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L’organisation de concerts

Que vous ayez choisi de faire chanter l’ensemble choral dans la salle paroissiale de votre village, les Rolling Stones à Werchter ou, plus raisonnablement, un groupe figurant au catalogue des « Tournées Art & Vie », il faudra peut-être rendre des comptes à la SABAM et délier votre bourse!

• Dura Lex, Sed Lex

La loi belge prévoit que toute exécution publique d’une oeuvre musicale inscrite au répertoire d’une société de gestion de droit d’auteur ou non, jouée « live » ou via tout support sonore, octroie aux auteurs et éditeurs, des droits payables par celui qui diffuse ou fait diffuser l’oeuvre, en plus d’un cachet éventuel.

Dans le cas qui nous intéresse, c’est donc l’organisateur de concerts qui s’y colle. En Belgique, le législateur a agrée la société coopérative à responsabilité limitée (s.c. civile) « SABAM » pour percevoir les droits d’auteur qui s’y sont inscrits; c’est donc avec cette société que vous aurez à traiter puisqu’elle détient de fait le monopole commercial.

• Business is business

Pour bien comprendre ce qui suit, il est essentiel de garder à l’esprit le caractère purement commercial de la SABAM; souvent, elle s’abstient de mentionner qu’il existe beaucoup de groupes non inscrits, elle ne délivre l’information sur les tarifs que de façon parcellaire, elle ose réclamer des sommes indues (cf. l’échange épistolaire entre la SABAM et la MJ Rixensart présenté en annexe 2 ), elle n’apporte pas la preuve de son mandat, elle exige – ce qui est extrêmement contestable – que soient introduites des demandes d’autorisation préalables pour des concerts de groupes non inscrits à son répertoire.

Pour un groupe étranger, par exemple, la SABAM devrait d’abord fournir la preuve d’un accordentre elle-même et son alter ego du pays d’origine à qui elle doit rétrocéder les droits, puis la preuve de l’inscription du groupe auprès de cette même société étrangère.

De plus, on est en droit de s’interroger sur la légalité du monopole de fait; cela mériterait peut-être un avis du commissaire européen à la libre concurrence, au même titre que pour ses homologues des autres pays (SACEM, GEMA, STEMRA, MCPS, …), d’ailleurs.

• Quand un groupe n’est pas inscrit…

L’organisateur va donc rencontrer deux grandes catégories de groupes : les inscrits, même partiellement, et les non-inscrits.

Dans le dernier cas, tout est clair. La SABAM n’a rien à réclamer et aucune autorisation ne doit lui être demandée, quoi qu’elle en dise ! Si vous recevez un avis de payement, pas d’affolement : demandez d’abord à la SABAM des preuves de son mandat de représentativité (voir annexe 1).

Il faut néanmoins savoir qu’un groupe non inscrit peut très bien figurer, même pour un titre, sur une compilation que l’éditeur aurait inscrite lui-même. Dans ce cas, la SABAM pourra légitimement réclamer de l’argent pour cette chanson pour peu qu’elle ait été interprétée lors du concert.

En tout cas, l’organisateur qui veut décider de ne pas déclarer le concert en toute légalité doit s’informer correctement auprès du groupe qui devra lui assurer sa non-inscription et l’originalité des morceaux interprétés (les « reprises » sont horriblement onéreuses et leur tarification reste un mystère opaque)

• Et si le groupe est inscrit ?

Si le groupe a choisi de mandater la SABAM pour gérer ses droits d’auteur en s’y inscrivant, le règlement de celle-ci prévoit que le concert doit être déclaré au minimum dix jours avant qu’il ait lieu.

Vous recevrez alors un formulaire à compléter, sur base duquel la SABAM appliquera une tarification forfaitaire prenant en compte le prix d’entrée que vous aurez fixé, la superficie de la salle et l’éventuelle possibilité pour le public de danser, correspondant à un minimum de 8% des recettes brutes. Après le concert, vous êtes tenus de fournir, dans les 8 jours, une liste des oeuvres interprétées sur votre scène, ce qui permet à la SABAM de repérer d’éventuelles reprises dans le répertoire du groupe et d’en calculer les droits d’exécution. Enfin, le bureau régional de perception ne tardera pas à vous adresser une facture, toujours bien peu détaillée, que vous devrez acquitter au plus tard le jour de votre manifestation.

Une autre solution consiste à ne rien déclarer du tout, mais si vous vous faites attraper, vous vous exposez aux foudres de la SABAM qui pourra alors réclamer sur base délictuelle plutôt que forfaitaire (puisque le fait de ne pas déclarer un concert constitue un délit) et qui n’hésitera pas à vous traîner devant le juge de paix de votre canton. La parade de certains est de faire signer au groupe un formulaire en y déclarant n’avoir joué aucune oeuvre protégée par la SABAM. Dans ce cas, il faut que l’artiste ait prévu cette possibilité dans son contrat, sans quoi c’est lui qui s’exposerait à des sanctions d’ailleurs prévues dans le règlement contractuel.

