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très drôle!

à aller voir durant ses heures perdues quand l’électricité bat son plein

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DISQUES MON CUL

Encore quatre très bons disques ce mois-ci, toujours en téléchargement libre et plus que jamais disponibles en physique, à mort leur foutu progrès.

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ALLIGATOR – Runners – LPTOFU 57 – 8 euros

Coproduction Gateau Blaster, Clapping Music, Corn Dog, Mon Cul

 

Téléchargement Libre

Ayé, il arrive enfin ce fameux disque du duo Lyonnais. Il regroupe leur première cassette sur la face A et de nouveaux morceaux sur la face B.

MAXI BINGO PROMO :

le LP d’ALLIGATOR + le premier album de REVEILLE (autre groupe de Lisa) = 10 euros

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MR MARCAILLE – Kill! Kill! Kill! – LP 12 » – TOFU 66 – 2013 – 8 euros

 

Téléchargement Libre

Le boss du metal au violoncelle / deux grosses caisses nous livre son premier album. Si vous l’avez vu en concert, tous les grands classiques y sont et ça déboite. Si vous ne l’avez pas vu en concert, franchement ça craint du boudin, parce que même Télérama l’a vu (ça m’a bien fait marrer), alors vous étiez où, hein ? A un concert de babos ou quoi ?

Coproduction avec Aredje et La Face Cachée
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BONNE HUMEUR PROVISOIRE – Sucre – LP – TOFU 62 – 2013 – 8 euros

Téléchargement Libre
Deuxième disque de ce duo improbable. Des jouets, des bidouilles électroniques, une contrebasse en métal et que sais-je encore.Entre noise foutraque et performance, le groupe laisse rarement indifférent le public qui est face à lui, et encore moins Mon Cul.

sérigraphié à PTX
coprod Animal Biscuit, Mon cul, Attila tralala, commence par maman, Klaus Legal

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FRITE – LP – TOFU 63 – 2013 – 8 euros

Téléchargement Libre
Mr Marcaille + Bonne Humeur Provisoire = Frite

Un disque qui sent l’huile.

(fourni avec le fascicule Les Frites, par l’agraph prod)

dessin Lilas, sérigraphié à PTX, double bain Peter et Job
coprod Animal Biscuit,Tandori, Mon cul c’est du tofu?, Attila Tralala

 

vous retrouvez tout ça et le reste des disques Mon Cul là : http://catalogue.moncul.org

Et puis vous pouvez toujours écouter en streaming tout le catalogue Mon Cul : http://music.moncul.org

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En distro il y a aussi pas mal de nouvelles choses et je vous invite à les découvrir sur le site.

Vous y trouverez les nouveautés Mississippi (ou les restockages, d’ailleurs), mais bien d’autres choses, comme un DVD sur un atelier musical avec des autistes ou bien le nouveau Plus que des Mots (un vrai bon magazine). Ah et puis j’ai quelques Article 11 avec une interview de Mon Cul dedans…

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CONCERTS MON CUL
LA FRACTION

En concert à Neuchâtel le 23 novembre.

LOUISE MITCHELS

En concert le dimanche 8 décembre au CICP (21 ter rue Voltaire)

BESOIN DEAD

Ayé, premier concert tout seul fait au RMI Brica Fest (festival de One Man Band qui se tenait à Saint-Étienne cette année). Encore quelques mois et j’aurai un set complet. Pas de concerts prévus pour l’instant en tout cas. (merci à toute l’équipe de Sainté et du RMI Brica, vous êtes trop choupis)
y’a d’autres dates, mais je retrouve pas, c’est le bordel, c’est chaud, pas que ça à foutre, m’en bats les couilles.

 

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FESSE MON CUL

A priori il sera reporté à la fin août ou début septembre 2014. La Parole Errante est déjà bouclée au mois de juin et au mois de juillet j’ai déjà des trucs de calés… Je vous tiens au jus.

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TORRENT DE MON CUL

Toujours disponible en torrent, un par année. N’oubliez pas de laisser uploader le plus longtemps possible une fois que vous aurez téléchargé ça !

http://thepiratebay.se/torrent/8340253/ET_MON_CUL_C_EST_DU_TOFU___2009

http://thepiratebay.se/torrent/8340324/ET_MON_CUL_C_EST_DU_TOFU___2010

http://thepiratebay.se/torrent/8340426/ET_MON_CUL_C_EST_DU_TOFU___2011

http://thepiratebay.se/torrent/8340548/ET_MON_CUL_C_EST_DU_TOFU___2012

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PARISKIWI MON CUL

Compte rendu de la réunion du dimanche 6 octobre à 17h00 au Bon Accueil : http://pariskiwi.org/~parislagrise/mediawiki/index.php/R%C3%A9unions

Et puis toujours : http://pariskiwi.org

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MUSIQUE CLASSIQUE

Y’a un genre de tocard (un anglo-saxon, je sais pas de quel pays) qui fait des chroniques de concert sur Paris et les publie sur un site internet. Le mec déverse de la merde sur des tonnes de groupes (dont il ne connaît rien) puis les contacte pour les prévenir qu’il a fait une chronique sur eux. Il peut ne pas aimer, ça on s’en fout. Mais c’est une chronique sur le concert Boom Boom Kid + Unlogistic + Lobster Killed Me qui m’a tiré la puce à l’oreille. Au-delà de son réel ethnocentrisme (on voit bien qu’il n’y comprend rien à la réappropriation du Punk en France) son problème c’est de mettre des règles esthétiques et vestimentaires dans le Punk : on devrait suivre des codes, des règles et sinon c’est mort. Quand j’ai lu ses chroniques, ça m’a rappelé ce que les Minutemen se sont pris dans la gueule au début des années 80. Du coup, voici un grand classique des Minutemen, What Makes a Man Start Fires?

Lien valable jusqu’au 26 novembre : http://we.tl/ypDCovBjvo
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Si j’avais voulu d’un uniforme, j’aurais choisi l’armée et pas le Punk Rock, ducon.

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FILM MON CUL

Ce mois-ci La Jetée de Chris Marker. Un grand classique, mais en en discutant autour de moi je remarque que pas tant de gens le connaissent. Tu vois L’armée des 12 singes ? Ben c’est un remake de la Jetée… Mort l’année dernière, Chris Marker nous laisse une masse de bons films, souvent documentaires. Je vous en filerai de temps en temps.

