Bipolar perversion
Qu’est-ce qu’une perversion sexuelle ? Aujourd’hui, on parle de paraphilie plutôt que de perversion sexuelle. Attention de ne pas confondre les perversions sexuelles avec les pervers (psychopathes).

Les perversions sexuelles sont des comportements sexuels « déviants » par rapport à la sexualité commune admise par la société, on parle aussi de pratiques sexuelles atypiques.
Donc on peut dire que les paraphilies sont des fantaisies, impulsions, ou des comportements différents de ce qui fait partie de la norme établie.

Ces paraphilies (perversions sexuelles), regroupent :
– les attirances sexuelles différentes de l’acte hétérosexuel classique
– et les comportements sexuels différents de la norme.

Il est donc difficile d’établir une limite entre la normalité et l’anormalité sexuelles. Car certaines paraphilies sont totalement innocentes, alors que d’autres sont à la limite du pathologique. Il faut surtout préciser que les déviances sexuelles (par rapport à la norme) font partie intégrante de chacun d’entre nous. On les retrouve dans beaucoup de fantasmes. Or, on sait que la majorité des êtres humains ont des fantasmes. Il y a donc des pratiques sexuelles différentes bien admises, mais où commence la perversion sexuelle ?

Les professionnels considèrent qu’il y a perversion sexuelle (paraphilie) :

– Lorsque le plaisir sexuel ne peut être obtenu que par cette pratique sexuelle déviante.
– Avec un caractère répétitif qui s’étend sur une période d’au moins 6 mois
– Mais aussi lorsqu’il y a une souffrance psychique consécutive à cette déviance
– avec éventuellement une altération du fonctionnement social, professionnel ou autre.

En fait, l’élément central de la perversion « hard » n’est pas le sexe extrême lui-même, mais le manque de liberté qu’elle suscite. Il est ainsi l’esclave d’une sexualité basée sur un scénario imposé. C’est donc une dépendance.

Cette catégorisation se fait au regard de la norme sociale, qui elle-même peut évoluer. Autrefois, les fantaisies érotiques des préliminaires, et l’orgasme obtenu autrement que par le coït était considéré comme anormal et donc pervers. Heureusement on n’en est plus là. Ainsi, l’homosexualité n’est plus considérée comme une paraphilie selon la bible des psychologues et des psychiatres (DSM-IV).

Quelle différence y a-t-il entre perversion sexuelle et déviation sexuelle ?

Ce qui était qualifié avant de perversion, a été renommé, déviation sexuelle. Le terme de perversion étant un peu fort pour ce qui peut être simplement un petit écart ou une fantaisie dans sa sexualité. Le terme de perversion ayant une connotation d’agressivité et de cruauté, très négative. Le terme de perversion peut être conservé pour la pédophilie, et autres déviations, caractérisées par la cruauté et l’agressivité.

Où commence la perversion sexuelle ?

Il y a perversion et perversion… L’imaginaire érotique ignore bien souvent les limites de la normalité. La perversion soft consiste à réaliser des fantasmes, qui n’avaient jusqu’alors pas dépassé l’imaginaire sexuel. A titre individuel, certains hommes peuvent avoir une aventure homosexuelle « pour voir » sans pour autant devenir homosexuel (l’homosexualité n’est plus une perversion). En couple, des partenaires peuvent fréquenter une soirée échangiste pour finalement s’en détourner après une expérience.

Au sein du couple, ces perversions dites soft, peuvent-elles devenir dangereuses ?

C’est la peur de la routine qui conduit des couples à rechercher de nouvelles émotions, le passage à une perversion soft peut parfois donner plus de liberté à la sexualité. Le danger est que l’un des deux partenaires demande plus que l’autre et que le passage à l’acte heurte finalement la pudeur de l’un des amants. Le passage à l’acte réduit la sublimation nécessaire et détruit le jardin secret de l’un des partenaires.

Enfin, la perversion hard peut être réprimée par la loi morale, mais également pénale (pédophilie, sadisme avec partenaires non consentants, exhibitionnisme…).

