Juil 192012
 

VIH: les gays afro-américains toujours plus vulnérables

Par Luc Biecq jeudi 19 juillet 2012 sur : tétu

Un rapport confirme qu’outre-Atlantique, les gays noirs forment le groupe le plus touché par le VIH. L’institut Black AIDS dénonce l’indifférence des associations LGBT.

I Love My Boo, une campagne en 2010 pour la santé gays noirs américains (lire notre article).

Est-ce un effet de loupe? Non, la prévalence du VIH parmi les hommes gays ou bisexuels noirs serait deux fois plus élevé que chez les homos et bi blancs. Plus grave encore: après le diagnostic, ils ont bien plus de risques de développer des maladies opportunistes, tant l’accès aux traitements reste un problème.

Situation dramatique
Trois jours avant le début de la conférence AIDS 2012, qui a lieu du 22 au 27 juillet à Washington, les résultats scientifiques arrivent par rafale. Selon un rapport publié mercredi par l’Institut Black AIDS, la situation est dramatique: dans certaines villes américaines, comme Memphis, au Tennessee ou Richmond, en Virginie, un Noir sur deux ayant des relations avec des hommes est porteur du VIH. Le sujet n’est plus tabou depuis longtemps, et le site Queerty, pour ne citer que lui, évoque le sujet régulièrement. Ce qui est nouveau, c’est que l’Institut Black AIDS, un groupe de réflexion, tire la sonnette d’alarme sans mâcher ses mots: «Le sida en Amérique est une maladie de Noirs, peu importe l’angle que l’on prend pour regarder cette question», explique le président de l’institut, Phill Wilson, lui-même séropositif.

Le rapport de 74 pages qu’il publie révèle aussi qu’en comparaison, les chances de survie des gay séropositifs noirs sont bien moindres que celles des séropositifs blancs ou hispaniques. Les Noirs ont beaucoup moins de chances d’être en vie trois ans après avoir contracté la maladie que les homosexuels et bisexuels blancs ou hispaniques. Le taux de de Noirs ignorant être porteurs du VIH est aussi bien plus élevé.

Réalité honteuse
Phill Wilson n’hésite pas à blâmer les principaux groupes de défense des homosexuels, qui selon lui, feraient comme si l’épidémie était réglée: «Ce n’est plus un problème pressant pour les gays riches des grandes villes, qui ne se préoccupent que de la question du mariage.» Il affirme que les grandes organisations LGBT ont peur de voir cette réalité ou pire encore, qu’elles la jugent honteuse.

Régulièrement, des épidémiologistes vont jusqu’à comparer cette situation américaine à celle d’un pays en voie de développement et Phill Wilson reprend cette analogie, avant de redire que la pauvreté fait le lit du sida. L’accès au traitement reste un problème pour de très nombreuses personnes aux Etats-Unis. Les gays noirs, souvent confrontés au chômage, ont rarement les moyens de s’offrir des thérapies qui restent totalement hors de leurs moyens.

Illustration: GMHC.

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