Rappelons encore que l’artiste inscrit ne peut plus gérer ses propres droits et n’a donc pas la possibilité de vous « faire une fleur » en abandonnant ses droits (à moins bien sûr qu’il ne l’ait préalablement stipulé de manière objective dans son contrat).

• Et combien ça coûte ?

Il existe différents tarifs, présentés sous forme de grilles qui devraient vous permettre de calculer combien la SABAM pourra vous facturer.

Malheureusement, les employés de la SABAM ont tendance à les conserver jalousement et à ne les fournir qu’au compte-gouttes à ceux qui se présentent au bureau de perception. Ils préfèrent en effet facturer forfaitairement sans se donner trop de travail et en gardant le client dans l’ignorance. Ils vous octroieront même une ristourne de 20% si vous respectez scrupuleusement les consignes, en acceptant aussi le principe de la tarification par forfait.

La SABAM nous dit : »Tous les tarifs de la SABAM se trouvent sur Internet. Certains sont d’ailleurs rattachés à un moteur de calcul. Les ristournes n’existent plus. Il s’agit aujourd’hui de dommages et intérêts lorsqu’il n’y a pas d’autorisation préalable. Les tarifs sont en outre déposés au ministère. »

Nous avons donc consulté son site internet (www.sabam.be). On y trouve des tarifs (et non tous) sous la rubrique « Utiliser notre répertoire », divisée en :

Production.
Occasionnels.
Professionnels.
Médias.
Médias en ligne.

Seuls les tarifs pour les organisateurs occasionnels et les médias en ligne y sont détaillés. Pour les autres rubriques la SABAM renvoie à ses centresde perception où, en ce qui concerne les médias, à des liens avec des personnes-ressources. Deux tarifs s’appliquent aux organisateurs occasionnels de concert :

Le tarif 105 : Fêtes-boums (musique vivante – musique mécanique)
Le tarif 201 : concerts et festivals (musique vivante).

La tarification a pour base 10% des recettes brutes. Le minimum à percevoir ne peut, en aucun cas, être inférieur à 10% du coût du plateau, étant entendu que celui-ci est constitué de toutes les sommes qu’on est tenu de payer pour l’exécution ou la représentation du programme. Chacun des deux tarifs présente une grille des minima à payer, en fonction du prix d’entrée et de la superficie sonorisée ou du nombre de places assises disponibles. Si la consommation la plus demandée excède 1,25 €, la différence est ajoutée au prix d’entrée. Ces tarifs sont majorés de 30%, si vous n’avez pas introduit une demande d’autorisation au moins 10 jours avant la manifestation.

Quant au simulateur de tarifs, vous le trouverez sur leur site en cliquant sur « Utiliser notre répertoire » puis « Occasionnels ».

Nous l’avons testé pour vous.

Nous avons pris pour base :

Le tarif 201 (concerts & festivals)
Le prix d’entrée moyen chez nous : 5,00 €
Prix de la consommation la plus demandée : 1,20 €
La superficie : 150 m2
le prix du plateau : 350,00 €
Résultat : 104,6 &euro TVAC, ou 135,28 € TVAC si vous n’avez pas déclaré la manifestation au préalable

Dur dur de devoir consacrer les sous de vos 21 premiers spectateurs à la SABAM … Et dire que des tonnes de petits organisateurs naviguent le plus souvent entre 50 et 100 entrées payantes !

• Les forfaits de la SABAM

Quoi qu’il en soit, que l’on danse ou pas, c’est toujours la facturation forfaitaire qui vous est proposée grâce à une grille évoluant selon deux paramètres : la participation aux frais que vous réclamez (la moyenne entre les deux prix si vous faites des préventes moins chères avec tickets numérotés) et la superficie des lieux accessibles au public et aux participants. Il faut donc entendre la salle, la scène, le bar, les WC, le backstage, le dortoir…

La SABAM ne demande qu’à se simplifier la tâche en proposant aux salles et aux organisateurs réguliers un autre forfait, négociable à l’année suivant le nombre de concerts, comme c’est le cas dans de nombreux endroits.

Évidemment, la formule est attrayante car elle évite des ennuis, des tracasseries administratives et surtout est peu onéreuse (de l’ordre de 10.000F/an pour des salles comme The Pits à Kortijk ou le Vort’n Vis à Ieper).

