Envahi par la bougeotte depuis fin mai, début juin, je me suis baladé au coeur d’espaces queer en dehors de Belgique, à savoir Amsterdam, Grenoble, Marseille…

 

Queeristan

 

En premier lieu, il y avait le Queeristan à Amsterdam, du 30 mai au 2 juin. En ce qui me concerne, je crois que c’était à peu près la première fois que j’allais à un rassemblement queer réellement international, pas seulement franco-belge. Certes, la localisation de ce festival a induit une forte présence du nord de l’Europe (quelques villes des Pays Bas, de l’Allemagne, de pays scandinaves…), mais aussi du Royaume-Uni, d’Italie, de Turquie et j’en oublie probablement.

 

L’essentiel des activités se déroulaient au Valreep, un squat récemment ouvert non loin du port et, d’ailleurs, toujours en activité si on en croit leur site web . Une fête d’ouverture et une expo se déroulaient aussi au Slang, un bâtiment squatté en 1983 et légalisé par la suite, et d’autres activités festives se déroulaient au Vrankrijk, une sorte d’institution de la subculture alternative amstellodamoise, par ailleurs situé juste en face du Slang.

 

En ce qui me concerne, je suis arrivé le soir du deuxième jour. J’ai donc raté la fête d’ouverture et les workshops du vendredi qui n’étaient pourtant pas dénués d’intérêt. Peu importe, j’ai retrouvé mon sympathique hôte, qui m’a trouvé un vélo (charming!), et une autre fête était prévue au Valreep, ce qui tombait assez bien. En attendant que les festivités démarrent à l’intérieur, un feu fut lancé sur le terrain devant l’entrée pour réchauffer les convives parce qu’il fallait bien reconnaître que la chaleur ne s’est pas sentie obligée de venir.

 

Et enfin, la musique s’est faite entendre. Ca commence à faire loin, mais je me souviens d’un concert solo « féminin » plutôt hip hop dont la démarche m’a irrésistiblement fait penser à une subtile alchimie entre les françaises de Grâce et Volupté Van Van et les américaines de Team Gina. Comme quoi, les cultures queer se rejoignent irrémédiablement. Par contre, j’ai complètement oublié le nom de l’artiste, c’est ballot. Mais je suppose qu’en contactant les gens du Queeristan il doit y avoir moyen de retomber dessus.

 

Puis il y a eu un autre solo, Ste McCabe, plutôt electro-punk-impertinent, qui faisait beaucoup de bien aux oreilles ! Pour le reste, de la papote, de la danse, j’ai un peu fait connaissance avec les adorables queer Londoniens qui devaient passez chez moi sur leur chemin entre Londres et Amsterdam mais qui ont finalement été ailleurs. Ensuite, back to the squat où j’étais hébergé, dans un léger état d’ébriété.

 

Samedi, c’était une journée plus studieuse. J’ai participé à une discussion sur l’activisme queer au sein d’un syndicat de travailleurs. C’était assez cocasse puisque je suis au chômage, je n’avais pas grand chose à dire, bien que j’aie trouvé intéressant un témoignage d’une trans turque sur l’homophobie et la transphobie en Turquie. Il y a eu aussi un débat non moins intéressant sur l’intérêt (ou pas) de différencier les luttes LGBT des luttes queer. La discussion était interpellante en ce sens qu’elle pointait des frustrations d’une certaine frange de syndiqués qui ne se sentaient pas écoutés.

 

Ensuite, j’ai été à la présentation du projet « House Of Brag » des londoniens. C’était chouette, mais je m’attendais à une discussion plus orientée « échange de pratiques » entre les personnes qui étaient présentes, plutôt qu’une tournure plus autocentrée sur le projet en lui-même comme c’était finalement le cas. Cela dit, un petit moment interactif fut préservé puisqu’une partie du workshop s’est fait en 5 ou 6 sous-groupes.

 

Le soir, après un excellent repas et de chouettes discussions avec mon hôte et une amie à lui, nous avons un peu flâné avant de décider d’aller au cabaret qui se déroulait au Vrankrijk. Grand bien nous en a fait, c’était magnifique. Il y avait un monde fou (normal pour un samedi soir, vous me direz), mais l’espace était géré de façon magistrale. Le Vrankrijk est divisé en deux salles. Lorsqu’il y avait un numéro de cabaret, c’était la fête dans la salle d’à côté et vice versa. Il y en avait globalement pour tous les goûts, du burlesque, des choses plus personnelles et intimes, du concert (j’ai bien aimé l’electro-new wave de Nuclear Family), de la politique… Et puis un public bariolé et éclectique comme j’affectionne.

 

Le lendemain, je suis rentré à Bruxelles en début d’après-midi pour ne pas faire faux bond à mon ticket de train retour. Je n’ai donc pas pu participer à l’action contre les frontières ni à la Sexe Party queer. Mais un participant que j’ai revu par la suite m’en a relaté beaucoup de bien. Selon lui, l’action était bon enfant et la party très caline.

 

D’une manière générale, en regard de mes expériences queer et activistes bruxelloises, j’ai savouré une ambiance détendue, sans une certaine paranoïa, voir une condescendance que je peux parfois ressentir à Bruxelles. Il faut aussi souligner la convergence des luttes qui était exprimée à travers la plupart des activités. A savoir les liens faits entre les questions queer et le milieu du travail, des questions de santé, des frontières, du spécisme, du logement, de l’anticapitalisme…

 

Au final, mon seul regret est d’y avoir été seul et de ne pas avoir pu partager ces chouettes moments avec des gens plus proches affectivement.

 

Bref, pour une première expérience en zone queer internationale en ce qui me concerne, je suis assez satisfait, et je recommande le Queeristan.

 

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