voici un lien qui est désormais (a priori) permanent où vous trouverez le pdf du génial bouquin de starhawk, ainsi que 2 textes d’analyses de féministes, pour les intéressé-es.

c’est ici

PS: ci-dessous, la présentation de ce livre, introuvable aujourd’hui en français, donc…
PPS : en attendant une ré-édition ? (on peut toujours rêver…)

Présentation de l’éditeur: Au cours des grands rassemblements contre la mondialisation de Seattle puis de Gènes, des nouvelles formes de protestation et d’organisation sont apparues. On a évoqué dans la presse l’action de Starhawk et d’autres femmes américaines formant les manifestants aux techniques de la non-violence et, plus étonnant, se livrant collectivement à des rituels qui relèvent selon elles de la magie. En France, ceux qui font de la politique ont pris l’habitude de se méfier de tout ce qui relève de la spiritualité et qu’ils ont vite fait de taxer d’extrême-droite. Magie et politique ne font pas bon ménage et si des femmes décident de s’appeler sorcières, c’est en se débarrassant de ce qu’elles considèrent comme des superstitions et de vieilles croyances, en ne retenant que la persécution dont elles furent victimes de la part de pouvoirs patriarcaux. Ce n’est pas le cas de la sorcière Starhawk et des femmes qui l’entourent. Non seulement elles ont pris au sérieux l’héritage des sorcières du passé sans aucun renoncement, mais elles le prolongent et transforment les idées que l’on se fait de la «magie», «art des sorcières». On découvrira dans ce livre comment, pour les sorcières néo-païennes, il est devenu indissociable de devenir capables d’une résistance active et inventive et de
soigner et faire exister la Déesse parmi elles. Et cela, au moment où l’Amérique devenait reaganienne, voici vingt ans.

Au travers d’un livre dense, Starhawk nous livre sa vision du monde actuel, de la place centrale que peuvent y occuper la magie et la spiritualité et, à travers ses expériences personnelles et le système qu’elle et ses sœurs ont mis en place, des manières concrètes d’instaurer un groupe, un rituel ou une action politique dans la non-violence et le respect de l’individu.

 
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Editions Florent Massot, 2010 – 253 pages
Rudolf Brazda regarda la grille du camp une dernière fois. Il pouvait partir. C’était fini… Quelques semaines plus tôt, il était encore le matricule 7952, le cinquième à porter ce numéro. Il y avait eu, avant lui, deux Polonais. Transférés. Deux ressortissants du Reich. Décédés. Mais des cinq, il avait été le seul déporté pour homosexualité, le seul à porter un triangle rose. A l’aube de ses 97 ans, Rudolf Brazda nous livre ici un témoignage unique et rare, étayé par un rigoureux travail de recherche historique. De la montée du nazisme en Allemagne à l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’insouciance du début des années 1930 à l’horreur du camp de Buchenwald, cet ouvrage révèle – et c’est une première – le détail des enquêtes policières ayant visé de nombreux homosexuels dans l’Etat nazi. Il aborde également, avec tact mais sans tabou, la question de la sexualité dans un camp de concentration. C’est l’histoire d’un Triangle rose…
 

Présentation

 

RadioRageuses : une nébuleuse d’émissions de radio de femmes, de gouines, de trans et de féministes.

FortEs, solidaires et en colère.

Depuis plusieurs années des émissions de radio féministes francophones existent sur de nombreuses antennes associatives et militantes. RadioRageuses est une plateforme créée en 2009 qui rassemble ces émissions pour créer une dynamique collective, se soutenir et échanger.

RadioRageuses est un espace non-mixte féministe de Meufs et de Gouines (trans et cis*) et de Trans ; un outil de lutte contre le patriarcat, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, la misogynie, les normes de genre.
Nous nous retrouvons régulièrement pour nous former en échangeant nos savoirs lors d’ateliers sur nos pratiques et nos outils techniques. Ces rencontres sont aussi l’occasion de prendre l’antenne ensemble.