À nouveau, il faut constater que l’esprit de la loi est totalement détourné au profit de la SABAM qui, si vous acceptez cette proposition, ne vous demandera même pas quels groupes vous aurez fait jouer et encaissera purement et simplement les soi-disant salaires de ces artistes!

• Facturation au détail

Pour embêter la SABAM, on peut donc choisir le mode de facturation qui consiste à prélever 10% des recettes brutes, en installant un système de billetterie. Difficile.

Il faudra bien entendu avoir tenu une comptabilité rigoureuse et transparente qui sera remise à la SABAM pour examen et calcul du montant à payer. Et puis, le percepteur en profitera peut-être pour se déplacer et enregistrer le concert, toujours en quête de reprises si chères. La formule pourrait paraître tentante à plus d’un petit organisateur pour qui moins d’une cinquantaine d’entrées payantes est chose courante, ou au cafetier qui organise des concerts gratuits dans son établissement.

Bande de Naïfs! La SABAM a bien entendu paré à ces éventualités en précisant bien que les tarifs forfaitaires en grille sont de toute façon des minima. Raté!

N’essayez pas non plus de déguiser votre concert en souper-concert sans entrée payante, car alors ce sera le prix du menu qui sera pris en compte, qu’on y mange des huîtres ou des saucisses au barbecue. Encore raté!

Mettre les boissons bien chères et une p.a.f. dérisoire? Nenni, si le prix de la consommation la plus demandée dépasse 1,25 €, la différence sera considérée comme prix d’entrée. Rien à faire, quoi!

• Tu cherches l’ambiance ?

Payement forfaitaire ou pas, nous n’avons évoqué jusqu’à présent que le prix relatif à la prestation du groupe; reste encore à ajouter la perception sur la musique d’ambiance que vous passez avant ou après les groupes, régi elle aussi par un tarif forfaitaire.

Vous pouvez évidemment ne pas diffuser de musique d’ambiance du tout ou alors rien que des morceaux non inscrits, donc gratuits, sauf si la SABAM peut faire la preuve du contraire après de longues vérifications de la play-list de la soirée. Yerk ! Yerk !

• Je vous l’jure, M’sieur le Juge!

La SABAM, de même que les autres sociétés de gestion de droits, dispose de plusieurs moyens d’apporter « la preuve d’une représentation, d’une exécution, d’une reproduction ou d’une exploitation quelconque, ainsi que celle de toute déclaration inexacte concernant les oeuvres représentées, exécutées ou reproduites ou concernant les recettes. »

Ils consistent en :

Les procès verbaux des officiers ou agents de police judiciaire.
Les constatations d’un huissier de justice ou « jusqu’à preuve du contraire », les constatations d’un agent de la SABAM, assermenté.

La quasi-totalité (dixit la SABAM) de ces derniers le sont, en vertu de l’arrêté ministériel du 9 septembre 2002. Vous pouvez le consulter en utilisant le lien disponible sous notre rubrique « Pour en savoir plus… »; cela vous permettra éventuellement de contester les constats qui auraient été établis par des personnes ne figurant pas sur la liste nominative comprise dans cet arreté.

Il s’agit avant tout de représentants de commerce à qui le Ministre de la Justice a accordé certaines prérogatives certes, mais dont la parole, ou plutôt les compétences peuvent être mises en doute comme ce fut récemment le cas dans un procès en justice de paix : la SABAM dont les « inspecteurs » prétendaient avoir reconnu des « reprises » lors d’un concert auquel ils avaient assisté, réclamait des dommages à un organisateur qui eut l’idée lumineuse de faire citer devant le juge un critique rock reconnu qui était également présent au concert; celui-ci assura que les morceaux incriminés n’avaient pas été joués.

Le bon juge estima alors que les compétences du journaliste en la matière étaient supérieures à celles des employés de la SABAM qui fut dès lors déboutée. Il semble exister une série de jugements similaires, défavorables à la SABAM, pouvant servir de jurisprudence, mais ils sont malheureusement difficiles à connaître car le Ministère de la Justice n’archive pas les procès en fonction des matières qu’ils abordent.

N’hésitez donc pas à nous communiquer ceux dont vous avez connaissance.

• Et le rôle socio-culturel de la SABAM alors ?

Il est intéressant de signaler que le Ministère de la Justice vient enfin de désigner un délégué auprès des sociétés de gestion dont la SABAM en application de la loi de 1994. Peut-être se révélera-t-il à l’avenir un interlocuteur valable à l’écoute du secteur non marchand … .

