujours été ignorées, déformées, invisibilisées ou réduites à des conflits personnels donc dépolitisées, il nous est maintenant reproché de ne pas avoir « osé » parler plus tôt.
  • Diffamation et exclusion : certaines parmi nous se sont opposées à ce fonctionnement depuis des mois. Tout comme ont été refusées les tentatives pour acheter le silence de certaines[3]. Le patron a alors tenté de virer l’une d’entre nous. D’abord, en s’appuyant sur les rivalités, entre employées-amantes, qu’il avait créées. Puis, en organisant une véritable campagne de diffamation sexiste[4], de rumeurs et d’accusations racistes[5], afin d’organiser un vote entre l’équipe-gérante pour l’exclure sans même l’en/nous en informer. La campagne de décrédibilisation contre l’employée « à virer » se ponctuera par la dissimulation d’un compte-rendu de réunion. C’est dans cette ambiance que « l’employée à virer » s’est sentie obligée de se retirer (sans solde). D’autres l’ont soutenu et se sont solidarisées au regard de leur propre situation. C’est le début d’un positionnement organisé et public, et la fin d’une croyance illusoire en des arrangements internes. La véritable Mutinerie commence enfin.
Nous dénonçons ce système néocolonial[6]
Comment ont-ils pu nier les profits engendrés grâce à notre travail ? Comment ont-ils pu ne pas s’apercevoir des privilèges dont ils bénéficiaient ? Et, évidemment, comment ont-ils pu ne pas se rendre compte d’une telle usurpation ? Leur aisance était directement liée à notre précarité pendant des mois. Leur niveau de vie a considérablement changé sous nos yeux, pendant que nous nous faisions humilier et exploiter professionnellement et politiquement. Nous ne pouvons désormais qu’affirmer l’illégitimité de leurs présences. Ce bar, néocolonial et capitaliste, se sert de l’attrait exotisant de ses serveuses pour les soirées hypes du week-end, et de l’image de nos luttes pour mieux nous exploiter. Par ailleurs, les cautions noires et arabes qui servent de marionnettes, qui croient encore en l’illusion républicaine, qui espèrent l’assimilation ou performent leur race dans un folklore dépolitisé, ne peuvent en rien servir de prétexte à l’égalité ou servir à nous opposer. Oui, on ne pense pas toutes pareilles…
Une fois la situation connue officieusement dans le collectif plus large de la Mutinerie, nous ne pouvons aussi que constater la réaction nombriliste et inconséquente des personnes blanches, inquiètes pour leurs réputations, parce qu’impliquées. Majorité complice et silencieuse, qui voit, se tait et étouffe, participe à ce système.
Nous avons conscience que ces oppressions sont aussi présentes dans l’ensemble des milieux militants blancs de gauche, que nous connaissons pour avoir évolué parmi les mouvements féministes, les mouvements d’extrême-gauche, les mouvements antiracistes… Ce bilan reste encore douloureusement d’actualité dans bon nombre de milieux qui se veulent militants.
Nous nous mettons donc en grève illimitée, sans condition et immédiate
Nous exigeons un changement immédiat des statuts légaux du bar, que la direction et le fonds de commerce soient collectivisés, ainsi que la démission des racistes de l’équipe. Nous voulons faire partie intégrante du rééquilibrage du bar et la redistribution des rôles décisionnels.
Nous exigeons la suspension de tout événement politique jusqu’à nouvel ordre. La charte doit être retirée du bar et de tous les sites internet faisant référence à la Mutinerie. Nous voulons également que ce texte soit affiché sur place dès sa parution.
Nous exigeons le paiement de tous nos arriérés, des arrêts-maladies et congés, ainsi que le paiement rétroactif des week-ends, des heures de courses et de ménage effectuées depuis le début. Celleux d’entre nous qui refuseront de réintégrer ce lieu devront pouvoir bénéficier d’indemnités de chômage conséquentes.
Nous exigeons la reconnaissance officielle des dommages infligés aux personnes concernées, ainsi que la reconnaissance de la reproduction des oppressions de race, de classe et de sexe dans ce lieu. Pour finir, nous voulons des excuses publiques.
Des employées de la Mutinerie et leur allié.e.s,
Féministes radicailles, rurales et décoloniales !