Nous ne sommes pas une entité ou un collectif , mais un réseau d’émissions aux multiples facettes et identités. Nous avons créé un site internet, une bibliothèque sonore en ligne. Un espace virtuel pour nous coordonner, diffuser nos émissions et rendre visibles nos féminismes trop souvent instrumentalisés ou passés sous silence par les médias dominants. Il est donc nécessaire de créer nos propres médias pour faire entendre nos voix !

*Cis : personne qui reste dans les normes de sexe et/ou de genre qui lui ont été attribuées à la naissance.

nous contacter : contact(à)radiorageuses(point)net

 

Vous pouvez aussi aller voir leur site avec plein d’émissions en podcast :

http://radiorageuses.net

 

A qui profite la numérisation ?

« Accords inacceptables », « expropriation du domaine public », « privatisation en
marche », « guerre à la démocratie » : depuis plusieurs semaines, la polémique enfle
autour des contrats passés le 15 janvier 2013 par la BNF avec des sociétés privées,
ProQuest, Believe Digital et Memnon Archiving Services, pour la numérisation de
70.000 livres anciens français, datant de 1470 à 1700, et de 200.000 disques
vinyles, 78 et 33 tours. Ces accords prévoient en effet que les firmes concernées
seront propriétaires des copies qu’elles auront numérisées, avec le droit de les
commercialiser pendant dix ans. Des œuvres qui appartiennent au patrimoine commun
deviennent ainsi propriétés privées d’entreprises qui en retireront un profit
conséquent, puisque chercheurs et bibliothèques devront payer pour avoir accès à ces
documents hier encore disponibles gratuitement. La BNF est d’ailleurs intéressée
financièrement à cette privatisation d’un bien commun, puisqu’elle percevra une
partie des bénéfices générés par les abonnements vendus aux établissements publics.
Enfin, cerise sur le gâteau, les coûts liés aux opérations de numérisation seront
partiellement financés par des crédits publics issus du « Grand Emprunt » et des «
Investissements d’avenir ».

Cette polémique fait suite à plusieurs autres, toutes directement liées à la
numérisation et l’informatisation des collections de la BNF : incapacité de la
direction à sélectionner les ouvrages accessibles via Gallica, refonte du
Haut-de-jardin, transformé en vaste cyber-café malgré les protestations du
personnel, déqualification et précarisation grandissantes induites par les contrats
de numérisation passés avec l’entreprise Jouve, etc.

Le collectif « Livres de Papier », qui rassemble entre autres des bibliothécaires,
des libraires, des éditeurs et des chercheurs, et qui mène depuis plusieurs années
une critique radicale des technologies numériques et de leurs conséquences dans tous
les domaines, tient à apporter son soutien aux protestations unanimes des
organisations professionnelles (IABD, ADBS, ABF, ADBU) et syndicales (FSU, CGT)
contre les accords passés par la BNF le 15 janvier. Il souhaite toutefois rappeler
aux protestataires et à tous les corps de métier concernés que la technologie n’est
pas neutre dans cette affaire.

Libéralisme économique et innovation technologique marchent main dans la main. Que
les documents numérisés soient gratuits ou payants, la numérisation fait surtout les
intérêts des industriels qui fournissent les machines, développent les programmes,
vendent les terminaux (de l’ordinateur à la tablette), prospèrent sur l’usage des
algorithmes de recherche… Au bilan, la numérisation consiste surtout à interposer
une suite de machines et de marchandises entre le lecteur et les textes, là où il
n’y avait auparavant que le livre et lui seul.

Elle apparaît donc comme un double bluff, qui porte sur les nécessités proclamées de
la démocratisation et de la conservation.