Voici donc la Jetée. Le fichier contient l’audio en français et en anglais, ainsi que les sous-titres en anglais. L’original de Chris Marker est en français. Il suffit de changer la piste audio (dans vlc ou un autre lecteur multimedia…)
Lien valable jusqu’au 26 novembre : http://we.tl/whx2JEEtnT
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Je vous conseille fortement Artémis, coeur d’artichaud, un film d’Hubert Viel. C’est bien vu, drôle, ça a du sens, vous y verrez peut-être des personnes que vous avez croisé (genre Gregaldur par exemple…). Y’aurait pas une scène avec un I-Phone que je trouverais le film parfait. Je vous conseille également la Vie Domestique, un film qui est passé un poil inaperçu, grinçant, drôle (enfin, on sait pas trop si on doit en rire) et glauque.

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Et enfin un film que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir mais qui semble chouette :
Une douce résistance, un documentaire de Clarisse Barreau.
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TRUCS DE BIF

Hm, non, c’est pas une blague : http://moncul.org/bif/magnanym-medecine-man

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GAUCHISTE MON CUL

J’ai pas mal de trucs à vous raconter ce mois-ci.
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Alors déjà un lien pratique pour trouver des alternatives pour éviter la surveillance sur le web : http://prism-break.org/ Y’a notamment une alternative à Google, ça s’appelle DuckDuckGo (que vous pouvez directement utiliser sur le site ou ajouter à votre navigateur), j’utilise ça depuis quelques mois, ça marche bien, c’est tout nickel, je vous conseille. Ah et puis cette page explique bien pourquoi c’est pas mal de ne pas utiliser Google.

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Je vous fais suivre un appel à don pour un lieu que j’aime bien.

                    FRAYSSINOUS
APPEL AUX DONS

Chères Frayssinoussiens/iennes anciens/iennes et futuriens/iennes

Frayssinous est un lieu collectif existant depuis 1971. L’association des
Quatre chemins regroupe une vingtaine de personnes participant à la vie du
lieu. Ce lieu se veut un lieu d’expérimentation ouvert aux échanges
culturels et sociaux tout en favorisant l’échange de savoirs-faire .Le
lieu se compose de 69 ha de terres sur lesquelles se trouvent plusieurs
bâtiments d’environ 500 m2  (maison commune, écurie, salle des fêtes,
granges, boulange, …), 7 jardins cultivés, 1 verger, 3 bassins
phytosanitaires, plusieurs parcelles de champs et beaucoup de forêt. Nous
visons sur ce lieu l’autonomie alimentaire à travers la production
maraîchère (en suivant des principes respectueux de la nature), l’élevage
d’animaux (poules, canards, oies, lapins, chèvres),la fabrication de pain
dans un four à bois, mais également via des échanges non marchands…
Nous travaillons aussi en traction animale (débardage de bois, projets de
grandes cultures…) Tous les travaux de réfection des bâtiments sont
faits par nos soins. Les derniers chantiers que nous avons réalisés depuis
2010 sont la réhabilitation d’une ruine (90m2), d’un autre toit (60m2) et
deux toits végétaux (30m2) afin d’en faire une salle des fêtes, une salle
de transformation, une écurie et des logements supplémentaires.
Actuellement, les chantiers prioritaires sont la réfection de la grange de
150m2 (le toit et les deux étages) souhaitée pour le printemps 2014. La
réhabilitation de la grange nous permettrait notamment d’augmenter notre
capacité d’accueil, de préserver et de valoriser une ancienne grange,
ainsi que de créer de nouveaux ateliers (artisanat, musique…) Nous
souhaitons également rénover le toit de notre boulange de 70m2 puis
remplacer les vieilles fenêtres par du double vitrage. Enfin nous
souhaitons faire le toit et les deux étages d’une ruine de 100m2. Après
analyse de nos besoins en matériaux pour les chantiers prévus en 2014,
nous avons estimé pour le gros œuvre un budget de 23 000 euros pour
lesquels nous mettons en place cet appel aux dons. Toute participation
quelle qu’elle soit sera la bienvenue, et nous permettra de réaliser ces
projets plus vite et ainsi de disposer de plus d’espaces pour nos
activités et pour vous accueillir toujours plus nombreux.  Merci d’avance
pour vos dons (virement ou chèque à l’ordre de l’Association des Quatre
Chemins) et pour l’attention que vous porterez à notre projet n’hésitez
pas à transmettre ceci aux ami(e)s. On vous embrasse.

Les Frayssinoussiens/iennes.

Association des 4 Chemins
FRAYSSINOUS
12400 Rebourguil
courriel : frayss at nokods.org

 
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Alors ensuite, bordel, j’ai lu des trucs qui m’ont pas franchement fait plaisir. Je suis vraiment ultra déçu par Mermet, mais je me rends compte que j’aurais dû l’être plus tôt car toutes ces histoires ne datent pas d’hier (mais bon, j’ai pas Facebook et je me déplace encore à cheval, alors bon). Bref, voilà donc quelques lectures qui, pour ma part, m’ont laissé sur le cul.
Un article d’Olivier Cyran dans Article 11 sur « l’autogestion joyeuse » à Là-bas si j’y suis : http://www.article11.info/?Daniel-Mermet-ou-les-delices-de-l
Sur le site de l’ACRIMED, un texte auquel j’aurais dû prêter plus d’attention à l’époque : http://www.acrimed.org/article1397.html
Un article de Ruffin dans Fakir défendant Mermet, où l’on apprend que les plus faibles doivent être écartés si l’on veut être génial et pas seulement médiocre : http://www.fakirpresse.info/Mes-annees-Mermet.html
La superbe réponse d’Olivier Cyran : http://www.fakirpresse.info/Mes-annees-Mermet.html#forum1355
et un faux compte twitter de Daniel Mermet, me suis bien marré (surtout les premiers tout en bas) : https://twitter.com/DanieIMermet
Les commentaires qui font suite à l’article de Ruffin, on sent les gens ayant érigé Mermet à un statut de demi-Dieu qui n’attendaient que ce texte pour être rassurés, peu importe les souffrances des salariés et les contradictions ! Le fin justifie les moyens… Bof…

