Femmes et anarchistes – Voltairine de Cleyre et Emma Goldman
Lu sur Les Presses du réel : « L’égalité politique des femmes, le rapport entre mariage, prostitution et esclavage sexuel, l’action directe, la réforme de l’éducation moderne, les minorités et le progrès, les causes de la jalousie (et ses remèdes), la désillusion en Russie en 1917, la fausse démocratie, etc. : le recueil de textes, pour la plupart inédits, de deux figures de l’anarchisme féminin aux États-Unis au tournant du XXe siècle.

Dès la fin de la guerre de Sécession, les États-Unis s’affirment comme l’une des puissances clés du monde industriel et capitaliste émergeant. Incarnation du « rêve » d’un monde meilleur pour ses nombreux immigrants, le pays se construit à travers les crises sociales, identitaires et politiques qui traversent l’ensemble du monde occidental. Revenir sur cette époque à travers les écrits de Voltairine de Cleyre (1866-1912) et d’Emma Goldman (1869-1940), militantes anarchistes, permet de mettre en perspective certaines de nos problématiques actuelles.
Les textes, pour la plupart inédits en français, ont été écrits au long d’un demi-siècle crucial, entre 1880 et 1940. Ils disent l’articulation entre la critique franche de la société moderne et la redéfinition du statut des femmes. De quoi est-il question ? De sexualités, de prostitution, de mariage, de contrôle des naissances, d’amour, de jalousie, de propriété, de liberté, d’éducation, de leurre idéologique, notamment… de dissidence et de liberté surtout.
Lire la suite ici
Voir un entretien avec Emilie Notéris ici

 

hola !

Timult est en train de préparer le numéro 8 qui devrait sortir en septembre 2014. pour ça, on a notamment fait le tour au niveau de nos finances, et il apparaît que les caisses sont assez vides…

Il nous faut en moyenne 3000 euros par numéro… et il nous manque encore 2000 pour cette fois-ci. du coup, on fait appel à vous pour nous aider à rendre possible la parution du prochain timult :

si vous étiez sur le point de nous envoyer un chèque, si vous avez de l’argent lié à la vente de numéros précédents,

si vous voulez faire un don,

si vous voulez crowdefunder pour nous,

si vous avez envie d’organiser une petite soirée de soutien…

toutes vos initiatives sont bienvenues pour nous soutenir ! toutes vos initiatives sont bienvenues !

à bientôt pour échanger encore !

l’équipe timult

PS : si vous avez diffusé des timult et que vous ne savez plus bien ou vous en êtes dans vos comptes, n’hésitez pas à nous écrire, car on essaie d’avoir ça un peu en vue… ————————– Chèque à l’ordre de TIMULT ASSOCIATION Virement IBAN: FR76 4255 9000 1641 0200 1564 487 / Code BIC: CCOPFRPPXXX timult@riseup.net TIMULT, 15 rue Jacquet, 38000 Grenoble http://timult.poivron.org/

 

 

 

Selon la ministre de la Culture, des groupes proches du «Printemps français» ont visité une trentaine de bibliothèques publiques et fait pression sur leur personnel.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a dénoncé lundi les pressions exercées contre «une trentaine de bibliothèques publiques» par «des mouvements extrémistes» qui «exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

«Près d’une trentaine de bibliothèques publiques ont fait l’objet, ces derniers jours, de pressions croissantes de la part de groupuscules fédérés sur internet par des mouvements extrémistes qui en appellent désormais à la lutte contre ce qu’ils appellent les « bibliothèques idéologiques »», affirme la ministre dans un communiqué.

Ces groupes, a indiqué une source proche du ministère, sont liés au «Printemps français» hostile au mariage gay et qui dénonce une supposée «théorie du genre» qui serait enseignée dans les écoles, notamment à travers les ouvrages fournis aux enfants.

Pression

Selon Aurélie Filippetti, ces groupes «se rendent dans les bibliothèques de lecture publique, exercent des pressions sur les personnels, les somment de se justifier sur leur politique d’acquisition, fouillent dans les rayonnages avec une obsession particulière pour les sections jeunesse, et exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

«Il est temps d’en appeler à Voltaire, à l’esprit des Lumières, pour dénoncer ces atteintes scandaleuses à la démocratie et à la liberté», écrit la ministre de la Culture qui «réaffirme son soutien le plus absolu au personnel des bibliothèques et aux élus locaux qui doivent faire face à ces agressions dans notre pays».

