Pini dans les coulisses

Lu sur Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur : « Nous ne savons pas grand-chose de , Charles- Marie Flor O’Squarr. Nous ne connaissons même pas sa date de naissance. Tout juste pouvons-nous avancer que cet écrivain et publiciste belge a suivi la voie tracée par son père Joseph Charles (1830-1890) dont il reprend d’ailleurs le pseudonyme. Il a été rédacteur au Figaro et au Petit Parisien avant d’entrer au Matin. Décédé en 1921, il était aussi correspondant en Belgique du Temps. Auteur aujourd’hui oublié, il demeure néanmoins une référence pour qui étudie le mouvement anarchiste français. Ses Coulisses de l’anarchie ont paru tout juste après l’exécution de Ravachol en 1892. Si l’auteur cherche un coup médiatique évident à la manière du Péril anarchiste de Félix Dubois deux ans plus tard, force est alors de reconnaitre que son livre fourmille de renseignements malgré les a-priori de son temps.
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« Bande originale d’une révolution » (vidéo)

Lu sur UtopLib : « Au même titre que la non-violence, le chant fut le pilier, souvent méconnu du mouvement des droits civiques. Face aux exactions de la population et à la répression des autorités dans les villes ségrégationnistes, les activistes du mouvement opposèrent en musique une résistance pacifique. Preuve de leur détermination et signe de ralliement, des morceaux comme « We shall overcome » ou « This little light of mine » devinrent des hymnes à la liberté. Interprétés par des artistes comme Wyclef Jean, Angie Stone ou Mary Mary, ces airs alternent avec des images d’archives des grandes marches retraçant l’histoire de la lutte pour les droits civiques. Les témoignages de militants de cette cause comme Lula Joe Williams et John Lewis complètent ce film passionnant. » (Arte)
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Editions Florent Massot, 2010 – 253 pages
Rudolf Brazda regarda la grille du camp une dernière fois. Il pouvait partir. C’était fini… Quelques semaines plus tôt, il était encore le matricule 7952, le cinquième à porter ce numéro. Il y avait eu, avant lui, deux Polonais. Transférés. Deux ressortissants du Reich. Décédés. Mais des cinq, il avait été le seul déporté pour homosexualité, le seul à porter un triangle rose. A l’aube de ses 97 ans, Rudolf Brazda nous livre ici un témoignage unique et rare, étayé par un rigoureux travail de recherche historique. De la montée du nazisme en Allemagne à l’invasion de la Tchécoslovaquie, de l’insouciance du début des années 1930 à l’horreur du camp de Buchenwald, cet ouvrage révèle – et c’est une première – le détail des enquêtes policières ayant visé de nombreux homosexuels dans l’Etat nazi. Il aborde également, avec tact mais sans tabou, la question de la sexualité dans un camp de concentration. C’est l’histoire d’un Triangle rose…
 

Comme un chien

En 1997, Ji Ro, petit pédé tendance anar, croise trois mecs qui lui font sa fête. Coups de pied, coups de poing, coups de bite. Rapidement, il se pose des questions et cherche une réponse à ce tabassage et à ce viol... alors qu'il n'est franchement pas pote avec la machine police-justice-prison.

En 1997, Ji Ro, petit pédé tendance anarko-punky, croise trois mecs qui lui font sa fête. Coups de pied, coups de poing, coups de bite. Menace de mort. Dans ce témoignage, l’auteur se pose des questions sur la victimisation, l’homophobie, les violences, etc. Faut-il ou ne faut-il pas porter plainte lorsqu’on n’est pas copain avec la machine police-justice-prison ? Et quelles en sont les conséquences…

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 Ji Ro a pas mal traîné dans les scènes punks et squats européennes des années 80 et 90. Vivre libre ou mourir. Activiste queer à Lyon, il créé le fanzine « Star » en 1992, puis écrit dans BangBang, fanzine pédé et tapette radicale francophone. Mais sa rencontre avec trois mecs homophobes et brutaux, un soir d’automne, lui posera tout un tas de questions, entre utopies et évidences, et bouleversera ses certitudes et incertitudes. Témoignage…

Ce petit livre a été imprimé sur les Presses du Foulga, imprimerie associative et participative. Comme un chien, 71 pages, 4.5 euros.