La SABAM n’a-t-elle donc pas aussi un rôle à jouer au niveau socio-culturel ? On peut en effet s’interroger en constatant la triste réalité d’où tout dialogue est absent et dans laquelle aucune différence n’est faite entre les domaines socio-culturel et marchand. Au contraire, le système de tarification toujours marchandable à l’année et/ ou au nombre de concerts fait la part belle aux commerçants professionnels plus habitués aux tractations financières que les animateurs des maisons des jeunes ou que les collectifs d’amoureux de la musique oeuvrant, souvent bénévolement, pour le plaisir…

• La répartition des redevances payées par les organisateurs

Ne croyez pas que le groupe va retoucher de la SABAM la somme payée par l’organisateur du concert. Ici aussi, il y a une grille à l’aide de laquelle un nombre de points va être calculé et attribué au groupe.

Pour calculer la « valeur » de ces points, il y a un autre calcul à effectuer pour partager les montants disponibles suivant le nombre de points attribués. Et, bien sûr, n’oubliez pas le pourcentage de la SABAM !! Ne vous étonnez pas de ne recevoir que des clopinettes. Le mieux est encore de tenir votre propre comptabilité des concerts (et des sommes payées) pour pourvoir réclamer votre dû.

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Homophobie : Arc-en-ciel Wallonie s’engage dans les écoles

sur : enseignons.be

Homosexualite On le sait, l’Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) va bientôt faire son entrée dans nos écoles. C’était l’un des enjeux majeurs de la législature 2009-2014 pour la fédération Wallonie-Bruxelles. Mais il reste cependant au gouvernement à définir ce qu’est l’EVRAS, qui peut l’enseigner, combien d’heures pour quel niveau d’enseignement, etc. Pour Arc-en-Ciel Wallonie, qui regroupe les associations homosexuelles wallonnes, cette nouvelle mission de l’école est aussi l’occasion de sensibiliser les élèves à l’homosexualité et aux questions de genre.

Concrètement, l’association mettra bientôt en place des modules d’animation destinés au établissements secondaires. Des animateurs homosexuels se rendront dans les classes pour témoigner de leur vécu, répondre aux questions que pourraient se poser des adolescents. Les scénarios seront adaptés en fonction des souhaits des enseignants et de l’âge des élèves1. Jeux, clips musicaux, petits films… les outils ne manquent pas. « On a constaté qu’il y avait beaucoup de demandes de la part des enseignants qui souhaitent des sensibilisations à cette thématique, explique Thibaut Delsemme, en charge du projet. « Tout simplement parce qu’ils se sentent démunis lorsque ces questions arrivent en classe, dans la cour de récré… Ils préfèrent aussi parfois que ce soit une personne extérieure qui aborde le sujet. » Le plus souvent, ces activités sont organisées dans le cadre de journées pédagogiques ou de la diversité.

De jeunes gays et lesbiennes dans les écoles

Arc-en-Ciel Wallonie s’est inspiré d’une expérience québecoise où des interventions de ce type sont proposées depuis vingt ans déjà. « C’est très bien rodé. Un gay et une lesbienne se rendent à l’école et parlent un peu d’eux, de leur coming out… Il n’y a pas de tabou! Mais attention, ils connaissent leurs limites. » L’objectif est de démystifier l’homosexualité, expliquer qu’un homosexuel est une personne comme une autre… et donner des ressources (expliquer où les jeunes pourront trouver des informations près de chez eux… ou une oreille attentive). Le récit que raconteront les deux intervenants sur leur orientation sexuelle a également pour but d’amener les élèves à la réflexion et à adopter une attitude plus tolérante envers les gays et lesbiennes.

Thibaut Delsemme l’assure, l’opération ne sera pas un « one shot » mais permettra de créer un lien entre le jeune qui serait demandeur et les associations pouvant lui apporter une aide. L’intervention des équipe du planning familial est également envisagée.

On ne parle pas de prosélytisme ici mais simplement d’essayer d’avoir des écoles davantage ouvertes à la diversité.

Mais qui seront ces animateurs qui se rendront dans les écoles? « L’idée, c’est de fédérer plusieurs associations, de créer un groupe d’intervention détaché d’Arc-en-Ciel – mais coordonné ici à Liège – qui pourra agir dans toute la Belgique francophone. A terme, nous créerons un label spécifique2 que chaque association intéressée pourra intégrer et ainsi se rendre dans les écoles. » Les intervenants, tous bénévoles, seront bientôt recrutés, puis formés à la prise de parole, à la gestion de groupe… Car tout cela ne s’improvise pas. « Appel est lancé aux bonnes volontés : en échange d’un peu de votre temps, nous vous offrirons une formation et une belle expérience de vie qui est la rencontre avec des jeunes. »