Bluff de la démocratisation : tout le monde parle de « faciliter l’accès au
patrimoine », et de « favoriser la diffusion de la culture ». Mais personne ne
s’interroge réellement sur les mutations de la perception, de la sensibilité, de
l’attention, que provoque la transformation du livre papier ou du disque vinyle en
support numérique. Un livre numérisé n’est précisément plus un livre : il est devenu
un stock de données. Son unité physique, la matérialité qu’il offre à notre
sensibilité, son achèvement en tant qu’œuvre, se voient dissous pour être inclus
dans un flux d’informations et de contenus multimédia : celui des tablettes et
autres smartphones. Et quelle est cette conception pauvre du savoir et de la
culture, qui la réduit à de l’information immédiatement disponible, là où une réelle
appropriation de connaissances passe d’abord par une transformation de soi dans la
durée ? La démocratisation de la culture par le numérique, c’est surtout la
dictature de l’accès : « Tout, tout de suite ! ».

Bluff de la conservation : on évoque la nécessité de numériser pour conserver les
documents anciens et les transmettre aux générations futures. Mais tous les outils
de numérisation sont des produits dont l’obsolescence est programmée : remplacement
des serveurs, mise à jour des logiciels, changement de programmes, renouvellement
incessant des terminaux, etc. Ainsi se trouve réalisé le rêve de tout industriel :
contre un livre dont la durée de vie peut aller jusqu’à plusieurs siècles, vendre
des produits et des technologies qui nécessitent d’être rachetés tous les cinq à
vingt-cinq ans.

La technologie n’est pas neutre. Elle porte en elle, et contribue à reproduire, les
logiques dominantes de la société qui la fait naître : accroissement des profits et
concentration des pouvoirs. Une opposition à la privatisation des biens publics en
bibliothèque ne peut se concevoir sans une opposition simultanée à la numérisation
et à ses conséquences délétères sur la société et la culture.

Paris, le 18/02/2013

Collectif Livres de Papier

21 ter, rue Voltaire 75011 Paris

livresdepapier@gmx.fr

 

Parce que j’adore le black métal mais que je déteste l’extrême droite :

rabm

un blog qui répertorie les groupes « darks » anars ou sympatisant… Ouf, je peux enfin écouter du black métal sur mes deux oreilles et me débarrasser des albums de Burzum

heu… dès demain…
…je les écoute une dernière fois ce soir…

 

http://r-a-b-m.blogspot.fr/

 

First of all, excuse me for my possibly poor English (but at least I’m trying to do my best). Second, if you’re playing in a band and want to see your music featured on my blog – send a download link of your demo to b_k(@)hush.com. Make sure to include the following information:

– band name, release name/year, country of origin, album cover image (or at least band photo or logo);
– track listing (properly numbered);
– preferably a full release (not samples or streaming) in mp3/m4a/ogg (128kbps or higher bitrate). You may use any free filesharing site (preferably Mediafire) to host your files; or you can use Bandcamp (but then make sure your release is available for free download). Please don’t send me large files as attachments;
– any other info about you and your release (links to any sites related to your band, release notes, etc.);
– reason why you want your music to be featured on my blog (note that it’s not just another metal blog, and even if your band is apolitical, it still should be somehow in the spirit of RABM movement).

Unfortunately I often have not so much free time, so don’t expect me to review your release immediately. Of course you’re free to ask me how soon will I do it, if you really want to know.

Kinds of music featured in this blog:
– (primarily) RABM or Red & Anarchist Black Metal: all kinds of black metal-related music charged with radical leftist (anarchist, libertarian socialist, eco-anarchist, etc.) political views. Some of the bands featured here may be not openly political, but all of them are RABM-friendly;
– blackened crust/hardcore/punk (only if it’s openly RABM-friendly, or if it’s just very good music; I’ve no intention to collect here all the blackened punk in existence);
– other kinds of political (anarchist, socialist, etc.) metal – death, thrash, post-metal, etc.;
– dark ambient, neofolk, industrial, dark electro, etc. – but only if it has RABM-friendly ideology;
– regular punk/hardcore/crust, post-rock, conscious hip-hop, etc. – but only as a rare exception (so if you want me to send a demo in one of these genres, you’re probably in the wrong place).