Chronique de Têtu : « Joliment raconté. Une écriture rapide pour un petit livre bien fait. Rien à ajouter! »                                                                                                                 http://www.tetu.com/actualites/culture/au-rayon-livres-un-viol-un-jeune-homme-ambitieux-et-un-guide-parisien-23113

Suite à la publication de « Comme un chien » de Ji Ro, interview sur Canal Sud/Toulouse le 06.02.2013
Vous pouvez acceder au fichier « 2013_02_06_JiRo.mp3 » à l’adresse suivante:
http://dl.free.fr/nTvtykiLi

« Comme un chien » est en dépôt à :

Carcassonne – Librairie Mots et Cie, 35 rue Armagnac ; Limoges – Association Undersounds, 6 rue de Gorre ; Lyon – Librairie La Gryphe, 5 rue Sébastien Gryphe 69007 – Terre des livres, 86 rue de Marseille 69007 ; Marseille – Librairie L’odeur du temps, 35 rue Pavillon, 13001 ; Paris – Le Monte-en-l’air, 2 rue de la Mare / 71 rue de Ménilmontant, 75020 – Les Mots à la Bouche, 6 rue Ste-Croix de la Bretonnerie, 75004 – Quilombo, 23 rue Voltaire, 75011 – Violette And Co, 102 rue de Charonne, 75011 ; Rabastens – Ex-vinylo, 11 bis place Notre-Dame du Bourg ; Toulouse – Amalante, librairie itinérante – Bibliothèque Le Placard Brûle, TDB – Le Kiosk, 3 rue Escoussières – Le Syndrôme de Galilée, distro – Librairie de la Renaissance, 1 allée Marc Saint-Saëns – Librairie du Chat Noir, 18 avenue de la Gloire – Librairie Etudes Mirail, 5 allées Antonio Machado – Librairie Floury Frères, 36 rue de la Colombette – Librairie Ombres Blanches, 50 rue Gambetta – Terra Nova, 18 rue Gambetta ; Saint-Jean-du-Gard, Bibliothèque/infokiosk, 152 Grand-rue.

« Comme un chien » a été sélectionné pour le PRIX DU ROMAN GAY 2013 organisé par LES ÉDITIONS DU FRIGO (voir communiqué de presse sur son site http://www.editionsdufrigo.com)
merci à vous.

Août 222013
 

Punks russes : idéologie, musique et mode de vie

à lire : ici

 
L’affaire Giuseppe Pinelli

Giuseppe Pinelli

Giuseppe Pinelli

L sur le blog de Floréal : « Le 12 décembre 1969 avait lieu piazza Fontana, à Milan, un attentat fasciste à la Banque de l’Agriculture, qui fit seize morts et plusieurs dizaines de blessés. Dans la nuit qui suit, la police se livre à une véritable rafle au sein du mouvement anarchiste, arrêtant nombre de ses militants, dont le cheminot Giuseppe Pinelli. Retenu illégalement à la préfecture de police et interrogé par le commissaire Luigi Calabresi et ses sbires, Giuseppe Pinelli trouvera la mort en étant défenestré du quatrième étage de l’immeuble, dans la nuit du 15 décembre.

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Approches féministes et pensées queer en Europe

Feminist approaches and queer theory in Europe
par Fabienne Dumont
à lire : ici
 
Je veux bien qu’on se voit, mais je suis vénal : la prostitution masculine.

 

Je suis vénal.

Tu payes ?

100 euros, je te laisse me sucer.

Si vous êtes un homme et que vous fréquentez les sites de rencontre pour hommes, vous avez peut-être déjà reçu ce genre de réponse. Il faut dire que depuis l’avènement du world wide web, les mecs qui se prostituent ont déserté nos rues pour se cantonner presqu’uniquement à l’Internet. La prostitution masculine existe depuis la nuit des temps. Elle a évolué avec la technologie. Elle est surtout bien plus multiforme qu’on ne le croit.