Contact : mutineriealamutinerie@riseup.net.

[2] Echanger les heures de travail à la dernière minute, prendre le travail des autres à leur guise et en fonction de la pénibilité, ne jamais travailler seul-e. Pire, quand on est clientes, nous demander de les remplacer plusieurs fois dans la même soirée, de changer les fûts ou de gérer les livraisons à leur place… C’est la culture du ressenti qui ne s’applique qu’à certaines personnes, empathie sélective.
[3] Des indemnités personnelles, des dates en plus pour certaines, des pseudos travaux de bricolage, de rangement, de ménage…
[4] L’une d’entre nous a été accusée à tort d’avoir eu des rapports sexuels dans la réserve pendant que la police fouillait le bar et/ou abandonnant le bar laissant les clients se servir…
[5] Des membres de l’équipe gérante ont toujours refusé, jusqu’à aujourd’hui, d’adresser la parole à certaines d’entre nous. Pour appuyer ces fausses accusations, menace de recourir à des soi-disant « témoins » de vols, d’agression sur une membre de l’équipe, de mauvais travail, de non professionnalisme et même d’accusations de comportements abusifs !!!
[6] A. Memmi, Portrait du colonisé, Portrait du colonisateur, Edition Corréa, 1957.
 
Can Batlló, un centre social autogéré à Barcelone
Lu sur UtopLib : « Can Batlló (Barcelone) : une expérience d’occupation collective de quartiers, un combat de trente-cinq ans et la transformation d’une ancienne fabrique textile en centre social et culturel autogéré. »
Un reportage vidéo voir ici 
 

Jeudi 19 septembre, faisant suite aux accusations de dégradations et de
menaces et violences sur la matonnerie, a eu lieu le procès de Christine
au Tribunal d’Arras (voir ici sur les événements prétendants) .
Connaissant les longues plaidoiries de Christine qui avait été entendue
sur les mêmes faits le 4 juillet, le juge a bien préparé et orchestré ce
procès, à coup d’infantilisations et d’humiliations.
« Ce procès ne sera pas une tribune pour vous Mme Ribailly » annonce le
Juge ; pas de contextualisation, à peine le droit à la parole, Christine
doit répondre par « oui ou non » aux questions tendues telles des pièges
par un président de séance qui a déjà pris le parti de sa culpabilité. En
effet, la séance s’ouvre sur cette considération du juge : le parcours
judiciaire de la prévenue montrerait qu’elle n’est « animée dans la vie
que par son désir de se rebeller contre l’autorité des institutions ».
Main dans la main, le juge et l’avocat de l’Administration Pénitentiaire
(AP) s’attellent donc à redorer le travail « difficile et courageux » des
matons, réaffirmer leur autorité et notre devoir d’obéissance. Le juge lit
le rapport d’un expert psy qui, après avoir dépeint le comportement de
Christine comme paranoïaque, conseille de la poursuivre pénalement et
qu’elle soit sanctionnée pour « ponctuer son parcours et qu’elle devienne
actrice de sa vie ».
Résistant quotidiennement à ce qu’elle nomme les abus de pouvoir, faisant
toujours valoir ses droits, Christine s’est retrouvée une fois de plus
face un mur. Face à Christine la Justice ne s’est pas même encombrée des
apparats de l’équité, trop soucieuse de réaffirmer l’autorité de l’Etat et
ses chiens de garde dont elle fait partie.
Ironisant sur la « chance » du prévenu d’avoir toujours le dernier mot, le
juge a donc mené à la baguette son interrogatoire : « Pensez-vous que
votre attitude contribue à apaiser la situation ? Répondez par oui ou par
non ? ». « Ne pouvez-vous pas passer comme les autres votre
détention…tranquille ?! » dira l’avocat de l’AP.
Tranquille ?! L’audience en tout cas ne l’était pas. La tension était
palpable dans la salle, qui comptait une vingtaine de copains et camarades
venus soutenir Christine, et une dizaine de matons (dont Mickaël Bocquet)
et la dirlo de Bapaume venus soutenir leurs collègues.
Tandis que la Procureur réclame la peine plancher, 1 an de prison ferme
supplémentaire pour Christine, son avocat plaide, une heure durant, sa
relaxe. Il met notamment en avant la violence institutionnelle en
dépeignant la réalité des conditions carcérales, démontrant que
structurellement c’est le système carcéral qui crée la violence à
l’intérieur de ses propre murs.