Most of the uploads here are band sanctioned. Anyway, if you for some reason don’t want to see your music here, send me a message and I’ll consider taking it down.

 

27 septembre 2012 – 09:00

Débat/conférence – MEMOIRES HOMOSEXUELLES

 

MEMOIRES HOMOSEXUELLES :
Programme du colloque du 27 septembre 2012

Porté par un petit groupe de chercheurs et de militants, le projet Mémoires Homosexuelles a comme objectif de reconstituer la mémoire de la vie associative LGBT en Belgique francophone.

En effet, notre histoire récente est riche. Des dizaines d’associations existent dont certaines, comme Tels Quels, ont déjà 30 ans d’existence. D’autres, parfois plus anciennes, ont disparu. Les traces laissées par celles-ci sont rares ou largement méconnues. Pourtant, la vie associative LGBT, c’est avant tout des histoires de solidarités et d’entraides qui ont eu et ont toujours une grande importance. Ce sont aussi des combats et les plus récents ne doivent pas nous faire oublier les luttes passées. Retracer ces histoires, c’est mieux comprendre la nôtre et, très certainement, y puiser quelque fierté.

Dans une démarche d’histoire orale, les débats seront enregistrés et versés au Fonds Susan Daniel.

9h : Accueil

9h15 : Ouverture par Luc De Meyer, directeur de l’IHECS, et David Paternotte

9h30 – 11h : Session 1 VIVRE SA SEXUALITE
Présidence : Thierry Delaval
Intervenant-e-s : Charline Herbin, Luc Legrand, Philippe-Georges Louette dit « La Babylonne », Claude Vandevyver

11h – 11h30 : Pause

11h30-13h : Session 2 ÊTRE VISIBLE(S)
Présidence : Mathilde Messina
Intervenant-e-s : Chille Deman, Bernard Lanssens, Marian Lens, Philip Turner, Raoul Van der Goten et Peter Weissenberg

13h – 14h30 : Repas (offert aux intervenants)

14h30 – 16h : Session 3 REVENDIQUER
Présidence : Wannes Dupont
Intervenant-e-s : Alain Bossuyt, Sandrine Debunne, Bart Hellinck, Luc Legrand, François Sant’Angelo

16h – 16h30 : Pause

16h30 – 18h : Session 4 CONSTRUIRE UN MOUVEMENT
Présidence : Julie De Ganck
Intervenant-e-s : Joris Gilleir, Irène Kaufer, Emile Mintjens, Didier Seynave, Jean-Louis Verbruggen

18h – 18h30 : Conclusions par Valérie Piette
Verre de l’amitié

Comité organisateur :
Alain Bossuyt (IHECS), Julie De Ganck (FNRS/ULB), Thierry Delaval (Arc-En-Ciel Wallonie), Wannes Dupont (OZG, Université d’Anvers), Bart Hellinck (Fonds Suzan Daniel), Luc Legrand (Tels Quels), Mathilde Messina (ULB), David Paternotte (FNRS/ULB), Valérie Piette (ULB).

Lieu
IHECS
Rue des Grands Carmes 23
1000 Bruxelles

Infos et inscriptions
memoireshomosexuelles@gmail.com

http://memoireshomosexuelles.skynet…
https://www.facebook.com/mhs.belgique

 

 

Le regard Möderne de Bazooka

  sur : owni

Retour sur le collectif graphiste punk Bazooka, hacker de la Une de Libé pendant plusieurs semaines et créateur d’un univers keupon sans Mac, sans palette graphique ni Internet.

Jeunes gens de l’ère Numerik, saviez-vous qu’il y a plus de trente ans d’autres jeunes gens portaient un Regard résolument Möderne sur le monde ? Sans Mac, sans palette graphique ni Internet, à la colle et au ciseau, à la sérigraphie et à la ronéo, ils inventèrent un graphisme délibérément CyberPunk et Növo.