Il y a 20 ans, à Liège, des hommes et des adolescents se prostituaient Place de la république française, nous raconte Benjamin, éducateur de rue. Aucune asbl ne travaillait avec ce public-là. C’est pour ça qu’en 1991, Icar-Wallonie a été créée.

A l’époque, l’Internet n’existe pas. Le tapin se fait en rue, que l’on soit homme ou femme. Et les besoins des travailleurs du sexe sont criants : préservatifs (et éventuellement info sur les IST), lubrifiant, aide sociale ou administrative, soins de santé,… Icar-Wallonie décide de mettre le pied à l’étrier et va sur le terrain.

On accompagne les personnes dans leur projet de vie, explique Benjamin. Nous, on fournit de l’aide à celles et ceux qui en souhaitent. Aux autres, on montre qu’on est là et qu’ils peuvent compter sur nous.

C’est le leitmotiv de l’asbl : pas de dirigisme. La philosophie d’intervention d’Icar-Wallonie, expliquée dans les statuts de l’organisme, est basée sur la reconnaissance que la personne prostituée est une citoyenne à part entière et qu’elle a le droit d’être entendue. L’association aide indifféremment les personnes qui souhaitent sortir de la prostitution comme celles qui souhaitent en faire leur métier.

Et ça marche. Le nombre de personnes de contact sur le terrain se multiplie : des prostitué-e-s, des clients, des poteaux (des gens du quartier), des ex-prostitué-e-s. Et un véritable service d’aide sociale est mis en place.

Au début des années 2000, un changement s’opère. Des travaux sont entrepris place de la République française et de plus en plus de clients potentiels ont accès à un ordinateur avec une connexion Internet. Petit à petit, la prostitution masculine va investir les sites de rencontre : Gayroméo, Gaypax, Gayonline, gay.be, Gaydar et plus tard Grindr.

A Bruxelles, au parc royal, on trouve encore de la prostitution masculine extérieure. A Liège, c’est presque fini, poursuit Benjamin. On doit adapter nos méthodes aux nouvelles technologies.

La prostitution a toujours été multiforme. De l’étudiant bourgeois qui propose des fellations tarifées pour se faire de l’argent de poche à l’immigré roumain de première génération qui a besoin de se prostituer pour survivre, le continuum des profils des prostitués se décline à l’infini.

Ceux qui ont accès à l’Internet ne sont pas les plus à plaindre, probablement. Sous-vêtement Calvin Klein, t-shirt Abercrombie,… sur le web, de nombreux adolescents roulent des mécaniques pour se donner au plus offrant. Souvent sans prendre la peine de créer un profil escort, trop voyant.

On discute avec pas mal de jeunes hommes qui se prostituent jusque 30 ans. Après, ils arrêtent. Mais on doit encore développer les contacts dans les lieux de sortie gays ou gay-friendly, continue Benjamin. Dans certaines villes, les saunas gays ou bi, les cinémas porno et les bars avec backrooms offrent une discrétion suffisante pour les prostitués et leurs clients.

La prostitution féminine quant à elle n’a pas suivi cette tendance. La précarité de certaines femmes et les liens avec la toxicomanie sont beaucoup plus présents. Et beaucoup de prostituées ne se sentiraient pas en sécurité en travaillant sur le web. Elles préfèrent la sécurité relative de la vitrine ou au moins le contact visuel direct avec le client, conclut Benjamin.

Loin des positions abolitionnistes qui agitent la France, l’approche holistique et pragmatique d’Icar-Wallonie a permis d’obtenir la confiance de nombreux hommes et femmes dont la prostitution est une source de revenu. Et les services proposés diminuent d’autant la précarité de ce public qui, quelques fois, en a bien besoin.

 

Vincent Bonhomme

Coordonnées :

Antenne de Liège :

Rue Tour-en-Bêche, 2A à 4000 Liège

Tel : 04 223 18 26

GSM : 0499 388 846

 

Antenne de Seraing :

Rue P. De Marnix, 184 à 4100 Seraing

GSM : 0496 214 305

 

http://www.icar-wallonie.be/

 
Histoire

Herculine, le destin d’une intersexe au XIXe siècle

sur : 360°

herculine

Née femme, réassignée homme à 21 ans et suicidé au gaz à 30: Herculine-Abel Barbin illustre le régime d’obsession du «vrai sexe» dont nous ne sommes pas encore sortis.