Trop de ressources hétéronormées

Thibaut Delsemme et son équipe se donnent maintenant le temps de bien préparer le projet. Les premières rencontres pourraient avoir lieu début 2013. Et après, des sensibilisation auprès des enseignants? Ce n’est pas exclu… d’autant qu’un professeur convaincu adaptera forcément son discours et ses ressources… et en fera profiter tous ses élèves. « La plupart des leçons sont hétéronormées, avec un papa et une maman. Les élèves sont confrontés très jeunes à la sexualité… et rien que le fait de leur cacher l’homosexualité, de ne pas en parler, c’est quelque part la dénigrer. Un jeune qui se découvrirait plus tard homosexuel risque alors d’avoir intégré cette homophobie latente. C’est ça qu’il faut contrer. » Et puis, il y a les bricolages lors des fêtes… Quid du petit choupi qui a deux papas ou deux mamans? Un enseignant averti…3

  1. Prévoir deux plages de cours minimum. []
  2. Arc-en-Ciel organise déjà des séances d’information ponctuelles dans les écoles sous son propre label. []
  3. Pour plus d’informations : http://arcenciel-wallonie.be. []
Août 152012
 

Poils pubiens: laissez-les vivre!

  • 15 août 2012
  •  par F.T. sur : 360°
lovepoils

epilation-pour-homme
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Je suis poilu mais je me soigne

Une doctoresse américaine tire la sonnette d’alarme: le ratiboisage de nos entre-jambes est tout sauf «hygiénique». Elle appelle à une trêve dans la guerre déclarée aux poils depuis quelques années.

C’est devenu un marché stratégique pour les instituts de beautés et pour l’industrie cosmétique, qui vantent désormais ouvertement le look «lisse» ou «propre» de parties génitales débarrassées de leurs poils. On peut se perdre dans les explication psy ou sociologiques données sur le phénomène. Si elles diffèrent selon le sexe (les plus techniques étant la vogue du bikini pour les filles et la mise en valeur du pénis pour les mecs), elles ont un point commun: la croyance en ce que le rasage apportera davantage d’hygiène.

Or ce serait l’inverse, avance une professeure américaine. «Il y a un bon bout de temps que les chirurgiens se sont rendu compte que le fait de raser une partie du corps avant une intervention avait plutôt tendance à augmenter qu’à diminuer les infections, écrit le Dr Emily Gibson sur le blog AlterNet.org. Quels que soient les armes sophistiquées utilisées – lames, rasoirs électriques, pinces, cire, crème dépilatoires, électrolyse – le poil, comme la mauvaise herbe, reprend toujours le dessus. Pendant ce temps, la peau se transforme en champ de bataille.»

Joyeux bouillon de culture
L’épilation irrite, enflamme et laisse des plaies microscopiques, surtout s’il est – et il l’est forcément – répété. La suite est facile à deviner, poursuit le médecin. «Quand cette irritation se combine avec l’environnement humide des parties génitales, cela devient une joyeux bouillon de culture pour les plus méchantes des bactéries pathogènes: streptocoques, staphylocoque dorés, etc.» Le médecin souligne qu’il n’est pas exceptionnel pour les adeptes de la peau lisse de se retrouver avec des pustules, voire des abcès au pire endroit imaginable. Bon appétit. Et ce n’est pas tout: les microlésions seraient également une porte d’entrée pour les infections sexuellement transmissibles, comme l’herpès.

Pitié, une trêve! implore la généraliste. Elle rappelle que les poils pubiens ont leur raison d’être: adoucir le frottement susceptible d’endommager la peau, mais aussi la protéger des bactéries. A cet égard, ce n’est certainement pas quelque chose dont on doit être embarrassé ou honteux. Reste à convaincre les adeptes du string pendant ces dernières semaines à la plage.

 

 
France

Jeanne d’Arc, «trans, séropo, lesbienne…»

  • 1er mai 2012
  •  par F.T. sur : 360°
actup-jeanne

A l’initiative d’Act Up Paris, une centaine de militants lesbiennes, gay, bi et trans se sont rassemblés hier au pied de la statue de l’héroïne. Objectif: la convertir en une figure de résistance anti-FN.

 

Une centaines d’activistes d’Act Up Paris et sympathisants se sont réunis hier au pied de la statue, dans le 1er arrondissement de la capitale, à la veille d’un rassemblement du Front National sur le même site. Rebaptisant Jeanne d’Arc «Jihane», les militants ont dénoncé le discours de haine tous azimuts par le parti de Marine Le Pen et récupéré par le président-candidat Nicolas Sarkozy. A cette occasion, Act Up rendait également hommage à Brahim Bouarram, tué en marge d’un cortège du FN le 1er mai 1995 «parce qu’il était marocain et qu’il se promenant sur un lieu de drague homo».

 

La contraception pour sauver la planète

La planète Terre, vue par la Nasa

La planète est en danger. Ce cri d’alarme n’est pas nouveau, pourtant peu est fait pour enrayer la tragédie annoncée et aucune direction commune claire n’est avancée.