Le fait d’accepter les perversions « soft » du partenaire, est-ce aussi de la perversion ?

Ce qui est dangereux c’est d’accepter de subir la perversion de l’autre sans en avoir réellement envie. Ainsi, les femmes qui acceptent les soirées échangistes de peur de perdre leur mari alors qu’elles n’en ont aucune envie.

Il faut préciser que le fantasme ou la simple attirance paraphilique n’est pas condamnable dans les sociétés modernes. C’est le passage à l’acte qui peut éventuellement être condamnable. Donc certaines perversions tombent sous le coup de la loi

Si ces pratiques impliquent un partenaire non consentant, c’est un viol, puni pénalement, même dans un couple marié . La notion de devoir conjugal n’existe plus.
La pédophilie fait partie des interdits majeurs, comme l’inceste.
L’exhibitionnisme est condamné par l’article 222-32 du Code pénal à des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 €uros d’amende..

Quelles sont les paraphilies les plus connues ?

Le bondage : Cette pratique consiste à entraver son partenaire, à l’empêcher de se mouvoir, à l’attacher grâce à des cordes, des sangles, des chaînes.

Le fétichisme : Le fétichisme est l’attirance particulière voire exclusive pour une partie du corps, un vêtement, une image ou quelque chose qui permet d’assouvir son désir. Cela peut aller du latex, aux dessous féminins en passant par les talons aiguilles, le cuir, la dentelle, la fourrure, le pied etc…

J’ai connu un patient qui ne pouvait atteindre l’orgasme que si sa partenaire portait de grosses chaussettes de laine… Mais attention, un homme qui aime les sous vêtements de sa femme n’est pas forcement un fétichiste…..

Le frotteurisme : Fait de toucher ou de se frotter contre une personne non consentante (ex dans les transports en commun).

Le masochisme et le sadisme sexuel : L’objet de l’excitation est de subir ou d’infliger de la douleur et des humiliations à l’autre.

Il y a des nuances, ça peut être très « soft » si les partenaires sont réellement consentants. Mais cette pratique tombe sous le coup de la loi si le partenaire n’est pas consentant. C’est alors de la violence, voire de la torture infligée à l’autre.

La pédophilie : L’attirance sexuelle pour les enfants mais surtout le passage à l’acte et donc les viols qui en découlent font régulièrement la une des journaux. Chaque année des milliers d’enfants subissent des abus sexuels.

Le transvestisme fétichiste : L’excitation est alors pour un homme hétérosexuel de s’habiller plus ou moins complètement en femme et de s’imaginer en être une. Cette tendance peut être un simple fantasme ou cacher un problème d’identité de genre.

Mais il y a souvent en nous une part de voyeurisme, c’est souvent très excitant de voir son partenaire nu ou se déshabiller.

La zoophilie (terme ancien : bestialité) : attirance sexuelle pour les animaux. La pratique de la zoophilie remonte à l’antiquité, et il existe de nombreux dessins de cette période illustrant cette pratique. Le célèbre tableau de Michel Ange, Léda et le cygne montre Léda ayant un rapport avec un cygne. Ce thème a inspiré de nombreuses œuvres d’art.

En France, cette pratique n’est pas répréhensible par la loi, sauf les actes de cruauté ou de torture sur des animaux.

Dans d’autres pays, c’est un crime. Au Canada, par exemple elle est passible d’un emprisonnement maximal de 10 ans.

Enquête de Kinsey (1948 à 1954) aux EU. A cette époque, 8 % d’hommes et 4 % de femmes disent avoir eu des expériences sexuelles avec des animaux. Dans les campagnes ces pratiques étaient socialement admises. Mais dans les villes, cette activité était jugée dégradante.

A la campagne se sont plus les hommes qui utilisent le vagin des chèvres ou des juments, et à la ville ce sont plus les femmes qui aiment se faire lécher par leur chien.