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Autre sujet qui a trotté dans ma tête ces derniers mois :
Quand j’ai appris la mort de Clément Méric, ça m’a vraiment attristé : un gamin faisant plutôt partie de mon « bord politique » (et ami de certaines de mes connaissances) s’est fait butter dans ce que je pense être un fait divers tragique, le tout dans un climat de prise de confiance, de décomplexion des identitaires et des personnes se reconnaissant dans les idées réactionnaires. Tout ça m’a également attristé par la récupération politique dont cette mort a fait l’objet : on l’a bien vu lors du rassemblement à Saint-Michel où tous ces drapeaux étaient brandis (et dont certains se sont indignés avec raison), on l’a bien vu dans les médias où journalistes et politiques ont pratiqué leur nécrobusiness habituel, et en plus cela a malheureusement permis à Serge Ayoub (le nouvel ami de Dieudonné) de se faire de nouveau interviewer à la télévision et retrouver une tribune politique. Tout ça était gerbant pour Clément Méric, pour sa famille et ses amis. Je suis pour autant mal à l’aise avec la récupération de notre propre camp politique, faire de Clément une icône, tout ça. Nous aussi on fait du nécrobusiness en faisant ça, bientôt les t-shirts, les posters, les badges… Si cette mort permet une impulsion de rassemblement, pourquoi pas, mais à nous de nous poser les bonnes questions, à tenter d’objectiver à la fois ce qu’il s’est passé, le traitement médiatique et politique, mais aussi objectiver nos propres pratiques. Pierre Carles a fait une tentative – plutôt maladroite, certes – d’analyse sociologique de cet incident. Si je ne suis pas réellement convaincu par tous les points abordés, il y en a un très important à mes yeux, c’est celui de l’incapacité des forces de gauche à toucher massivement les classes populaires aujourd’hui. Si cet article de Pierre Carles a suscité tant de réactions d’indignation, c’est peut-être aussi car il fait ressortir nos réticences et notre incapacité à nous objectiver, à analyser nos propres pratiques de manière réflexive. Sortir d’un schéma basique gentil/méchant. Bref, en tout cas, la lecture de tous ces articles dit finalement beaucoup de choses, même si elles sont contradictoires :
L’article de Pierre Carles dans Siné Mensuel (tronqué d’un tiers par le canard et dont le titre original était « Excuses Sociologiques ») : http://www.sinemensuel.com/droit-de-suite/l%E2%80%99affaire-clement-meric/
La réponse critique dans Article 11 : http://www.article11.info/?Clement-Meric-mort-pour-ses-idees#pagination_page
Un article repêché dans les poubelles d’Indymedia Grenoble par Pièces et Main d’Oeuvre dont un point va en partie dans le même sens que Pierre Carles : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=424
La réponse de Pierre Carles à celui-ci : http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5477
Et enfin un article (trop long) sur la dissolution du Scalp, où on peut tout de même puiser quelques infos intéressantes sur le bilan de l’action « antifasciste radicale » de cette organisation : http://nopasaran.samizdat.net/spip.php?article1989
J’espère juste que ces quelques lectures vous donneront un autre éclairage sur tout ça, sur les réflexions nécessaires pour les luttes à venir.
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Voilou, ça faisait quelques mois que j’avais pas envoyé de Newsletter, il y a même des personnes qui s’en sont inquiétées ! Pas de panique, je suis juste carrément débordé entre les répétitions, les quelques concerts, les disques, et puis mon taf sur ma chaise pour l’instant à temps plein jusqu’à ce que je passe à mi-temps (travailler moins pour avoir une vie). D’ailleurs, donc, je suis agent d’accueil au Centre Pompidou donc si vous voulez que je vous fasse rentrer pour voir une expo, taper un peu la discut’ ou récupérer des disques, n’hésitez pas ! Bref, merci pour vos retours à la dernière Newsletter, je vois que je n’étais pas le seul à avoir des choses à reprocher à Noise machin, et content que de l’énervement, j’ai réussi à vous faire rire, c’était l’idée. J’ai également été rassuré que pas mal de gens ne connaissent même pas le magazine. Je n’ai qu’un seul truc à dire : faites des zines, faites des choses qui ont du sens sans pour autant être dogmatiques, diffusez vos idées et ne laissez pas le sens commun et les médias de masse nous pourrir. Bordel de chiotte quoi…

 

Bons baisers de Mon Cul

 
L’infidélité, c’est mâle ?

Lu sur les 400 culs : « Beaucoup de Français pensent que les mâles sont naturellement infidèles (volonté de répandre ses gènes) et les femelles naturellement jalouses (volonté de s’attacher un protecteur). Dans un livre intitulé Pourquoi les animaux trichent, le biologiste Thierry Lodé réfute cette théorie. Ce n’est pas le souci de reproduction qui préside à nos amours, dit-il. L’infidélité n’obéit à aucune logique génétique.
A quoi sert l’infidélité ? Pour les tenants de l’évolutionnisme «rationnel», les histoires d’amour ne sont jamais que des histoires de mâles adultères, cherchant à répandre leur semence dans toutes les femelles en âge de procréer, afin de perpétuer leur lignée. «En accroissant le nombre de leurs partenaires, ces messieurs agrandissent mathématiquement leur descendance, affirment les défenseurs de la théorie néo-darwiniste (1), qui en veulent pour preuve l’étonnante obsession des Don Juan (« mille et trois »). Au contraire, les femelles se préoccupent d’abord de la qualité du géniteur.» Pour Thierry Lodé, spécialiste de la sexualité des animaux, Professeur en écologie évolutive et auteur d’un livre récemment publié aux éditions Odile Jacob (Pourquoi les animaux trichent), l’idée selon laquelle les animaux et les humains seraient guidés, de façon inconsciente, par une pulsion les poussant à perpétuer l’espèce ne résiste pas à l’épreuve de la science. Il n’y a pas de de stratégie évolutive cachée derrière nos comportements sexuels. «La vie n’a aucune fin, aucun but, pas même celui de diffuser des gènes à une éternité chimérique».
Lire la suite ici

 

Homosexualité, sexes, «races»: l’éternel appel à la nature

25 avril 2013 Par Sébastien Picaud
sur : mediapart

A l’occasion du vote définitif de la loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, des relents de la « manif [dite] pour tous » et des propos et agressions homophobes qui sont répétées, j’aimerais revenir sur un argument souvent rabattu par les tenant(e)s de l’inégalité entre couples homo- et hétérosexuels : le prétendu caractère contre-naturel de l’homosexualité. Après avoir battu en brèche cette idée reçue, je la replacerai dans une tendance lourde et déjà ancienne, celle d’invoquer la mère Nature pour justifier les frontières sociales que l’on veut ériger plus qu’il ne faudrait entre les personnes, ici homo et hétérosexuel(le)s, là hommes et femmes, là encore blanc(le)s et noir(e)s, etc. Et une mère Nature plus fantasmée que réelle, dont il conviendra de se demander à quoi peut-elle bien servir.