Pour pallier cela, la Royal Society (l’académie des sciences britanniques), dans un rapport intitulé «La population et la planète», appelle les gouvernements à mettre la démographie au cœur de leurs agendas politiques. Selon le rapport:

«Le nombre de personnes vivant sur la planète n’a jamais été aussi élevé, leur niveau de consommation est sans précédent et de grands changements sont en train de s’opérer dans l’environnement. Nous pouvons choisir de rééquilibrer l’utilisation des ressources afin d’avoir un niveau de consommation égalitaire… ou nous pouvons choisir de ne rien faire et dériver dans une spirale de baisse économique et de maux environnementaux engendrant un avenir avec encore plus d’inégalités et inhospitalier.»

La solution privilégiée par le rapport pour baisser cette croissance démographique que la Terre ne pourra supporter? Une méthode de contraception offerte à toutes les femmes qui le souhaitent, notamment dans les pays en développement. Dans Raw Story, Ekliya Zulu, l’un des auteurs du rapport et président de l’Union pour l’étude des populations africaines, explique:

«Quand nous ralentissons l’essor démographique, nous donnons du pouvoir aux femmes et nous fournissons plus d’argent pour les pays en développement pour investir dans l’éducation. La plupart des femmes veulent moins d’enfants. La demande de baisse de fertilité est là

Car si la croissance démographique viendra des pays dits du Sud, elle affectera les pays du Nord, comme le confirme, sur la BBC le professeur Sarah Harper, co-auteur de l’étude:

«Nous sommes beaucoup trop accrochés aux chiffres, qui cachent les subtils mais importants changements qui sont derrières. La population devient de plus en plus dense à mesure que les gens s’installent dans les zones urbaines (…) comme nous devons plus mobiles, la distribution de la population change.»

Ainsi, si rien n’est fait au niveau démographique et que la population continue d’augmenter, les pays développés devront construire l’équivalent d’une ville d’un million d’habitants tous les cinq jours d’ici à 2050.

 LU SUR RAW STORY

Photo: La planète Terre, vue par la Nasa
 

Maison Arc-en-Ciel de Bruxelles

IT’S + TO BE YOURSELF

A partir d’avril 2012, le HIV-Café ouvrira enfin ses portes au 42 rue du Marché au Charbon, 1000 Bruxelles. Son concept est simple : offrir l’espace le plus « séro-friendly » de Bruxelles aux personnes séropositives, leurs amis, leur entourage, mais aussi à toutes celles et ceux qui voudrons être présents. Tous les derniers dimanche du mois, de 16:00 à 23:00, le HIV-Café sera le café de tout le monde. en savoir plus

 

Initiation à l’autodéfense pour les femmes

 

 

Les 20, 21 et 22 mars 2012, de 18h à 20h au Palais du Midi (salle des conférences).

Dans le cadre de la Journée mondiale de la Femme, la Ville de Bruxelles organise, en collaboration avec l’association Garance, des ateliers d’initiation à l’autodéfense.

Cette initiation, entièrement gratuite, propose des stratégies simples pour éviter des situations d’agression, pour pouvoir mettre ses limites tant verbalement que non verbalement et pour découvrir des techniques de défense.

En français et en néerlandais

Ces activités s’organisent en français le mardi 20 mars et le mercredi 21 mars et en néerlandais le jeudi 22 mars.

Inscriptions

Les inscriptions aurpès de la Cellule Egalité des chances sont obligatoires :

 

censure en Tunisie

Aaah, la censure… Tout le monde le sait, tout le monde en parle… Mais, ce qui se passe ces derniers jours en Tunisie est phénoménal; l’opération de censure massive la plus violente depuis longtemps… Il ne reste plus rien sur Internet en Tunisie !! Presque tous les sites de partage de vidéos, photos et informations ont été censurés, récemment flickr, wat.tv, bbc, metacafé, 20minutes, des agrégateurs comme tuniblogs et la liste est encore longue.
source: tunibox
Auteur : Hichem Jouini

Prévention: Act Up-Paris s’inquiète de la censure en Tunisie

Publié par sur: yagg Début janvier, une pièce traitant du sida, Danse avec le singe, de Taoufik Jebali, a été interdite d’antenne en Tunisie. Selon Act Up-Paris, la chaine l’aura  jugée trop choquante. Pour Act Up-Paris, cela vient à renforcer le tabou du sida: «En refusant la diffusion d’une œuvre qui invite à ne pas discriminer les séropos, le ministre de la culture et la direction de la télévision tunisienne (sous la tutelle de ce dernier) entretiennent les stéréotypes sérophobes, le rejet des personnes séropositives et font reculer les efforts de prévention et d’information réalisés par le passé, et ici précisément par un artiste.» Act Up-Paris rappelle aussi que le nouveau ministre des droits de l’Homme tunisien, Samir Dilou, demande aux personnes LGBT de «respecter les lignes rouges fixées par notre religion, notre héritage et notre civilisation». Selon Act Up-Paris, le silence sur le sida et les discrimations envers les homosexuels ne peuvent que renforcer l’épidémie.