Délibéré rendu le 21 novembre.

Aujourd’hui Christine est de nouveau au mitard pour 30 jours et devrait
être transférée au Centre de Détention de Réau (région parisienne) dans le
courant du mois d’octobre.
Ci-dessous un extrait de courrier une semaine après le procès :

Séquedin, jeudi 26 septembre 2013

[…]
Après l’audience, comme à chaque fois, les gendarmes sont un peu dépités
de s’être fait prendre au jeu de ma prétendue dangerosité. Alors, ils sont
plus cool : plus de menottage systématique, pause clope, tutoiement
respectueux…pour se différencier de leurs collègues précédents. Là, dans
la cours ou on clopait avant de remonter dans le fourgon sans pot
d’échappement [?], l’un d’eux m’a dit : « tu sais, je vais bientôt venir
te voir au parloir : Bocquet a déposé plainte pour diffamation… ». Ça
explique le délire de son baveux sur ma manipulation par les méchants
anars pas polis qui domicilient leurs sites à l’étranger…
Mais l’acharnement ne s’arrête pas là. Demain je passe au prétoire pour 4
CRI (Comptes Rendus d’Incident) chopé à mon arrivée ici pour des
revendications qui ont abouties après la grève de la faim.
Je risque à nouveau 30 jours, 2 mois plus tard. Heureusement mon avocat a
dit qu’il serait là pour m’assister.
Tu crois que là ça suffit ? Petit joueur ! J’ai aussi vu la semaine
dernière un maton enquêteur pour le CRI rédigé le 25 juillet à Bapaume à
propos de la « prise d’otage ».
Je suis à peu près sure que c’est illégal de passer à Séquedin en
commission de discipline sur ça, le prétoire n’étant qu’une mesure interne
et disciplinaire, pas un jugement. J’espère que mon avocat pourra le
démontrer.
Mais c’est toujours pas fini ! En lisant ce dossier disciplinaire, j’ai vu
une lettre de la direction de Bapaume au parquet, à la DI, au JAP et à la
gendarmerie à propos de cette « prise d’otage » et d’une matonne qui a été
blessée par ses collègues lors de ma réintégration de cellule. Pour
l’instant, je n’ai pas vu les gendarmes à ce sujet, mais ça m’étonnerai
que ça soit classé sans suite. La procureur y avait d’ailleurs fait
allusion à l’audience du 19 septembre (…).
Pour faire bonne mesure, on peut y ajouter une plainte déposée par les
matons de Séquedin le 31 juillet, alors qu’ils me tapaient sur la gueule.
Là aussi deux d’entre eux ont été blessés dans la [mêlée], dont un assez
gravement au genou (évacuation par les pompiers). Pour ça, j’ai vu un
expert psy (encore un !) le 17 août (un samedi !), mais avant même d’avoir
vu les gendarmes. Depuis je demande en vain des infos au greffe.
Voila la démonstration est faite : l’AP fabrique du récidiviste. Voila
comment la provo de Bocquet amène à 30 jours, qui amènent à 30 jours, qui
en ramènent eux même à 30 jours. A ça, il faut ajouter un procès qui en
amène un autre et deux autres encore par les mêmes plaignants. Bien sur il
ne faut pas oublier d’ajouter les CRP [Crédits de Réduction de Peine] qui
vont faire sauter les prochains aménagements de peine. Du grand art ! Je
suis moi même époustouflée par cet acharnement : il n’y a vraiment rien
qui les arrête puisque, malheureusement, le ridicule ne tue pas !