L’homosexualité contre-nature, vraiment ?

Contrairement à ce que beaucoup croient ou prétendent, on observe maints cas de rapports homosexuels chez les animaux, bonobos, macaques, dauphins, pingouins, moutons, putois, lézards, mouches et autres, sans oublier les espèces hermaphrodites où homo- et hétérosexualité n’ont plus guère de sens. Certain(e)s scientifiques n’hésitent d’ailleurs pas à généraliser la présence de relations homosexuelles à tout le règne animal, qui participeraient même à la survie de certaines communautés. On relate aussi un cas d’adoption chez un couple de manchots mâles. D’autres (comme ici) relativisent toutefois : si des rapports entre individus de même sexe existent chez beaucoup d’espèces, voire de manière courante pour certaines, l’homosexualité exclusive reste extrêmement rare hors des humains : certes chez les moutons (un mâle sur huit, tout de même), éventuellement chez les putois, peut-être ailleurs. Enfin, pour être plus complet, on notera que beaucoup d’exemples de rapports homosexuels ont été répertoriés parmi des animaux captifs ou domestiques, i.e. dans des conditions d’existence particulières favorisant peut-être ce type de rapprochement.

De ces études, que retenir ? D’une part que les relations homosexuelles existent bel et bien, et de manière relativement fréquente, hors des hommes et des femmes. Cela n’empêche d’ailleurs pas la reproduction de l’espèce : un(e) lapin(e) peut sauter tout ce qui bouge, y compris un(e) copin(e) de même sexe, un(e) chat(te), un tuyau ou vos mollets, il suffit qu’un nombre suffisant de ses objets sexuels soient des lapin(e)s de l’autre sexe en état propice à la fécondation pour que la descendance soit assurée ; de même, quelques béliers peuvent ne désirer que d’autres mâles, tant que la proportion demeure restreinte (un sur huit), l’espèce mouton n’a rien à craindre. Ainsi, le coït, chez dame Nature, n’a pas pour finalité primaire la fécondation mais l’assouvissement d’un désir sexuel, et ce n’est qu’au niveau secondaire, i.e. non pas dans un rapport donné entre deux individus donnés mais de manière globale et statistique sur l’ensemble de la communauté, que la relation de cause à effet entre le désir sexuel et la reproduction du groupe s’exprime : qu’une part des rapports ou des individus désirants s’écarte de la norme hétérosexuelle n’est pas un obstacle à la pérennité de l’espèce et ne le deviendrait que si l’homosexualité exclusive devenait la norme, ce qui ne semble à l’ordre du jour ni chez les animaux ni chez nous, et ce n’est pas le mariage pour tous qui va changer la donne. Par conséquent, l’invocation de la nature pour justifier l’exclusion de toute homosexualité du champ moral ou de la norme s’avère dors et déjà nulle et non avenue.

Reste toutefois un mince espoir aux « naturalistes » pour trouver en mère Nature un alibi aux anathèmes qu’ils / elles profèrent : en effet, le bémol apporté par la rareté (mais on l’a vu pas l’inexistence) des espèces animales comptant des membres uniquement portés vers des congénères de même sexe pose question, car si cette grande rareté se confirme chez nos amies les bêtes, la présence certes très minoritaire mais non négligeable d’une part de la population humaine revendiquant une homosexualité exclusive doit conférer à cette homosexualité-là (et elle seule) une singularité parmi le règne animal (avec toutefois les moutons, peut-être putois ou autres). D’où une éventuelle justification naturelle du refus moral non plus des rapports mais des personnes voire du couple (pris ici au sens durable) homosexuels. Cependant, que lesdit(e)s « naturalistes » ne se réjouissent pas trop vite, car je vais maintenant dissiper leur espoir.

Qu’entend-on en effet par personnes homosexuelles (sous-entendu exclusives) ? Comment les définir ? On doit tout d’abord retirer de ce groupe les bi, qui revendiquent une double attirance, ainsi que les trans et hermaphrodites, pour lesquel(le)s l’ambiguïté sur le sexe / genre ne permet pas de trancher si ils / elles sont attirées par des personnes de même sexe / genre ou pas. Mais doit-on tolérer en ce groupe les gens qui, après n’avoir vécu que des relations hétérosexuelles, ont viré leur cuti, sous prétexte qu’ils / elles s’ignoraient et se sont révélé(e)s à elles / eux-mêmes ? Dès lors, comment s’assurer qu’une personne qui jusque là n’a connu que des rapports homosexuels ne va pas, par la suite, « changer de bord » en tombant amoureux(se) de quelqu’un(e) du sexe opposé ? Auquel cas il faudrait également l’exclure du groupe. Mais voilà : sans connaître le futur, on ne peut trancher. La même impossibilité de trancher réside ailleurs : qu’est-ce qui, en faisant abstraction des évolutions dans le temps, permet de distinguer un(e) homo d’un(e) hétéro ? Ses attirances ? Mais quel type d’attirance ? Amoureux, physique, platonique, esthétique…? Et si une personne se révèle attirée par d’autres de même sexe sans jamais pousser plus loin cet élan, où donc la classer ? Comment savoir s’il s’agit de simples fantasmes, qui n’ont pas vocation à s’assouvir, ou un penchant plus essentiel ? Si ce n’est l’attirance, ce doit alors être l’acte sexuel. Mais qu’entend-on par acte sexuel ? Une pénétration (y compris fellation) ne pose guère question, mais quid de simples caresses n’allant pas au-delà ? Je pourrais continuer encore longtemps comme ça, et terminerai par un changement d’époque : dans son Histoire de la sexualité, Michel Foucault explique que la distinction entre personnes homo- et hétérosexuelles est relativement récente, et que dans l’Antiquité, une toute autre distinction opérait, entre tempérants et incontinents, indépendamment de l’objet d’amour (femme ou garçon). Ainsi, une définition absolue de la personne homosexuelle hors d’une époque donnée garde-t-elle vraiment un sens ? Au final, je défie quiconque de me donner une telle définition claire et précise permettant de trancher la question pour tout le monde sans recourir à une part d’arbitraire. A l’instar du Juif ou de la Juive chez Sartre (Réflexions sur la question juive, 1946), l’homosexuel(le) n’est rien d’autre que la personne que les autres personne définissent comme homosexuel(le), ou qui se désigne elle-même comme tel(le), par auto-revendication (qu’on trouve dans le coming out). Que la détermination vienne d’autrui ou de soi, l’apport de l’arbitraire, issu d’une époque, d’une civilisation, de nos a priori et classifications proprement humaines, inextricablement liées au langage, me semble inévitable. Dès lors, hors de la sphère humaine, la détermination n’a plus cours : personne homosexuelle signifie quelque chose pour peu qu’on admette la part d’arbitraire ou d’auto-revendication, et les possibles ambiguïtés à la frontière. Mais un animal homosexuel, hors langage, ça ne veut strictement rien dire. En conséquence, mère Nature se révèle totalement incompétente pour justifier la mise au ban des personnes homosexuelles au prétexte que l’homosexualité exclusive apparaît si peu dans le règne animal.