La zoophilie existe donc dans le plus grand secret,

La gérontophilie : rapports sexuels avec des personnes agées. Condamnable si l’on considère que la personne âgée n’était pas capable d’un réel consentement

La nécrophilie : attrait érotique à l’égard des cadavres, condamnée si passage à l’acte.

L’urophilie et la coprophilie : sont caractérisées par une forte excitation érotique éprouvée en souillant ou en étant souillé, par de l’urine ou des matières. Les urophiles et coprophiles peuvent être actifs ou passifs. Une variante de cette pratique consiste à uriner dans ses sous-vêtements et ses vêtements, parfois en public.

L’exhibitionnisme : Fait d’obtenir du plaisir en se montrant en public, le plus souvent en exposant ses organes génitaux ou alors lors d’une relation sexuelle. Ces deux cas sont illégaux en dehors du cadre privé. Mais attention, ceux qui aiment se promener nus chez eux ne sont pas obligatoirement des exhibitionnistes.

Le voyeurisme : L’obtention du plaisir sexuel se fait en regardant d’autres personnes, lors de leurs relations intimes ou nues ou en train de se déshabiller. Ces pratiques sont illégales si les personnes observées le sont à leur insu.

Petite anecdote d’un procès intenté par une dame âgée à l’encontre de ses jeunes voisins qui, disait-elle, ne cachaient pas leurs ébats amoureux devant la fenêtre ouverte de leur chambre. Mais l’enquête a pu démontrer que la maison du jeune couple était entièrement entourée de hautes haies et que la plaignante a fini par avouer qu’elle montait sur une chaise , posée sur la table de la cuisine, pour regarder les ébats du jeune couple par dessus la haie…

On voit aussi apparaître des perversions plus modernes

Perversion sur le Net : Des blogs sans tabou pour lecteurs avertis. Grâce à l’anonymat et à la liberté d’internet, de nombreux internautes se livrent à d’étonnants aveux concernant leurs fantasmes ou leurs pratiques sexuelles.

Peut-on reconnaître un pervers hard ?

Il est très difficile d’identifier un pervers.

La plupart des vrais pervers sont des séducteurs charmants mais sans être réellement sympathiques, ils sont intelligents mais froids, ce que ressent l’autre ne l’intéresse pas… La perversion commence quand l’autre est amoureux. Le (la) pervers(e) commence à montrer son jeu dès lors qu’il sent sa (son) partenaire en son pouvoir. Il va alors tenter de la (le) dominer psychiquement en lui faisant croire qu’il détient le secret de son bonheur, de sa jouissance… En réalité le vrai pervers vise à détruire l’autre. Sa personnalité est extrêmement égocentrique, uniquement tournée vers son propre plaisir.

Peut-on guérir un pervers ?

C’est très difficile et ll faut distinguer ceux qui souffrent de leur paraphilie et ceux qui n’en souffrent pas.

Le vrai pervers (qui ne souffre pas en principe de sa paraphilie) peut mettre en sourdine son activité perverse face à la loi, par crainte de la sanction.

Pour ceux qui en souffrent, la psychiatrie et la psychothérapie ont toutes les peines à traiter un paraphilique hard, mais elle peut aider à changer une perversion hard en perversion soft si celui qui en souffre a réellement la volonté de changer.

La psychiatrie et la thérapie peuvent aussi aider la ou le partenaire du pervers en l’amenant à se libérer de la pulsion masochiste qui la (le) maintient auprès de son bourreau.

Conclusion

Pas de panique pour ceux qui font preuve d’une inventivité acrobatique et accessoirisée durant les rapports. Tout un chacun flirte avec des pratiques perverses, le plaisir sexuel n’est pas à enfermer dans des cases.

La perversion réelle est avérée quand l’individu ne peut se défaire d’un scénario immuable pour jouir et/ou fait souffrir sciemment son (sa) partenaire, ou l’utilise systématiquement comme un objet pour satisfaire ses pulsions sexuelles.

lien sur: : Association de Conseil Conjugal et de Sexologie

   
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