Christine

 

Envahi par la bougeotte depuis fin mai, début juin, je me suis baladé au coeur d’espaces queer en dehors de Belgique, à savoir Amsterdam, Grenoble, Marseille…

Episodes précédents:

Amsterdam – Queeristan

Grenoble – Shiftcore

Pour continuer dans la série des « premières fois », mais aussi parce qu’un ami pouvait en partie m’héberger et que j’avais entendu parler de l’Eurocrade, je suis parti à Marseille début juillet, pour une durée indéterminée. Finalement, je suis resté jusque fin juillet, ce qui correspondait avec la fin des Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités. Un mois de juillet très transpédégouine en somme, pour moi. 

Eurocrade – Europride

 

 

L’Eurocrade, j’en avais entendu parler au Shiftcore (voir ma note précédente), et ça avait notamment pour objectif de pointer les aspirations très mercantiles de l’Europride, penchants dont on pouvait facilement se rendre compte en consultant le programme et les tarifs des festivités prévues. Même constat en se rendant sur l’espace réservé à l’Europride sur la plage du Prado, où il n’était pas possible d’amener sa bouteille d’eau plate par 35°, ah ben non, il fallait la payer aux bars prévus à cet effet. Et en plus, c’était dit avec un sourire de faussaire qui n’avait rien à envier à celui de n’importe quelLE vendeurEUSE d’agence de voyage quelconque. Pour plus de détails sur les objectifs plus globaux de l’Eurocrade, il y a des textes très clairs sur le blog créé pour l’occasion.

 

Un rendez-vous avait donc été donné, dans un squat nouvellement ouvert, aux personnes désireuses de participer à d’éventuelles actions. Parmi celles-ci, il y a eu une intervention sauvage lors d’une intervention à la Friche  (lieu où se tenaient d’autres stands et activités de l’Europride) sur le thème « “Lesbiennes, gays : mêmes combats”  par une certaine Christine Le Doaré que je ne connais pas mais qui n’a pas l’air d’être une personne très recommandable, vu ses penchants, de ce que j’en ai lu et entendu, transphobes, sérophobes, putophobes, racistes… Cela dit, si j’en crois les échanges écrits qui ont suivi l’intervention, entre cette personne et d’autres gens qui ont participé à l’action, je me dis que l’Eurocrade a pointé là où ça fait mal, et que c’était bien vu. Pour plus d’infos, voir le site de l’Eurocrade.

 

Une autre action a été de taquiner le salon du mariage gay qui se tenait également à la Friche, pour une fois de plus dénoncer son côté commercial (on pouvait facilement se retrouver avec dix flyers en cinq minutes qui faisaient la publicité de produits « LGBT friendly » pour votre futur mariage, dont la plupart n’étaient franchement pas d’un goût très aguichant, selon moi, mais bon, les goûts et les couleurs, hein, passons), et bien sûr tout ce que représente l’institution du mariage en général, que si y’avait du mariage pour personne, on s’en porterait pas plus mal non plus. Cela dit, vu le peu d’affluence de monde durant toute la semaine de l’Europride, les marchands étaient tout de même contents de la visite des perturbatrices, parait-il. C’est dire.

 

Le jeudi, au sein du lieu central de l’Eurocrade, un cabaret transpédégouine DIY, très éclectique et sous une drache de paillettes – il y en a parfois que je retrouve encore entre deux orteils – s’est tenu et a brassé pas mal de monde fort sympathique.