Passons maintenant aux couples. On l’a vu, la relative fréquence de rapports homosexuels chez les animaux n’autorise pas à invoquer la nature pour disqualifier moralement les rapports homosexuels humains. De même, la part arbitraire irréductible dans la définition d’une personne homosexuelle confine le concept à la sphère humaine et rend donc la nature hors-jeu pour tout jugement. Mais il en va différemment du couple, qu’on entendra ici comme relation monogame durable et donc ne se réduit pas à un simple rapport mais affecte certes pas l’essence des individus qui le composent mais bien leur état ou leur situation (un(e)tel(le) est avec un(e)tel(le), même si jadis il / elle ne l’était pas encore et qu’un jour, peut-être, il / elle ne le sera plus). En effet, à condition qu’on oublie la part elle-même arbitraire aux frontières dans la définition du sexe ou du genre (à travers notamment les transsexuel(le)s et hermaphrodites), la définition d’un couple de même sexe ne souffre pas de la même ambiguïté et peut s’exporter au-delà du règne humain. De même, pour peu qu’on se restreigne à la durabilité du couple et qu’on le suppose fidèle, son homo- ou son hétérosexualité s’avèrent forcément exclusives. Dès lors, une comparaison entre couples humains et couples d’animaux, au regard de l’orientation sexuelle desdits couples peut faire sens, tout comme par suite une utilisation de la nature pour juger moralement un couple human via ce critère. Sauf que. Sauf que l’argument pour critiquer l’homosexualité via mère Nature réside dans sa grande rareté au sein du règne animal. Or, si elle est fréquente au sens de l’espèce humaine, la monogamie elle-même se montre rare chez les autres animaux, exceptés les oiseaux. Or, même si on les qualifie parfois de drôles d’oiseaux, l’homme et la femme restent mammifères. Dès lors, la grande rareté de l’homosexualité exclusive chez les mammifères ne permet pas de disqualifier moralement, via la nature, les couples homosexuels humains. Le dernier rempart tombe : l’anathème fait à l’homosexualité sous prétexte qu’elle serait contre-nature ne tient pas.

Ma conclusion sur le couple révèle un oubli étonnant chez ceux et celles que j’ai nommées les « naturalistes ». En effet, ces personnes qui s’évertuent à juger contre-nature l’homosexualité, sans guère d’ailleurs pousser leur réflexion, ne semblent ne jamais se demander au préalable si la sexualité humaine dans son ensemble l’est ou pas. Or, on l’a vu, au niveau des relations monogames, qui constituent (abstraction faite des éventuelles infidélités passagères ou double-vies) la majorité des relations amoureuses humaines, et qui elles seules sont concernées par la question du mariage (sujet de départ de notre débat), conclure que les couples homosexuels sont contre-nature par le seul argument disponible, celui de la rareté, revient in fine a juger contre-nature l’ensemble des pratiques monogames. De même, juger les rapports homosexuels contre-nature au nom de leur absence d’utilité reproductive, c’est oublier non seulement l’existence des rapports homosexuels chez les animaux mais surtout mettre de côté complètement la contraception, la sexualité d’enfants pré-pubères (jouer au docteur) ou de personnes ménopausées, l’existence de couples sexuellement actifs qui ne veulent pas ou ne peuvent pas avoir d’enfant, bref, tout un pan énorme de la sexualité humaine ! Et l’abstinence ? S’ils / elles poussaient un peu plus loin la logique de leur raisonnement, les catholiques traditionnalistes qui dénigrent volontiers moralement l’homosexualité contre-nature devraient tout autant juger amoral le célibat de leurs prêtres !

En conclusion, l’homosexualité n’est ni plus ni moins contre-nature que la sexualité humaine dans son ensemble. Et, au fond, contre-nature ne veut pas dire grand chose. Dès lors, se pose maintenant une question : pourquoi diable invoquer la nature pour juger moralement des pratiques humaines ?

La nature à la rescousse

L’argument de l’homosexualité contre-nature n’est qu’un exemple parmi d’autres d’invocation de mère Nature pour justifier des classifications sociales, souvent hierarchisées, qui ne regardent que notre espèce. Je développerai deux exemples : la différence des sexes, liée d’ailleurs à notre débat sur le mariage pour tous, et le racisme.

Différence des sexes

Certes, la séparation en deux sexes, mâle et femelle, campe un modèle ultra répandu dans le règne animal, mais bien des caractéristiques attribuées à l’un ou l’autre sexe, relèvent, elles, d’une lecture propre à l’humanité voire spécifique à un peuple ou une époque données, de même, on l’a vu avec Foucault, que la sexualité. D’où d’ailleurs la distinction faite, à la suite de Simone de Beauvoir, entre le sexe, donnée biologique (elle-même sujette à ambiguïté – hermaphrodites, transsexuel(les) opéré(e)s -, et dont l’interprétation ne peut totalement s’affranchir du regard humain biaisé) et le genre, relatif aux rapports et structures sociales, qui de nos jours alimente ce qu’on appelle les gender studies (Judith Butler, Eric Fassin. De nombreuses preuves viennent corroborer cette distinction fondamentale : la façon dont les femmes Nuer (Afrique occidentale) stériles prennent le statut de mari et père, comme le relate l’anthropologue sociale structuraliste Françoise Héritier dans Masculin / Féminin (1996) ; celle dont des lesbiennes, selon Judith Butler dans Trouble dans le genre (1990), adoptent des genres distincts, tels butch et fem, parodiant ainsi les rapports (sociaux) hétérosexuels alors qu’elles sont de sexe et d’orientation sexuelle non différentes ; et il suffit de parcourir les rayonnages bleus et roses des magasins pour enfant, ou de regarder les réclames pour les voitures ou les lessives pour constater à quel point on colore, dans notre société de consommation à outrance, les hommes et les femmes d’attributs ou de rôles propres, que ne déterminent pas pleinement nos paires de chromosomes XX ou XY, puisque ces attributs et rôles évoluent avec les époques. Bref, les exemples foisonnent pour établir la distinction sexe / genre, et l’appréhension du genre comme construction sociale.