Ces actions, a-t-on précisé de source proche du ministère, ont notamment visé les villes de Versailles, Rennes, Nantes, Dole,Toulon, Lamballe, Saint-Etienne, Troyes, Le Chesnay, Massy, St-Germain en Laye, Andernos-les-Bains, Neuilly sur Seine, Mérignac, Tours, Strasbourg, Castelnaudary, Quimperlé, Boulogne-Billancourt, Riom, Clermont-Ferrand, Lyon, Viroflay et Cherbourg.

 
Une histoire du mouvement punk rock

Lu sur le blog de zones subversives : « La culture punk semble désormais muséifiée. Selon les journalistes et autres experts en tout genre, le punk a disparu. C’est juste la bande sonore de la jeunesse révoltée des seventies. Pire, la contre culture punk s’est tellement intégrée au capitalisme que son état d’esprit jeune et rebelle devient le moteur des nouvelles formes de management. Jusqu’à Mathieu Pigasse, le « banquier punk » proche du PS. Au contraire, Bruno Blum s’attache à faire revivre la révolte punk et souligne son originalité dans un livre récent. Sa présentation synthétique des groupes punks permet de comprendre leur originalité.

Lire la suite ici

 

* Lundi 17/2 à 18h : Séance info « Atelier création de livres » @ Rainbowhouse (par Ania Lemin – séance info pour un atelier en 5 séances, les lundis, dès le 24/02 et jusqu’au 24/3 – prix libre – ouvert à touTEs – infos : https://www.facebook.com/events/653536671375031)

http://www.anialemin.com/dotclear2/

5-unautreok.jpg

 
Queer Maroc

Queer Maroc

Sexualités, genres et (trans)identités dans la littérature marocaine
Jean Zaganiaris, Queer Maroc. Sexualités, genres et (trans)identités dans la littérature marocaine, Paris, éditions Des ailes sur un tracteur, 2013, 372 p., Postface d’Arnaud Alessandrin, Karine Espineira, Maud-Yeuse Thomas, les auteur.e.s de la Transyclopédie, ISBN : 978-1-291-61695-8.
Notice publiée le 22 janvier 2014

Présentation de l’éditeur

Depuis longtemps, le sexe est perçu comme l’un des grands tabous des pays islamiques. Pourtant, la sexualité est évoquée dans de nombreuses productions culturelles du monde arabe. A partir de l’étude des discours oraux et écrits d’écrivain.e.s, il s’agit ici de rendre compte de la place des sexualités, des genres, des identités trans et queer au sein de la littérature marocaine.

Loin d’un exotisme littéraire, c’est un miroir que tendent les artistes aux sociétés. Les formes de vie hybrides et métissées viennent faire contrepoids aux différents normativismes identitaires, les œuvres littéraires marocaines mettent la lumière sur quatre grands enjeux politiques : le renversement des rapports de domination des hommes sur les femmes ; la présence d’une sexualité hors mariage déculpabilisée à l’égard du sentiment religieux ; la force du désir homosexuel ; la beauté des corps transidentitaires. Rompant à la fois avec les postures culturalistes et néo-colonialistes, cet ouvrage entend restituer sociologiquement et philosophiquement – donc sans tabou – les représentations plurielles de la sexualité, du genre et de l’identité au sein des productions littéraires marocaines.

Où l’on découvre ou décortique les images, miroirs et personnages proposées par les auteurs marocains : Driss Chraïbi, Badia Haj Nasser et Lamia Berrada Berca, Mamoun Lahbabi, Abdellah Taïa et de Mohamed Leftah, Fatima Mernissi, Rajae Benchemsi, Stéphanie Gaou et de Valérie Morales Attias, Ghita El Khayat et Chrysultana Rivet, Siham Bouhlal, Rajae Benchemsi et Siham Benchekroun, Mohamed Choukri et El Mostafa Bouignane, Mohamed Nedali, Baha Trabelsi, Tahar Benjelloun, Ghita El Khayat, Abdelkébir Khatibi et Bouchra Boulouiz, Hicham Tahir…

Auteur

Jean Zaganiaris

Enseignant-chercheur au CERAM/EGE Rabat, il est l’auteur de Penser l’obscurantisme aujourd’hui, Casablanca, Afrique orient, 2009.

 

Faites tourner!!!

Appel à contribution

DÉGAINEZ VOS STYLOS !

timult prépare sa 8ème (a)parution (en septembre 2014, yeah!).