 

Un chouette moment a aussi été le sitting transpédégouine, arméEs de brochures à l’entrée de la Friche le vendredi, veille de la fin de l’Europride. De façon assez surprenante, et malgré un vif agacement aussi manifeste que déplacé de la part des organisateurs de l’Europride, cela a eu un certain succès. On s’en est mis à regretter de ne pas avoir fait ça toute la semaine… Puis il y a eu les concerts organisés sur une plage un peu reculée du foyer des activités, avec toujours Crête et Pâquerette, Infidel Castra et aussi Déborah Dégouts. Moi qui n’ai pas l’habitude de concerts sauvages qui se passent forcément bien, tout s’est passé sans aucun problème ce soir-là du point de vue du voisinage et de la police, qui ne se sont pas manifestés de manière hostile. Mais il paraît que c’est une sorte de tradition officieuse à Marseille, et tant mieux !

 

Et puis voilà, le lendemain c’était le grand carnaval des LGBT venus en nombre (ha ha ha) de toute l’Europe pour fêter le mariage pour tous. Bon c’était mini mini comme cortège, une pride modeste, de la musique au volume sonore beaucoup trop élevé, un char SNCF insupportable qui n’arrêtait pas de diffuser des slogans avec la voix de la madame des gares SNCF en plein milieu des morceaux – qui n’étaient déjà pas fameux, mais ça ne les améliorait pas – , un autre char de je ne sais plus quelle institution française qui arborait une photo qui aurait pu être pancartée lors d’une manif pour tous (un papa, une maman, une petite fille, un petit garçon, et y’avait peut être même le chien avec), … Cela dit, un ami et moi y avons croisé d’autres amis avec qui nous avons passé un bon bout de l’après-midi.

 

Du même coup, je les ai suivis à la plage de l’Europride bondée, moi j’avoue que ça m’a fatigué, j’aurais bien été dans les calanques loin de tout ça à la place, par exemple. Mais bon, en fin de soirée, après avoir été manger un bout en ville, nous sommes revenus non-loin de là, il n’y avait quasi plus personne, on s’est posés sur une plage à côté où il y avait quelques déchets humains, et un couple hétéro un peu défoncé mais très alerte avec qui il a fallu faire de l’éducation permanente sur l’homosexualité. Et c’est comme ça que, pour moi, s’est achevée l’Eurocrade/pride. J’ai loupé, du même coup, le carnaval des Freaks, mais il paraît que ça n’a pas fait long feu, la police ayant été plus présente et zélée que la veille, dommage…

 

Globalement, je ne suis pas mécontent d’avoir participé à certaines de ces choses, au gré de mes envies et énergies. Je me suis finalement retrouvé un peu en mode observateur, lors de ces Eurocrade/pride. J’avais, je crois, un grand besoin de « tourisme », vu le contexte estival, le soleil, la mer, et l’envie de me perdre dans cette ville foisonnante que je ne connaissais pas.

 

Toujours est-il que, durant cette Eurocrade, et même cette Europride, des personnes m’ont convaincues de poursuivre mon séjour à Marseille, et plus précisément à Luminy, à deux pas des fameuses calanques, pour les Universités d’Été Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH), dont j’entendais parler depuis des années et auxquelles je n’avais encore jamais saisi l’occasion de participer. Cette institution de la militance LGBTQI existe depuis 1979 et se tient plus ou moins régulièrement, depuis leur retour en 1999 après une longue interruption pour cause de manque de forces vives dû, notamment, à la pandémie du SIDA. Cette année était particulière puisqu’elle faisait suite aux assises des UEEH qui eurent lieu à la même période l’année précédente, et qui avaient pour objectif de faire le point sur ce qu’étaient devenues les UEEH et comment les participant-e-s souhaitaient les faire perdurer. 