 

Souffrance, tabou social et inertie éducative….

source: hados.unblog

L’adolescence est une période difficile par nature… L’homophobie et l’absence de traitement de la condition homosexuelle durant la scolarité sont des facteurs de risque  de suicide chez l’adolescent gay…

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Le suicide est la seconde cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans et la première cause pour les 25 — 34 ans. De plus, et selon les études, le taux de suicide (et de tentative) chez les adolescents homosexuels ou bisexuels est entre 6 et 14 fois supérieure à celle de la population hétérosexuelle d’une même classe d’âge. Les raisons principales de ce douloureux constat sont diverses. D’une part, un contexte socio culturel discriminant, une imagerie péjorative de l’homosexualité, propos et actes homophobes. Autant de causes de mal-être et de souffrance des jeunes gays et lesbiennes. D’autre part, l’absence de traitement de la question homosexuelle durant la scolarité, l’hétérocentrisme, le défaut de visibilité d’une communauté adolescente gay et le déni même de son existence n’assurent pas un environnement propre à prévenir suicides, dépressions, comportements à risques, agressions et propos homophobes.Il ne faut pas confondre homosexualité, pratique homosexuelle et désir homosexuel.A l’adolescence la transformation pubertaire et la recherche identitaire brouillent les genres. De nombreux jeunes découvrent en même temps que leur corps celui de leurs congénères, la fameuse séance de douche post EPS, et leur sexualité. Les phénomènes de groupe et de  » bande  » conduisent dans ce contexte à des désirs homosexuels voire des pratiques homosexuelles sans pour autant que l’adolescent soit gay par nature.Par définition l’adolescence est une période difficile. Elle se traduit par une recherche et une quête identitaire ou l’adulte en devenir cherche autant une identité propre, à s’affirmer individuellement, que désire s’inscrire dans la communauté et appartenir à un groupe, à s’identifier collectivement.Dans ce schéma, le jeune gay ou la jeune lesbienne, subit cette période avec d’autant plus de difficulté que son homosexualité est une cause supplémentaire d’isolement et de sentiment de rejet.

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Les études nord américaines ont montré que le premier sentiment d’être Gay intervient souvent dès la pré adolescence et environ 6% des jeunes entre 15 et 18 ans se déclarent attirés par le même sexe à l’exclusion ou non d’une attirance pour le sexe opposé.Pour autant, la condition de l’adolescent homosexuel reste l’un des derniers tabous de notre société au prix d’un taux de suicide fortement plus élevé, et a fortiori de tentative et de dépression, que celui de la communauté hétérosexuelle. Ces même études ont démontré que ce fort taux n’est pas dû à l’homosexualité proprement dite de l’adolescent gay mais à l’environnement socio culturel de celui-ci qui le pousse à cette extrémité. En l’absence d’étude française, voire européenne, nous ne disposons pas de statistiques pour notre pays. Craignons qu’elles soient proches.Pour autant et sans trop s’avancer, nous pouvons faire le constat simple qu’une minorité de jeunes gays et lesbiennes s’assument, se revendiquent et vivent librement leur homosexualité au risque de faire l’objet d’un rejet de leurs camarades, de propos ou actes homophobes ou de se couper de leur milieu familial.La grande majorité préfère se cacher et adopter une  » stratégie de survie  » dans un environnement qui ne les reconnaît pas. L’hétérocentrisme flagrant de la population en général, et de la population adolescente, en particulier, amène les jeunes gays à adopter les codes de genre de leurs camarades hétérosexuels qui tiennent des propos ou commettent même des agressions homophobes. De victime, certains préfèrent la condition de bourreau. A quel prix ? Celui de la négation de soi, d’une distorsion entre son identité propre et une identité exprimée, causes de mal être.Pour les autres, ils sont l’objet de moqueries ou d’un rejet de leurs camarades sur de simples constations de différenciation (look, , comportement dit  » efféminé  » pour les jeunes gays et de  » garçon manqué  » pour les jeunes lesbiennes.) bien que pour beaucoup il ne s’agisse que de brimades sans incidences.Les adolescents, pas plus que les adultes, ne mesurent les conséquences néfastes de telles attitudes sur des individus fragilisés ou marginalisés. Les jeunes hétérosexuels ne prennent pas la défense de leurs camarades faisant l’objet de telles brimades de peur d’être catalogués eux mêmes Gays et de faire l’objet à leur tour d’une exclusion du groupe. Les intéressés, à défaut d’interlocuteurs à même de les écouter, n’osent pas se plaindre d’un tel traitement de peur de se dévoiler.