Comme toujours, ça bouillonne dans nos ganaches… on veut partager avec vous certaines des questions qui nous traversent et qu’on trouverait intéressantes à aborder dans des écrits :
– Le capitalisme industriel, les sciences, les technologies et le monde qui va avec : Comment développer une critique anti-industrielle sans être réactionnaire ? Pourquoi je rêve d’une révolution des cyborgs ? Pourquoi j’aime marcher pieds nus dans l’herbe mais que la “Nature” me fait gerber?
– Quelles mixités ou non-mixités dans nos luttes ? Est-ce que la mixité est souhaitable ? Quelles alliances former et comment ? Pourquoi certaines luttes sont blanches (sans vouloir l’être) ? Retours sur expérience.
– L’autodéfense féministe, entre outil d’émancipation et instrument de politiques et idéologies racistes, sécuritaires, classistes… entre analyse collective et structurelle et élément de développement personnel. Nos idées, expériences, craintes.
– Les séries télévisées : refuge des idées subversives ou guet-apens ?
– Parlons d’urbanisme, de modes de vie et des luttes qui vont avec ;
– Le comment et le pourquoi des choix d’a/sexualité ;
– Récits de frontières ;

Ou encore plein d’autres trucs, ce qui vous intéressera

timult souhaite être un espace où débattre, critiquer, alors envoyez-nous vos retours, textes apportant d’autres points de vue sur des textes publiés dans le n°7, coups de gueule, réactions…

toutes sortes d’écrits sont les bienvenues : des BD, des textes de slam, des textes hors-norme et hors-format, des rébus, des analyses, des récits, des nouvelles graphiques, des mots croisés ou fléchés, des blagues… enfin tout ce que vous pourriez avoir envie d’écrire ! On est aussi ravi.es de contributions graphiques : photos, dessins, peintures, séries de gribouillages…

Comme d’habitude, il n’y a pas nécessité à rester seul.es face à l’écrit: contactez-nous si vous avez envie d’un processus d’écriture plus collectif ou partagé et nous verrons ce que nous pouvons inventer ensemble (coups de main, atelier d’écriture, binôme de travail, interview, discussion…). N’hésitez pas à nous faire part de vos projets et/ou envies, d’idées de textes ou d’images, d’ébauches de pensées que vous voudriez partager, ou voir prolonger dans l’écrit…

Femmes, lesbiennes, trans, gouines et autres monstres, produisons donc de l’écrit politique qui fait réfléchir, avancer et lâchons-nous !

Nous aurons besoin des idées et textes – en version presque finalisée ou au stade de prise de note – pour le printemps. Faites-nous signe avant le 15 avril.

Chaleureusement, timult…

Faites passer le mot

https://timult.poivron.org/07/

 

voici un lien qui est désormais (a priori) permanent où vous trouverez le pdf du génial bouquin de starhawk, ainsi que 2 textes d’analyses de féministes, pour les intéressé-es.

c’est ici

PS: ci-dessous, la présentation de ce livre, introuvable aujourd’hui en français, donc…
PPS : en attendant une ré-édition ? (on peut toujours rêver…)

Présentation de l’éditeur: Au cours des grands rassemblements contre la mondialisation de Seattle puis de Gènes, des nouvelles formes de protestation et d’organisation sont apparues. On a évoqué dans la presse l’action de Starhawk et d’autres femmes américaines formant les manifestants aux techniques de la non-violence et, plus étonnant, se livrant collectivement à des rituels qui relèvent selon elles de la magie. En France, ceux qui font de la politique ont pris l’habitude de se méfier de tout ce qui relève de la spiritualité et qu’ils ont vite fait de taxer d’extrême-droite. Magie et politique ne font pas bon ménage et si des femmes décident de s’appeler sorcières, c’est en se débarrassant de ce qu’elles considèrent comme des superstitions et de vieilles croyances, en ne retenant que la persécution dont elles furent victimes de la part de pouvoirs patriarcaux. Ce n’est pas le cas de la sorcière Starhawk et des femmes qui l’entourent. Non seulement elles ont pris au sérieux l’héritage des sorcières du passé sans aucun renoncement, mais elles le prolongent et transforment les idées que l’on se fait de la «magie», «art des sorcières». On découvrira dans ce livre comment, pour les sorcières néo-païennes, il est devenu indissociable de devenir capables d’une résistance active et inventive et de
soigner et faire exister la Déesse parmi elles. Et cela, au moment où l’Amérique devenait reaganienne, voici vingt ans.

Au travers d’un livre dense, Starhawk nous livre sa vision du monde actuel, de la place centrale que peuvent y occuper la magie et la spiritualité et, à travers ses expériences personnelles et le système qu’elle et ses sœurs ont mis en place, des manières concrètes d’instaurer un groupe, un rituel ou une action politique dans la non-violence et le respect de l’individu.

 

Pour en finir avec l’hédonistement correct

sur : cqfd
paru dans CQFD n°116 (novembre 2013),

Le plus jouissif, le plus séditieux, le plus chamboulant d’entre tous les livres rebelles jamais conçus, Le Nouveau Monde amoureux (circa 1820), est réédité ces jours-ci aux Presses du réel. J’y reviendrai chaque mois jusqu’à ce qu’il trône sur votre table de chevet (ou dans vos hamacs).