 

UEEH

J’arrivai donc sur le campus de l’Université de Luminy dimanche, en fin d’après-midi. Pour une fois, je suis arrivé non pas au début de l’AG d’ouverture, mais à la fin. Je dois avouer (shame on me) que ça me convenait parfaitement. J’ai débarqué lors de la partie qui, d’ailleurs, m’intéressait : la visite guidée des lieux. Ensuite, c’était le début des inscriptions, l’installation dans mes quartiers (enfin, une minuscule chambrette d’étudiant dont la chaleur faisait plutôt penser à un hammam, j’ai mis du temps à m’adapter mais j’ai tout de même eu mal au coeur au moment de la quitter le dernier jour), une bouffe à laquelle je me suis incrusté, n’ayant pas encore pu m’inscrire aux cuisines solidaires, de la papote avec quelques sympathiques personnes, et puis une fête DIY, avec un bar à prix libre et une sono ambulante, qui devaient rythmer toutes nos soirées jusqu’à la fin des UEEH.

 

Le lendemain après-midi, j’ai testé un atelier de discussion dont j’ai oublié la dénomination exacte mais qui traitait de l’homophobie, en lien avec la polémique du mariage pour tous, et en regard d’autres pays. C’était intéressant dans le sens où on a eu droit à des témoignages de polonais-e-s, dont on sait que la Pologne a encore certaines accointances morales avec la Russie, où il ne fait pas bon être homosexuel-lle-s en ce moment. Après, et c’est malheureusement une remarque que j’ai cru observer à l’issue d’à peu près tous les ateliers auxquels j’ai participé, je ne suis pas certain que cette discussion change le cours des choses, elle m’a semblé sans lendemain. Elle a sans doute contribué à nous rendre individuellement plus attentiVEs à la question de l’homophobie de part le monde, et notamment dans des contrées qui ne sont pas tellement éloignées des nôtres, mais ensuite à quoi bon ? A noter pour des prochaines UEEH: quand c’est pertinent, faire des comptes-rendus des ateliers, ou au moins en laisser des traces!

 

Durant cette semaine d’UEEH, j’ai aussi participé à un atelier en non-mixité masculine sur les différents vécus et construits de nos masculinités durant l’enfance. Cela a plutôt consisté en des tours de parole sur la manière dont chacun d’entre nous a vécu sa (non-)masculinité, sa féminité, bref, son/ses genre(s) par rapport à la norme masculine usuellement cis-genrée. Pour certains fort en émotions, il était pour moi un peu frustrant, dans le sens où il était moins constructif que reflétant, pour certains participants, le besoin de vider leur sac. Pourquoi pas, on peut remarquer à travers ces posts que je suis loin d’être contre les récits de vie, mais je ne m’attendais pas à ça. Je me permet aussi de relayer une réflexion d’un ami, qui regrettait qu’au cours de cet atelier on nie notre appartenance à un genre plutôt masculin et qu’on évite d’en parler en ces termes, au profit d’une association systématique à un genre à tendance plus féminine. Si j’ai bien compris, il voulait travailler sur base de sa masculinité de « pédé qui aime les mecs », plutôt que sur celle plus transgenrée de mec qui a des allures effeminées, ou qui se « grille » par des attitudes plus associées à un genre tendant vers le féminin que le masculin. J’ai trouvé la réflexion intéressante dans le sens où cet ami, j’espère qu’il m’excusera de m’exprimer ainsi si il se reconnaît, n’est franchement pas un exemple de parfaite virilité.

 

Un autre atelier de discussion était une rencontre avec Bruno Spire, président de AIDES, l’association « concurrente » d’Act-Up en France en matière de sensibilisation à la problématique du VIH-SIDA, sur le thème d’un médicament que l’on pourrait prendre avant un rapport sexuel non-protégé pour limiter « à 90 % » le risque d’attraper le VIH. Franchement j’ai vu mieux. M. Spire n’était pas méchant mais sa manière de s’exprimer comme un représentant de commerce et d’évacuer toute critique de ce médicament d’un revers de la main sous prétexte que « vous les jeunes, vous n’avez pas vécu l’hécatombe des années 80 » était assez lourde et n’invitait pas à la discussion. J’ai eu l’impression qu’il n’avait pas tout à fait compris que nous étions à un atelier où nous aurions aimé réellement débattre et construire une réflexion sur la question du VIH-SIDA et des moyens de s’en protéger, et pas à un cours unilatéral sur comment il faut faire à notre époque, mes chers petits. Ou alors c’est moi qui n’ai rien compris, c’est possible aussi.