Prenant d’assaut le “Libération” baba cool des Seventie’s, le collectif Bazooka emmené par Kiki Picasso s’empara de la Une du journal pendant plusieurs semaines, multipliant les provocations Punk et Dada…

Anarchy in Libé, croix gammées et épingles dans le nez, esthétique fleurant bon la Propaganda des années 30 et le surréalisme socialiste, art de rue façon émeute white riot…Profondément marqué par le pop-art de Warhol et Roy Lichtenstein, et surtout par l’esthétique de la furia Punk déferlant d’outre-Manche, ces jeunes gens mödernes d’hier ont inspiré à leur tour toute une génération d’artistes underground des années 80 (MissTic notamment) jusqu’à aujourd’hui.

J’en parle, car leur univers visuel m’a profondément marqué ado, à la Une de “Libé” ou de “L’Echo des Savanes”, sur les affiches de concert et au Forum des Halles où trainaient toute la faune keupon du tournant des années 80. J’en parle aussi parce que d’une certaine manière, je retrouve un peu de l’esprit Bazooka chez mes jeunes amis d’Owni, où Vendredi c’est toujours Graphisme.

J’en parle enfin parce le travail de Kiki, Loulou et les autres est en vedette à la Villa Medicis de Rome dans le cadre de l’exposition “Europunk” (La culture visuelle en Europe 1976-1980). “Libé”, évidemment, y consacre un article avec ce diaporama en prime. Quelque 550 objets ont été rassemblés auprès de collectionneurs privés ou musées. Certains sont célèbres, tel le fameux portrait de la reine d’Angleterre les yeux barrés de la mention «God Save The Queen» créé par Jamie Reid pour les Sex Pistols. D’autres sont plus underground comme ces dessins, collages, fanzines et affiche de concerts réalisés par Bazooka.

“Dictature graphique”

Une de « Libé » sur la RAF (1977)

Pour autant, les graphistes destroy de Bazooka n’ont jamais vendu leur âme au veau d’or de l’Art Business. Christian Chapiron (Kiki Picasso), Jean-Louis Dupré (Loulou Picasso), Olivia Clavel (Electric Clito), Lulu Larsen, Jean Rouzeau et les autres sont tous sortis des fameux ateliers graphiques des Beaux Arts au mitan des années 70…ceux là mêmes où leurs aînés soixante-huitards avaient révolutionné une première fois l’art graphique avec leurs affiches du joli mois de mai. Après s’être fait les dents sur le fameux magazine “Actuel” de Jean-François Bizot, ils lancent dès 1975 leur Bazooka Production qui donnera naissance à une foule de fanzines bien barrés: “Bien dégagé autour des oreilles”, “Activité sexuelle normale” etc…

En 1977, c’est l’explosion Punk et nos jeunes gens mödernes deviennent carrément tendance: “Charlie”, “L’Echo des Savanes”, “Metal Hurlant”, “Hara Kiri”…tout la presse chevelue se les arrache pour se donner un coup de jeune: collages, sérigraphies, imagerie nazie ou soviétique détournées…tout est bon pour semer le chaos. Kiki Picasso parle de “dictature graphique” ! Concept poussé jusqu’au bout lorsque Serge July, toujours à l’affut des nouvelles tendances à la bonne ou mauvaise idée (c’est selon) de les contacter pour illustrer “Libé”. Choc des cultures entre ex-Maos et punks anarchisants bien décidés à foutre la merde chez les journaleux gauchos. Il en sortira quelques Une mémorables et surtout “Un Regard moderne”, un mensuel résolument novateur à tout point de vue, “Növo” comme on disait à l’époque, qui durera six mois…Las de leurs provocations, “Libération” finira par expulser les squatteurs graphiques.