Peut-être que la reconnaissance du mélange des sexes dans un même corps passera un jour par la transformation de certaines règles du langage. En effet, quel pronom employer pour parler d’une personne qui ne se sent ni homme, ni femme? Et quel accord de l’adjectif cette même personne peut-elle adopter lorsqu’elle parle d’elle-même ? En dépit des innombrables nuances que recèlent les langages humains pour décrire la réalité, force est de constater que le nôtre reste hanté par un puissant dualisme en ce qui concerne l’identité sexuelle.

Adélaïde Herculine Barbin en illustre la pathétique expérience. A la première page des mémoires qu’elle rédigea peu de temps avant de se donner la mort dans une chambre miteuse de Paris, elle écrit tantôt sous les traits du masculin: «J’ai beaucoup souffert, et j’ai souffert seul! seul! abandonné de tous!», puis quelques lignes plus loin, sous ceux du féminin: «J’étais froide, timide, et, en quelque sorte, insensible, à toutes ces joies bruyantes et ingénues qui font épanouir un visage d’enfant.» Dans une langue où miroitent les interdits et les lois morales de la société, Herculine raconte sa double vie, ses plaisirs et ses souffrances, en prenant soin d’éviter une identification définitive à l’un ou l’autre sexe. Elle va et vient entre les pôles de l’assignation sexuelle, refusant de choisir entre le masculin et le féminin, adopte Camille comme prénom d’emprunt et préserve la vérité de son sexe incertain en ne décrivant qu’allusivement les ardeurs adolescentes dont son corps malingre devient progressivement le théâtre.

Parcours de vie
Née en 1838, élevée humblement au gré des maisons religieuses par des cœurs pieux de femmes qui lui délivrent une bonne instruction, elle s’improvise camériste dans la maison où sa mère officie comme gouvernante pour un vénérable vieillard dont elle devient par la suite la lectrice et la secrétaire. Elle s’éprend de la petite fille du patriarche qui, peu de temps après, se marie et la laisse anéantie. S’ouvre alors une période consacrée à l’enseignement dans un environnement exclusivement féminin. Après l’obtention de son brevet à l’école normale, elle entre au couvent pour une formation d’élève-maîtresse. Sous les poussées hormonales, son corps se transforme, la pilosité se développe, la musculature de ses membres s’affirme. Mais c’est toujours sous les traits d’une pudeur élusive qu’elle décrit ses émotions et les modifications de son anatomie, dans un langage hanté par la fatalité, l’erreur, la honte morale, et l’impuissance à exprimer, sans jamais emprunter au vocabulaire médical, ni faire référence à l’appareil génital. «Quelque chose d’instinctif se révélait en moi», «Je ne sais quel trouble inexprimable vint me saisir », «J’étais honteux de l’énorme distance qui me séparait d’elles».

Promue chef adjointe dans un pensionnat pour jeunes filles, elle s’y éprend de la fille de la directrice, devient son amant, dort dans son lit, se soumet à son «cœur de feu» sans éveiller les soupçons et cesser d’être aimée de ses compagnes. Jusqu’au jour où, rattrapée par la vérité de son corps, accablée par des douleurs physiques et «d’étranges hallucinations », elle se livre au confesseur du village qui sollicite un examen médical. Surprise générale. Départs de rumeurs villageoises. Peu de temps après, et un nouveau diagnostic médical qui confirme la prédominance de traits mâles, l’«erreur» est rectifiée, et Herculine Barbin voit son état officiellement modifié par jugement du tribunal civil de Saint d’Angély le 21 juin 1860.