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Ce tableau vous paraît bien noir ? Pourtant, c’est celui auquel est confrontée quotidiennement et de manière solitaire la majorité des adolescents homosexuels et qui les conduit jusqu’au suicide. Néanmoins, des comportements prédéterminants et des signes permettent de détecter et de prévenir les troubles de l’adolescent gay: échec scolaire, forte consommation d’alcool ou de tabac, prise de drogues ou de médicaments, crises maniaco-dépressives. Mais n’est-ce pas déjà faire le constat de l’échec de notre société à assurer un traitement raisonné de l’homosexualité des adolescents comme fait social ?Aussi, la cause de la souffrance des adolescents gays, soit l’environnement socio culturel dans lequel ils évoluent, peu devenir l’élément même de leur épanouissement et de l’admission de leur homosexualité. Il est désormais temps que le système scolaire, lieu de vie et d’apprentissage de la jeunesse par excellence, ouvre les yeux. 80% de taux de réussite au Bac. A la bonne heure ! Quand un pourcentage significatif de la population adolescente est en état de souffrance il importe d’avantage de les assister et les aider que d’en faire des bacheliers dépressifs ou suicidaires. N’est ce pas le rôle même de l’enseignement laïc et républicain que de former des êtres autonomes et accomplis ? L’accès à la citoyenneté, voeu pieu de l’enseignement, et l’éducation de nos adultes en devenir pourraient s’enorgueillir d’un traitement de la condition homosexuelle propre à garantir nos libertés publiques et soucieux du respect des libertés individuelles de chacun.A notre époque, l’homosexualité est le dernier sujet tabou à l’école. L’éducation sexuelle n’est envisagée que sous l’angle reproductif, j’oserais dire technique ou de sa maîtrise, la contraception. Ou alors, la sexualité est abordée sous un angle négatif, celui des MST. De plus, et en l’absence d’un traitement médiatique, culturel, littéraire voire même musical de l’homosexualité durant l’adolescence, les jeunes gays et lesbiennes ne trouvent aucun élément commun d’identification nécessaire à leur sentiment d’appartenance à un groupe ou même propre à leur montrer qu’ils ne sont pas seuls, brisant ainsi le sentiment de solitude qui les animent. L’imagerie traditionnelle adolescente (feuilletons, émission real TV, BD, films d’action.) ne montre qu’une image unique et stéréotypée, celle d’une adolescence exclusivement hétérosexuelle, même virilisante et machiste. Doit-on attendre l’arrivée annoncée de gays ou lesbiennes dans le second Loft Story pour montrer à notre jeune population que l’on peut être un jeune pédé ou une jeune goudou et être bien dans ses baskets ?

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Il appartient à l’éducation nationale d’entretenir une image réelle de l’homosexualité, non prosélyte, en traitant objectivement le fait homosexuel et en l’insérant dans les programmes (cours d’éducation aux sexualités, approche historique de la question gay, approche de l’homosexualité sous l’angle des libertés publiques au même titre que le racisme, la xénophobie.) et en sanctionnant les propos et actes homophobes au sein des établissements.Pour autant, l’éducation nationale devra, outre une formation et une sensibilisation de son personnel à ces questions, vaincre ses propres réticences quand on sait que beaucoup d’enseignants gays se cachent de peur de perdre leur crédibilité, et au-delà leur autorité, face aux élèves ou d’être invectivés par les parents d’élève ou l’administration.L’assistance individuelle de l’adolescent homosexuel doit aussi être renforcée. Quand celui-ci a peur de se confier à ses parents ou un camarade il doit pouvoir trouver un endroit propre à le sécuriser et à l’écouter. La prise en charge individuelle de la détresse d’un jeune gay est une priorité absolue mais le manque de moyen du personnel social au sein des établissements scolaire est criant. Psychologues scolaires, assistantes sociales, infirmières scolaires font défaut. Pourtant ils sont souvent les premiers témoins de confidences et les plus à même à détecter un malaise latent qui peut dégénérer en drame suicidaire.

Enfin, il est regrettable de constater qu’un écart s’opère entre la condition des jeunes gays et lesbiennes et celle de leurs aînés. Ces derniers ont su s’organiser, se réunir, se rassembler pour faire avancer leur condition alors que les plus jeunes d’entre eux voient encore leur existence niée et leur condition laissée à l’abandon. La société n’a t-elle pas pour devoir de reconnaître et de porter assistance à une partie de sa jeunesse ? A défaut c’est son avenir même qu’elle compromet.

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