"Diable peint sur mur" (publicité murale, Hérault) {JPEG}

Disons juste pour vous allécher que Fourier y imagine une société festive et ludique, basée sur une « interactivité horizontale » passionnée et sur une tolérance complice pour les passions et les manies de chacun (fussent-elles absolument insolites). Une société où « les nouvelles règles ne sont plus des interdits mais des protocoles de jeux sociaux, érotiques, esthétiques » niquant l’économie de la domination et du profit, le joug patriarcal, l’éducastration, la phallocratie mais également les aspirations des prêchi-prêcheurs utopistes à une refonte des mœurs hédonistement correcte.

Les marxistes ne pigèrent que couic à Fourier mais la plupart d’entre eux passèrent aussi à côté du communisme. C’est ce que raconte dans les détails le professeur Jacques Grandjonc dans le mastard (plus de 650 pages), assez ardu mais fichtrement captivant Communisme. Kommunismus. Communism (éditions des Équateurs, 2013) qui fait l’analyse historique et philologique de ce vocable transfrontiéral et de tout le champ lexical qu’il engendrera à travers les termes « coopération », « socialisme », « mutualisme » etc., nés entre 1785 et 1842 au sein de groupes de combat – parfois minuscules – décidés à réinventer le monde. C’est dire que ce savant traité qui suit pointilleusement à la loupe les germinations d’un vocabulaire communautaire, révolutionnaire et internationaliste nous acoquine en cours de route avec bon nombre de critiques allumés de « la propriété particulière source du mal absolu  » (Morelly). Parmi ceux-ci :

– des libertins mal compris comme Restif de la Bretonne qui, dans le cadre d’une société où « l’ordre du clergé » serait supplanté par «  l’ordre des femmes », proposait un «  idéal de vie fondé sur la communauté des biens et des jouissances » ;

– des babouvistes conspirant pour l’éclatement du grand soir « plébéioniste » ;

– des pamphlétaires radicaux clandestins comme le curé mécréant Meslier ou opérant à l’air libre comme le Diderot déchaîné de Supplément au voyage de Bougainville ;

– des enfourcheurs d’utopies audacieux (Fourier, Weitling, Considérant) ou spongieux (Cabet, Owen, Leroux) ;

– des collectivistes turbulents comme les rocambolesques conjurés, en 1840, du groupuscule « Ni châteaux ni chaumières » ;

– ou des poètes mutinés se mettant tout à coup en risque. C’est ainsi que l’illustre Heinrich Heine, narguant le vieux dicton « Il ne faut pas peindre le diable sur le mur », peignit résolument en 1841 le diable sur le mur dans sa Gazette d’Augsburg en s’attachant à démontrer aux tout premiers communistes, fort isolés les uns des autres, qu’ils existaient réellement et que leur heure allait sonner.

Jan 042014
 
Expérimenter sur les êtres humains aux XVIIIe et XIXe siècles
Lu sur Laurent Mucchielli : « Écoutez Diderot justifier la vivisection des condamnés à mort, devenus
inhumains par leur déchéance civique. Écoutez Pasteur demander à
l’empereur du Brésil des corps de détenus pour expérimenter de dangereux
remèdes. Écoutez Koch préconiser l’internement des indigènes auxquels
il administrait des injections d’arsenic. « On expérimente les remèdes
sur des personnes de peu d’importance », disait Furetière en 1690 dans
son Dictionnaire universel.
Ce sont les paralytiques, les orphelins, les bagnards, les prostituées,
les esclaves, les colonisés, les fous, les détenus, les internés, les
condamnés à mort, les « corps vils » qui ont historiquement servi de
matériau expérimental à la science médicale moderne. Ce livre raconte
cette histoire occultée par les historiens des sciences. Qui supporte en
premier lieu les périls de l’innovation ? Qui en récolte les
bénéfices ? À partir de cette question centrale de l’allocation sociale
des risques, l’auteur interroge le lien étroit qui s’est établi, dans
une logique de sacrifice des plus vulnérables, entre la pratique
scientifique moderne, le racisme, le mépris de classe et la
dévalorisation de vies qui ne vaudraient pas la peine d’être vécues.
Comment, en même temps que se formait la rationalité scientifique, a pu
se développer ce qu’il faut bien appeler des « rationalités abominables
», chargées de justifier l’injustifiable ?
Mis en ligne par endehors

Lire l’article !

© 2012 QueerPunxBelgium Suffusion theme by Sayontan Sinha