La légende est née. Mais à la fin des années 70, le groupe éclate et les membres de Bazooka poursuivent chacun leur aventure individuelle, tombant un peu dans l’oubli au cours des sinistres années 80 marquées par la vulgarité clinquante de la Pub TV et des années fric. Mais en 2002, Loulou Picasso a relancé “Un Regard moderne” sur Internet et a ressuscité à sa manière le vieux collectif en l’ouvrant à Kiki Picasso et Olivia Clavel. De son coté Jean Rouzaud, qui fut exclut de Bazooka pour “conformisme”, travaille aujourd’hui à Radio Nova… On en est là.

Provocation-récupération, digestion par la société de consommation, consécration sous les ors de la République à la Villa Medicis…la boucle No Future est bouclée.

Et pour conclure, voilà bien entendu une petite rétrospective en images du travail de Bazooka:

 

…et en bonus, cette rare apparition télé du collectif Bazooka (retrouvée par feu l’excellente émission “L’Oeil du Cyclone sur Canal +) où l’on voit Jean Rouzaud se défendre de faire de la bande dessinée (“en BD il y a des règles, pour nous il s’agit de ne surtout pas les respecter”), Lulu Larsen assurer “attendre la prochaine catastrophe aérienne pour en faire un dessin” ou encore Loulou Picasso expliquer “dessiner des images comme on en chante dans le rock”. Action !

 

 

 

 

Sinon Kiki et Loulou Picasso ont toujours un blog où l’on peut voir leur travail passé et récent. Allez y faire un tour…35 ans après les débuts de Bazooka, ils sont toujours résolument Mödernes !

>> Article publié initialement Sur mon écran radar

Voir aussi l’entretien entre de Loulou Picasso et L.L. de Mars à propos de Bazooka

 

 

DE L’AUTODETERMINATION PUNK PEDE.

Parce qu’il nous semble essentiel de nous positionner au sein des nébuleuses qui composent les luttes auxquelles nous pouvons nous rattacher, et parce que bien des groupes et collectifs dont nous pouvons partager certains points de vue commencent sérieusement à nous donner des boutons.

Si nous sommes antisexistes, c’est bien parce que nous ne reconnaissons pas les barrières sexuées que la société hétéro normative a dressé entre les êtres. A ce titre, nous ne supportons pas l’idée de pouvoir, qu’il soit patriarcal ou matriarcale, nous ne voulons subir aucune autorité, quelle soit politique, morales ou religieuse.

Si nous soutenons les luttes féministes, c’est pour l’émancipation de toutEs les individuEs, sans distinction.

Si nous rejetons l’autoritarisme du père, ce n’est pas pour le remplacer par celui de la mère.

Si nous respectons les choix de vie de chacunEs, ce n’est certainement pas pour mettre en place de nouveaux systèmes d’exclusions basés sur de nouveaux principes moraux et culpabilisants.

Nous sommes contre le machisme comme nous sommes contre le girl power. Nous sommes pour l’éradication des privilèges quels qu’ils soient et pour une remise en cause permanente des stéréotypes de genre.

Nous dénonçons les prises de pouvoir quelles qu’elles soient comme des tentatives d’asservissement de l’individuE.

Nous désertons la cour d’école qui devient trop souvent le champ de débat d’opposition hommes/femmes où, les uns et les unes, à leurs seul profits imposent le même concept binaire, écrasent sans même se remettre en question toutes les possibilités de nuances d’entre-deux ou de non-conformité. La construction binaire des corps et des identités est l’essence même de la domination !

Nous ne luttons pas avec acharnement contre la domination masculine pour la remplacer par un autre système, mais bien pour éliminer le pouvoir.

Si nous refusons le sexisme, le racisme et l’homophobie, ce ne sera jamais pour construire une dictature identitaire, non mixte, hétérophobe , mais bien pour un éclatement des dogmes, des préjugés de concepts et leurs corolaires d’exclusion, de mythes et de mensonges que semble affectionné une frange assez agressive de militantEs réactionnaires soit disant féministes ou libertaires mais que nous considérons plus comme des flics de la pensée, des chiens de garde de l’ordre moral, ou des pions de l’affectif sous contrôle .

 

Collectif anti matérialiste punk pédé précaire international.

 

 

 

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