Il demeure pourtant un courant essentialiste qui nie la distinction sexe / genre (renvoyant, à l’instar des créationnistes avec Darwin, les gender studies à une simple théorie), et pour lequel existent une essence masculine et une essence féminine. Ces essences différentes, selon cette doctrine, servent de fondements à notre société, mais n’en sont pas le fruit. Puisqu’il s’agit d’essence (relative à l’être) inextricablement liée au sexe biologique, on peut la confondre avec une nature. Toutefois, le rapport à la nature semble dissymétrique : on parle en effet plus volontiers de nature féminine que de nature masculine, et les attributs virils (on notera la disjonction linguistique virilitémasculinité, absente chez la femme) dont on pare l’homme (puissance, courage, esprit, abstraction…) paraissent moins guidés par le physiologique ou le naturel que pour la femme : ainsi, celle-ci raisonne moins par la raison (la rationalité est le fruit de l’esprit, de l’abstraction) que par l’intuition, autre mot de l’instinct ; l’instinct se retrouve d’ailleurs dans l’expression instinct maternel, l’essentialisme conférant une raison d’être bien particulière à l’essence de la femme, celle de l’épouse et de la mère, de la matrice de la reproduction (quand l’homme, selon Aristote, apporte lui le souffle) – rendant par la-même contre-nature toute femme qui, par lesbianisme, stérilité, solitude ou choix de vie, ne peut pas ou ne veut pas avoir d’enfants. Je pourrais citer plein d’autres exemples de la naturalisation de la femme, ramenée principalement à son corps : son lunatisme dû au cycle menstruel (alors que l’homme, lui, n’est évidemment pas sujet aux hormones…), les humeurs ou les vapeurs de Madame, ou encore l’hystérie (qui vient d’utérus)… Bref, si la différence des sexes s’ancre dans la nature, force est de constater que la femme s’y cramponne plus que l’homme ! Ainsi, la différence des sexes s’accompagne de dissymétrie, donc d’inégalité.

Cette vision essentialiste de la politique des sexes, on la retrouve pleinement dans le débat qui nous occupe ici, celui du mariage pour tous : c’est en effet l’argument essentialiste, ramené à la famille (« il faut un père et une mère ») qu’on brandit pour refuser toute homoparentalité, comme si un couple homosexuel reflétait moins le deux qu’une paire hétéro, comme si chaque personne n’avait pas son caractère, son histoire, son nom propres. Mesdames, messieurs, j’ai un scoop pour vous : nous sommes tous différents, et entre moi et quiconque d’autre, ça fera toujours deux. Il n’y a pas de couple qui ne soit fondamentalement mixte.

Racisme

Un autre exemple de l’emploi de la nature pour justifier une hiérarchisation entre groupes sociaux est évidemment le racisme, ou racialisme. Celui-ci, dans la forme théorique prétendûment scientifique, naît avec le français Joseph-Arthur Comte de Gobineau, qui, dans son Essai sur l’inégalité des races humaines (1853), à savoir six ans après l’abolition de l’esclavage, revisite l’histoire des civilisations à travers le concept de « races », et explique le déclin d’une civilisation par le métissage. Par déclin de la civilisation, entendre une généralisation de celui de la caste propre à Gobineau, celle de la noblesse aristocratique, balayée par la Monarchie de Juillet (le roi Louis-Philippe lui préférait la bourgeoisie), la IIe République et le Second Empire (traçant un lien direct avec le peuple), contemporains à la rédaction de l’Essai (lire à ce propos Hannah Arendt, L’impérialisme). Gobineau est bientôt suivi par Ernst Haekel, traducteur allemand de Darwin (dont l’ouvrage L’origine des espèces date de la même époque que l’essai de Gobineau), et Francis Galton, cousin du savant, qui extrapolent à partir de ses travaux des théories racistes et eugénistes, opérant là un grand contresens car Darwin lui-même, très anti-esclavagiste, voyait en sa théorie la preuve que nous sommes tous frères.

Rappelons que la science moderne disqualifie totalement le racisme biologique (qui, depuis, s’est mué en un racisme culturel – choc des civilisations d’Huntington, occident menacé des néo-réactionnaires, … – qui n’a pas plus de fondements) : en effet, dans son bouquin de vulgarisation « L’humanité au pluriel », le généticien Bertrand Jordan nous explique que, selon les études statistiques des variations génétiques, seulement 10% en moyenne de la part variable du génôme (elle-même déjà infime par rapport à l’ensemble des gènes) provient du groupe géographique, tandis que les 90% restants découlent de l’altérité individuelle (toi et moi), et c’est d’ailleurs en Afrique, berceau de l’humanité (où, c’est bien connu, tous les noirs se ressemblent…) que la diversité génétique s’avère la plus forte. Bref, les races humaines n’existent pas. Par ailleurs, à ceux qui clameront qu’entre un noir et un blanc, on voit quand même la différence de couleur, je répondrai qu’une étude américaine (Penner & Saperstein, 2008) a montré que des mêmes personnes furent jugées (par elles-mêmes et autrui) blanches un temps et noires plus tard : il y a donc une part importante de marqueur social dans l’appréciation de la couleur.

Passons la disqualification de la théorie raciste. Ce qu’il m’importe de souligner ici, c’est à quel point Gobineau et al ont voulu ancrer dans la nature l’inégalité des « races », justifier par la nature une classification purement sociale ou historique. Gobineau ne vient pourtant pas des sciences naturelles (il est historien et ses contemporains anthropologues physiques souligneront le manque de rigueur scientifique de son exposé), et sa principale motivation était de répondre au déclinisme ambiant au sein de sa noblesse. Mais ce fut pourtant, comme pour l’hétérosexisme ou l’essentialisme, dans la nature qu’il puisa son matériau. Il s’agit donc, à présent, d’essayer de comprendre cette manie d’aller chercher ses arguments dans la nature quand bien même elle ne saurait en livrer.

