Homophobie : Arc-en-ciel Wallonie s’engage dans les écoles

sur : enseignons.be

Homosexualite On le sait, l’Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) va bientôt faire son entrée dans nos écoles. C’était l’un des enjeux majeurs de la législature 2009-2014 pour la fédération Wallonie-Bruxelles. Mais il reste cependant au gouvernement à définir ce qu’est l’EVRAS, qui peut l’enseigner, combien d’heures pour quel niveau d’enseignement, etc. Pour Arc-en-Ciel Wallonie, qui regroupe les associations homosexuelles wallonnes, cette nouvelle mission de l’école est aussi l’occasion de sensibiliser les élèves à l’homosexualité et aux questions de genre.

Concrètement, l’association mettra bientôt en place des modules d’animation destinés au établissements secondaires. Des animateurs homosexuels se rendront dans les classes pour témoigner de leur vécu, répondre aux questions que pourraient se poser des adolescents. Les scénarios seront adaptés en fonction des souhaits des enseignants et de l’âge des élèves1. Jeux, clips musicaux, petits films… les outils ne manquent pas. « On a constaté qu’il y avait beaucoup de demandes de la part des enseignants qui souhaitent des sensibilisations à cette thématique, explique Thibaut Delsemme, en charge du projet. « Tout simplement parce qu’ils se sentent démunis lorsque ces questions arrivent en classe, dans la cour de récré… Ils préfèrent aussi parfois que ce soit une personne extérieure qui aborde le sujet. » Le plus souvent, ces activités sont organisées dans le cadre de journées pédagogiques ou de la diversité.

De jeunes gays et lesbiennes dans les écoles

Arc-en-Ciel Wallonie s’est inspiré d’une expérience québecoise où des interventions de ce type sont proposées depuis vingt ans déjà. « C’est très bien rodé. Un gay et une lesbienne se rendent à l’école et parlent un peu d’eux, de leur coming out… Il n’y a pas de tabou! Mais attention, ils connaissent leurs limites. » L’objectif est de démystifier l’homosexualité, expliquer qu’un homosexuel est une personne comme une autre… et donner des ressources (expliquer où les jeunes pourront trouver des informations près de chez eux… ou une oreille attentive). Le récit que raconteront les deux intervenants sur leur orientation sexuelle a également pour but d’amener les élèves à la réflexion et à adopter une attitude plus tolérante envers les gays et lesbiennes.

Thibaut Delsemme l’assure, l’opération ne sera pas un « one shot » mais permettra de créer un lien entre le jeune qui serait demandeur et les associations pouvant lui apporter une aide. L’intervention des équipe du planning familial est également envisagée.

On ne parle pas de prosélytisme ici mais simplement d’essayer d’avoir des écoles davantage ouvertes à la diversité.

Mais qui seront ces animateurs qui se rendront dans les écoles? « L’idée, c’est de fédérer plusieurs associations, de créer un groupe d’intervention détaché d’Arc-en-Ciel – mais coordonné ici à Liège – qui pourra agir dans toute la Belgique francophone. A terme, nous créerons un label spécifique2 que chaque association intéressée pourra intégrer et ainsi se rendre dans les écoles. » Les intervenants, tous bénévoles, seront bientôt recrutés, puis formés à la prise de parole, à la gestion de groupe… Car tout cela ne s’improvise pas. « Appel est lancé aux bonnes volontés : en échange d’un peu de votre temps, nous vous offrirons une formation et une belle expérience de vie qui est la rencontre avec des jeunes. »

Trop de ressources hétéronormées

Thibaut Delsemme et son équipe se donnent maintenant le temps de bien préparer le projet. Les premières rencontres pourraient avoir lieu début 2013. Et après, des sensibilisation auprès des enseignants? Ce n’est pas exclu… d’autant qu’un professeur convaincu adaptera forcément son discours et ses ressources… et en fera profiter tous ses élèves. « La plupart des leçons sont hétéronormées, avec un papa et une maman. Les élèves sont confrontés très jeunes à la sexualité… et rien que le fait de leur cacher l’homosexualité, de ne pas en parler, c’est quelque part la dénigrer. Un jeune qui se découvrirait plus tard homosexuel risque alors d’avoir intégré cette homophobie latente. C’est ça qu’il faut contrer. » Et puis, il y a les bricolages lors des fêtes… Quid du petit choupi qui a deux papas ou deux mamans? Un enseignant averti…3

  1. Prévoir deux plages de cours minimum. []
  2. Arc-en-Ciel organise déjà des séances d’information ponctuelles dans les écoles sous son propre label. []
  3. Pour plus d’informations : http://arcenciel-wallonie.be. []

Sorry, the comment form is closed at this time.

   
© 2012 QueerPunxBelgium Suffusion theme by Sayontan Sinha