 

Enfin, pour continuer dans les ateliers de discussion que j’ai vécu pendant cette semaine, il y a eu « Où sont passées les pédales radicales ». C’était en plein air, sur le campus, bon, un peu cahin-caha comme atelier. Il faut dire qu’il s’enchaînait avec un précédent (celui sur les masculinités sans doute ? Ou celui avec M. Spire ? Je ne sais plus très bien) et qu’il faisait torride. On a eu du mal à dégager une définition commune de ce que nous entendions par « pédale radicale » et c’était la principale difficulté mais aussi l’intérêt de l’atelier au niveau de la confrontation entre les différentes notions, souvent très personnelles de ce que les participants entendaient par «radical ». Certains se revendiquaient (ou en avaient envie) capitalistes tout en se revendiquant pédales radicales. Evidemment, cela a créé un malaise et provoqué, gentiment, un clash. Dès lors, j’ai trouvé que cet atelier représentait bien le côté polymorphe des UEEH. Il y a un souhait de s’organiser en autogestion, sans chefFE et avec un minimum de frais financiers, histoire de rendre ces rencontres abordables au plus grand nombre. Et bien qu’un bon nombre de transpédégouines à tendance anar y participent, il y a aussi pas mal de gens qui vont moins loin dans leur politisation, qui restent beaucoup plus dans l’institutionnel et qui ne cherchent pas spécialement à élargir leurs champs de lutte au-delà du champ LGBT. Pourquoi pas, ça permet des échanges, même si ils ne sont pas forcément cordiaux, ou à la limite de ne plus l’être. Ça permet aussi de mieux se positionner dans nos « vies politiques », en quelque sorte. Je ne sais pas encore si cela aura une suite, j’ai inscrit mon nom sur un papier destiné à créer une mailing list, cela donnera sans doute quelque chose un jour.

 

Au niveau des ateliers plus performatifs, je ne peux pas ne pas évoquer l’atelier dégustation de bières spéciales que nous avons préparé entre pochetronnes et que nous avons entamé un soir pour finir mortes bourrées alors qu’en fait on n’a jamais bu que quelques gorgées de chaque bière. Mais il y en avait 20. Bon j’exagère, on était pas mortes bourrées, juste pompettes bien comme il faut.

 

Je regrette de ne pas avoir pu participer à l’atelier de reggaeton féministe pour cause d’addiction à internet, il faut que je me soigne. Mais de loin, ça avait l’air très fun.

 

Pour le reste, il y avait une boum tous les soirs, régulièrement des expéditions dans les calanques, de la glande sur le campus, des marcassins insouciants, une cantine universitaire dégueulasse bien comme il faut, encore un concert de Taulard à Marseille, des vieilles copines, des chouettes gens, pas mal de bon temps à vrai dire. Pas assez de rapports charnels sans doute, en ce qui me concerne, pourtant ça aurait pu. Bah, une prochaine fois.

 

Mon séjour à Marseille s’est terminé de manière un peu abrupte. Nous avons clôturé notre séjour aux UEEH pour aller voir, en bande, un concert des copains belges des Slugs à la Katiba, auquel je n’ai pas pu assister entièrement pour cause d’hôte qui voulut partir prématurément, pour ensuite faire une grosse nouba au squat où nous avions prévu de passer la nuit, et le lendemain ça sentait vraiment la fin. Quelques copines des UEEH avaient quitté Marseille la veille ou le matin, une autre était sur le point de partir, je me sentais tout paumé, j’avais la tête en bouillie. J’ai pris un TGV, et je vous emmerde, et je suis rentré à ma maison. 

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