Deus sive natura

Les exemples de la différence des sexes et de l’inégalité des races, rajoutés à la mise au ban de l’homosexualité contre-nature, montrent à quel point Dame Nature est souvent invoquée pour justifier des systèmes sociaux inégalitaires qui partitionnent les gens dans des cases et hiérarchisent les groupes ainsi obtenus. Et je pourrais d’autres cas, comme la recherche désespérée des gènes de l’homosexualité et de la délinquance (quand on sait, avec Foucault et son Surveiller et punir, que le délinquant est le produit moderne d’une société disciplinaire structurée sur le carcéral), ou encore le créationnisme, déjà ancien dans le monde chrétien et naissant dans l’Islam, qui voit dans la complexité naturelle le témoignage d’un dessein intelligent. Or, dans tous ces cas, c’est moins la nature qu’on invoque qu’une pseudo-nature purement fantasmée : absence de toute homosexualité, une sexualité entièrement vouée à la reproduction, uniquement deux sexes (i.e. sans hermaphrodites), comportements sociaux et races ancrées dans le génétique, complexité divine… Rien de réel. D’où l’idée que cette nature n’existe que par le besoin qu’ont certain(e)s de l’invoquer, au même titre que Rousseau regrettait cet état de Nature – beaucoup plus utopique et idéal qu’historique d’ailleurs – auquel la société corruptrice avait soustrait les hommes et les femmes. D’où la question : pourquoi diable aller chercher dans cette nature fantasmée et pas ailleurs les bases des classifications sociales que l’on veut ériger ?

Prenons l’exemple du racisme du Comte de Gobineau. Pourquoi lui, l’historien, chercha dans les sciences naturelles la preuve ultime du concept de « races » qu’il avait formé ? Il faut le replacer dans son siècle, dans ce mouvement qui partit du XVIIIe et se prolongea tout le XIXe, celui où la raison des Lumières, la technique et la science (et notamment la biologie, de Lamarck à Darwin) prirent les rênes de l’Histoire, celui où la foi au progrès (le positivisme de Comte) destituait la foi religieuse comme moteur de l’existence, celui où, au fond, le Pr Nimbus finit par pousser les dieux hors du firmament, au moins pour ce qui était d’expliquer le monde. Voilà donc la raison : Mère Nature campe désormais le nouveau dieu-référence : détournant Spinoza, on pourrait reprendre son « Deus sive natura » : « Dieu, c.a.d. la nature ».

Il en va de même actuellement, avec les opposant(e)s au mariage pour tous, qui rejettent l’homosexualité jugée contre nature. Au fond, leur hétérosexisme provient de leur morale propre, souvent religieuse, mais si ce n’est pas au nom de Dieu qu’ils / elles brandissent l’anathème, mais en celui de la nature, c’est que notre société laïcisée confère aux convictions religieuses, qu’il s’agisse de la foi ou de la morale, une vérité relative, propre à chacun(e) et non exportable aux voisin(e)s, quand la science, et donc la nature, gardent l’idée d’une vérité universelle, dictable à toutes et tous, et transcriptible dans le demaine juridique (au moins au sein d’une même culture). En ce sens, en se référant à une nature plutôt qu’à leur croyance religieuse, les tenant(e)s de l’homosexualité contre-nature ne font paradoxalement qu’entériner un peu plus la mort de Dieu.

Outre son supposé universalisme, un autre avantage de la nature comme référence morale réside dans son immuabilité. En effet, si les époques changent, les civilisations déclinent, et les sociétés chancellent en temps de crise (ne négligeons pas la part de déclinisme – « tout fout le camp » – dans les discours des opposant(e)s au mariage pour tous), Dame Nature, elle, reste relativement immuable, éternelle (à l’image de Dieu) à l’échelle humaine. Bref, ancrer dans la nature la politique des sexes ou la norme hétérosexuelle me paraît plus pérenne que de le faire dans la sphère sociale, trop sujette aux évolutions. La référence nature appelle donc au conservatisme. Or, que les personnes s’inscrivent dans une morale religieuse traditionnaliste, une filiation contre-révolutionnaire ou autre, le mouvement contre le mariage pour tous est avant tout réactionnaire, car il s’oppose à une évolution des moeurs qui, indépendamment de toute loi sur le mariage, semble inéluctable au moins à moyen terme (qu’on s’en félicite comme moi ou pas, d’ailleurs). De même, l’essentialisme en matière de sexes repose sur le conservatisme puisque qu’en inscrivant dans le marbre vert la différence fondamentale entre l’homme et la femme, il refuse toute évolution ou brouillage des frontières.

Concluons. Universelle et immuable, comme Dieu jadis, Mère Nature offre donc plusieurs avantages à ceux et celles qui veulent puiser en elle les preuves à leurs préceptes moraux. Malheureusement pour elles, fantasmer cette nature pour la colorer à bon escient comporte un risque majeur : celui d’être complètement contredites par des exemples précis, et de décrédibiliser ainsi leur combat. Pas sûr qu’il s’agisse de la meilleure tactique.

 
Homosexualité, transgenre : des pratiques courantes dans la nature
Par Janlou Chaput sur :  Futura-Sciences

L’espèce humaine n’a décidément rien inventé en matière de sexe. Dans le monde animal, les relations homosexuelles ne relèvent pas de l’exception, tandis que la transsexualité existe bel et bien. Reste à comprendre quels pourraient en être les fondements. Futura-Sciences est allé interroger Thierry Lodé, le spécialiste français de la question.

Il est des questions qui ne cesseront jamais de faire débat. L’homosexualité est peut-être l’une d’elles. Pourtant bien tolérée dans certaines cultures par le passé, elle reste au cœur de la controverse, comme l’a récemment montré la polémique nationale autour de la loi sur le mariage pour tous.

Pourtant, d’après l’expert en sexualité animale Thierry Lodé, chercheur en écologie évolutive aux universités de Rennes 1 et d’Angers, les pratiques entre individus du même sexe ne sont pas rares dans la nature et, de ce fait, n’ont rien de strictement humain. Comment la science peut-elle alors les expliquer ?