Elle qui écrivait: «Ai-je été coupable, criminel, parce qu’une erreur grossière m’avait assigné dans le monde une place qui n’aurait pas dû être la mienne?», la voici devenue Abel et, vêtue d’un nouveau costume, elle fuit sur les conseils du préfet, afin d’éviter le scandale et le déshonneur de la famille qui l’employa, à Paris, pour y travailler aux chemins de fer. Les pages parcellaires des mémoires qui suivent l’événement, et qui nous sont parvenues par l’intermédiaire du médecin qui découvrit le corps après son suicide, montrent que, loin d’atténuer chez elle le sentiment de la fatalité, cette réassignation au grand jour eut au contraire pour effet de le renforcer. Traversées par l’expression d’une extrême solitude dans une métropole où elle ne trouve finalement ni à s’employer, ni à se lier; progressivement inondées de dégoût, d’amertume et d’angoisse paranoïaque, les dernières pages des souvenirs d’Herculine Barbin constituent le chant déchirant d’une mort au monde qui surviendra finalement en février 1868.

Postérité
Le cas d’Herculine-Adélaïde-Abel Barbin constitue un document rare dans l’histoire de la sexualité. C’est une des premières fois qu’un cas d’hermaphrodisme se présente pour ainsi dire de l’intérieur, en posant face aux discours dominants sur le sujet (religieux, juridique et médical), une autre parole, subjective et émotive. Il inspirera plusieurs écrits, tant dans le domaine de la médecine légale, que dans les arts et les humanités. En 1860, lors de la réassignation officielle de la jeune femme, de nombreux articles de presse paraissent dans les journaux régionaux, faisant enfler la rumeur (dont les souvenirs portent le témoignage horrifié) avant que l’information ne remonte jusqu’à Paris pour alimenter les quotidiens nationaux. Le ton y est tantôt marqué par une pitié condescendante, tantôt aiguisé par la passion du spectacle et du monstrueux. L’idée qui domine alors, c’est qu’une erreur de sexe a été reconnue, et rectifiée grâce à la science. A aucun moment l’ambiguïté, l’idée de la juxtaposition de deux sexes en un seul corps n’est mentionnée par des journalistes qui restent tributaires du paradigme médical-légal en vigueur.

Chasse à l’identité
C’est le docteur Ambroise Tardieu (à qui le docteur Régnier, qui pratiqua l’autopsie, transmit le manuscrit) qui le premier publia les souvenirs d’Herculine, incomplètement d’ailleurs, en seconde partie d’un livre de 1874 sur la Question médico-légale de l’identité. Cette version nous est parvenue par l’intermédiaire de Michel Foucault, dont les recherches préparatoires pour son Histoire de la sexualité en trois volumes le conduisirent à découvrir au département de l’Hygiène publique de Paris le livre de Tardieu. L’interprétation qu’il donne de cette vie parallèle (c’est le nom de la collection dans laquelle paraîtra en 1978 le texte chez Gallimard) découle de son analyse des discours biologiques et juridiques. Il observe qu’à partir de la fin du 18e siècle, ceux-ci tendent à évacuer l’idée d’un mélange des deux sexes en un seul corps et à restreindre l’accès à l’autodétermination des individus que le moyen âge autorisait. Brutalement coupée de l’environnement monosexuel du pensionnat, «des limbes heureuses d’une non identité» selon les mots de Foucault, Herculine-Abel Barbin se heurte à la violence de ce qu’il appelle la nécessité du «sexe vrai», devenant ainsi «l’un de ces héros malheureux de la chasse à l’identité» qui fut particulièrement intense dans les années 1860-70.

Cette vision quelque peu romantique proposée par Foucault, d’une intersexualité vécue harmonieusement avant la réassignation, sera contestée par Judith Butler en 1990, dans son livre Gender Trouble. Elle y consacre un chapitre au cas d’Herculine pour montrer en quoi Foucault contredit sa propre position qu’il développera dans son Histoire de la sexualité: à savoir qu’il ne saurait y avoir d’identité sexuelle originelle. Celle-ci étant toujours déjà construite, prise dans les mailles du système de domination et des lois sociales dont le langage est peut-être bien le premier révélateur.

Herculine Barbin dit Alexina B., présenté par Michel Foucault, Paris, Gallimard, 1978.

 

BX-Hell Underground (1): 1976-1983 – Punk, radios libres et fun avant tout pour Dan Mac Roll

Voyages temporels chez les punks et les fanas de drum & bass, du côté du hardcore et du hip hop, avec à la clé des interviews/podcasts, des playlists et une chronique résumant le topo , ici

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