L’homosexualité, pas le propre du genre Homo

Comme nous l’avons déjà évoqué, sexe et reproduction ne sont pas nécessairement liés, y compris chez nos amies les bêtes. Si on les dissocie, l’homosexualité prend tout son sens. « Le premier moment de la sexualité consiste à reconnaître l’autre comme un partenaire potentiel. Sans séduction, il ne peut y avoir de suite, commente l’éthologue. Or, environ 10 % des individus des espèces étudiées ne tiennent pas compte de la variation sexuelle et se laissent guider par leur désir, qui les amène à s’intéresser à des animaux du même sexe. Et cela se vérifie d’autant plus dans les espèces dites à faible dimorphisme sexuel, quand mâles et femelles se distinguent à peine sur le plan morphologique. »

Après l’apparition du désir et de la séduction vient la phase érotique. Si l’on conçoit que masturbation, fellation ou sodomie sont couramment pratiquées par les animaux, on peut aussi bien accepter le fait que les premiers temps des relations homosexuelles n’ont pas vocation à la reproduction.

Au zoo de Central Park, à New York, les manchots à jugulaire (comme ceux à l’image) Roy et Silo, deux mâles, se sont rendus célèbres en s'appariant. Face à cette situation, les soigneurs leur ont donné un œuf issu d'un autre couple qui n'avait pas pu le couver, et les deux amants se sont occupés de Tango.
Au zoo de Central Park, à New York, les manchots à jugulaire (comme ceux à l’image) Roy et Silo, deux mâles, se sont rendus célèbres en s’appariant. Face à cette situation, les soigneurs leur ont donné un œuf issu d’un autre couple qui n’avait pas pu le couver, et les deux amants se sont occupés de Tango. © NOAA, Wikipédia, DP

L’homoparentalité existe déjà dans le monde animal

« Une fois la réconciliation sexuelle opérée, lorsqu’un partenaire stable a été trouvé, les animaux peuvent ressentir le besoin d’avoir des descendants, exactement comme dans l’espèce humaine », enchérit Thierry Lodé. Les couples ainsi formés peuvent se mettre en recherche d’une mère porteuse ou, dans le cas des femelles, trouver un mâle pour les féconder. « Dans les couples lesbiens d’oies sauvages, l’une des femelles s’accouple parfois avec un mâle de passage et élève sa progéniture avec sa moitié. »

Cependant, un débat divise la communauté scientifique. « Pour certains biologistes, l’homosexualité exige pénétration, car dans l’esprit de la plupart des gens, la sexualité se résume à la génitalité avec pénétration. Cela implique, dans leur conception des choses, qu’il n’existe pas d’homosexualité féminine. On parle alors, à l’anglaise, de same-sex practices. Les femelles doivent-elles alors s’acheter des sex-toys ? », ironise l’éthologue.

La transsexualité, ou la différence entre génétique et psychologie

Autre question sociétale importante : la transsexualité. Là encore, elle se rencontre dans le monde animal. « Il n’y a pas de corps de mâle ou de corps de femelle. Chez beaucoup d’espèces, les sexes ne se distinguent pas par les gènes. Les crocodiles se sexualisent en fonction de la température d’incubation, les abeilles en fonction du nombre de chromosomes, etc. Même chez les mammifères, la testostérone, l’hormone mâle, est produite par des tissus sous le contrôle du chromosome X, en double exemplaire chez les femelles. » La question du genre ne peut donc se résumer à une histoire de programme génétique.

Selon Thierry Lodé, c’est même lors du stade subadulte, soit l’équivalent d’une partie de l’enfance et de la première partie de l’adolescence, que le sexe se construit et s’accepte d’un point de vue social. Le petit garçon ou la petite fille doit admettre qu’il fait partie d’un certain genre. Et cela ne colle pas toujours avec les organes que son ADN lui a donnés. « Certains singes n’acceptent pas d’être mâles et se considèrent comme étant des femelles. Parfois, ils sont même acceptés comme tels au sein de leur groupe social. » Il en va de même pour des espèces plus éloignées de la nôtre, comme chez les mangoustes ou les goélands.

Il n’existe pas deux individus strictement identiques dans la nature, même de vrais jumeaux ou des clones. Cette variété biologique, accentuée par la reproduction sexuée, engendre une diversité des habitudes et des pratiques, laissant à chacun l’opportunité de s’exprimer selon ses désirs, aussi bien pour l’Homme que pour les animaux. Seule la morale propre à chaque espèce approuve ou réprouve des comportements. La nature, elle, n’en a aucune.

 

Ils s’éclatent comme des bêtes

 par Aline Jaccottet sur : 360°

Domination, masturbation, orgies sexuelles, homosexualité, échangisme, amour libre: tous les coups sont dans la nature. La preuve avec notre Kamasutra animalier.

Charles Darwin nous a longtemps fait croire que tout ce qui sort de la norme hétérosexuelle est une dérive contre-nature. Bonne nouvelle, il se trompait: quand il s’agit de s’envoyer en l’air, de toucher le septième ciel, de s’éclater sous la couette, tous les goûts sont dans la nature! Des joies de la masturbation aux travestissements en passant par les douleurs sado-masos et les douceurs lesbiennes, nos amis à poils et à plumes n’ont rien à nous envier. On s’en doutait. Mais ce que l’on sait moins, c’est que les gentils dauphins sont des partouzeurs de folie, que le scarabée japonais est incapable de faire la différence entre un partenaire mâle ou femelle ou que le manchot de Terre-Adélie a des pulsions sexuelles difficilement contrôlables. Et que dire des escargots qui, grâce à leurs deux sexes, se livrent à la bisexualité pendant une dizaine d’heures? Des serpents qui pénètrent leur femelle pendant 22 heures et de madame oursin qui attire son partenaire par son parfum avant de l’exciter, le titiller, le patouiller jusqu’à le faire jouir sans qu’il y ait pénétration? Sinon d’une manière générale, des comportements homosexuels ont été observés chez 450 espèces animales.

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Certaines changent même de sexe sans opération. A l’image du poisson clown qui naît mâle pour devenir, une fois adulte, une femelle. Ce que Disney Pixar a omis de mentionner dans le monde de Nemo. Bref, à côté de ces exemples, la sexualité humaine paraît bien classique. Limite terne. Démonstration avec l’aide de Thierry Lodé, professeur en écologie évolutive et spécialiste de la sexualité animale.

A lire:

• Thierry Lodé, La biodiversité amoureuse: sexe et évolution, Odile Jacob, 2011
• Thierry Lodé, La guerre des sexes chez les animaux, Odile Jacob, 2009
• Marty Crump, Les mâles sans cervelle font les meilleurs amants… et autres curiosités zoologiques, Robert Laffont, 2008
• Frédéric Lewino, Passions animales: les mille folies amoureuses de nos amies les bêtes, Grasset et Fasquelle, 2006

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