Trois milliards de pervers

Vient de reparaître
par  Refractions

Trois milliards de pervers : Grande encyclopédie des homosexualités

Réédition de l’édition de 1973 – Préface de la nouvelle édition : J.-J. Lebel et J.-P. Duteuil

Editions Acratie, 2015, 276 pages, 19 euros.

Paru en 1973 cet ouvrage qui fit scandale scelle l’irruption de l’homosexualité dans la société française. Très vite interdit et détruit pour atteinte aux bonnes mœurs il est devenu un marqueur incontournable dans l’histoire des luttes homosexuelles. A la fois document historique et élément de réflexion pour le présent il donne un éclairage sur ce que peut être une affirmation homosexuelle qui ne se coule pas dans le moule des conventions sociales dominantes.

Des homosexuel/les mettent en question toutes les formes de production désirante. Le temps est révolu de ces génies homosexuels qui s’employaient à séparer et à détourner leur création de leur homosexualité, s’efforçant de masquer que la racine même de leur élan créateur s’originait dans leur rupture sexuelle avec l’ordre établi.

Mai 1968 nous a appris à lire sur les murs et depuis, on a commencé à déchiffrer les graffitis dans les prisons, les asiles et aujourd’hui dans les pissotières. C’est tout un « nouvel esprit scientifique » qui est à refaire !

Un collectif d’homosexuel-les s’interroge ici sur la drague, la masturbation, les travestis, le scoutisme, les jardins, les mouvements militants.

Participèrent notamment : Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean Genet, Félix Guattari, Daniel Guérin, Guy Hocquenghem, Jean-Paul Sartre, Jean-Jacques Lebel…

http://refractions.plusloin.org/spip.php?article893

(présentation de l’éditeur)

 
  • Festival Massimadi
    du 7 au 9 mai 2015

    3 jours de films et de documentaires LGBT d’Afrique au coeur de Bruxelles

    Cette année encore, Massimadi Bruxelles, le festival de films LGBT d’Afrique et de ses diasporas est une invitation à déambuler entre fictions et document du 7 au 9 Mai.

    Clap trois pour le festival Massimadi Bruxelles qui prendra ses quartiers au Bronks à Bruxelles. Du 7 au 9 Mai, des films, des performances, des rencontres et de la musique. Un programme riche et étoffé qui marque désormais le début de la saison LGBT du mois de Mai à Bruxelles. Pour la 3e année consécutive Massimadi met les petits plats dans les grands et ceux-ci ont une petite saveur particulière à l’occasion des 20 ans de la Pride.

    MASSIMADI

    Pour cette édition 2015, nous avons été voir comment s’organise l’activisme queer au Botswana, ce que revendiquent les militant.es new-yorkais du Starlite, le premier bar LGBT afro-américain, nous avons testé la force du lien fraternel entre deux frères vivant en banlieue parisienne. Le tout avec une envie : montrer les manières dont se vivent les homosexualités féminines et masculines des africain.es et des noir.es quel que soit leur pays de résidence. Résultat ? Une programmation cinéma composée de fictions et de documentaires en tous genres ! Du Botswana à Haïti en passant par Paris, Johannesburg et New York.

    Massimadi c’est un espace où sont débattus, discutés les enjeux et les réalités diverses et variées des homosexualités en Afrique et dans ses diasporas africaines. Et pour cela, nous proposons en plus des films, des rencontres avec nos invités : réalisateurs, artistes, militants, etc.

    Des films et leurs invité.es

    Une avant-première en belge avec le film d’ouverture : We came to sweat, de Kate Kunath & Sasha Wortzel. Le jeudi 7 mai à 20h30.

    Le festival Massimadi c’est également des rencontres : Karim Aïnouz, réalisateur du très beau film brésilien “Madame Sata”, Marine Romezin, pour les films sur le football lesbien en France et en Afrique du Sud : Foot For Love et Thokozani Football Club : Team spirit.

    Des artistes et leurs œuvres

    Le vendredi 8 mai à 17h vernissage avec des artistes qui partageront le regard singulier qu’ils portent sur le monde.

    Papy Ekengue (peintre), Alain Polo (photographe et performeur) et Paul Roger Zenam, (styliste) trois artistes que vous pourrez rencontrer au vernissage, le vendredi 17 mai à 17h. Trois artistes discrets mais généreux qui vous séduiront par leurs œuvres foisonnantes.

    Des militant.es

    Le vendredi 8 Mai à 18h30, nous accueillerons également, le collectif bruxellois que l’on ne présente plus : Warrior Poets! Il nous promet un moment intense de paroles libres et fracassantes « Body of Color ». Et dès 22h, Le Laboratoire des Possibles Infinis proposera un concert à trois têtes.

    Massimadi porte une attention toute particulière à la qualité des moments passés sur le lieu du festival. C’est une volonté tenace : une programmation exigeante, des prix accessibles, de belles rencontres, le tout dans une ambiance décontractée et festive. Aussi, en plus de la restauration à petits prix et de l’accueil, tous les soirs, nous proposons un DJ set au Bar du Bronks.

    Et cette année, nous nous sommes associé à trois pointures des nuits Bruxelloises : Rokia Bamba, DJ Jmax et DJ Xogn. Tous les soirs l’un d’eux sera derrière les platines et, nouveauté pour cette année, ils animeront ensemble la soirée de clôture, Massimadi Party, qui aura lieu sur place dans la belle salle des fêtes du Bronks !

    Bon festival !

    Lieu
    Organisateur
    Prix

    Prix normal: 5 €

Déc 142014
 
En Egypte, Sissi impose un nouvel ordre moral

Lu sur le Monde : « La campagne pour la moralisation de la société bat son plein en Egypte. Une trentaine d’Egyptiens l’ont appris à leurs dépens, dimanche 7 décembre au soir. Soupçonnés de s’être livrés à une « orgie homosexuelle », ils ont été traînés nus hors d’un hammam du quartier Ramsès au Caire par la police des mœurs, accompagnée d’une journaliste venue filmer en exclusivité pour la télévision cette « plongée au cœur d’un nid de perversion ». Cette mise à nu, aux airs de lynchage médiatique, rappelle l’affaire tristement célèbre du Queen Boat, treize ans plus tôt. Dans ce dossier monté de toutes pièces, 52 Egyptiens avaient été livrés à la vindicte populaire et condamnés par un tribunal militaire pour « déviance » et « offense à la religion », accusés d’avoir voulu créer une nouvelle religion érigeant les pratiques homosexuelles au rang de rites.
Lire la suite ici

Déc 082014
 
Des militant.e.s LGBT occupent la mairie de Séoul après la volte-face du maire
Publié par
sur : yagg
Le maire s’est rapproché des chrétien.ne.s conservateurs/trices et refuse de signer une charte sur les droits humains favorable aux personnes LGBT.

La mairie de Séoul est, depuis le samedi 6 décembre, occupée par des militant.e.s LGBT mécontent.e.s: la municipalité refuse d’endosser une Charte des droits humains car celle-ci mentionne explicitement que les personnes LGBT ne doivent pas être victimes de discrimination. Le maire Park Won-soon, qui déclarait il y a quelques semaines être favorable au mariage de couples de même sexe, a apparemment retourné sa veste. «On a le sentiment d’avoir été trahi.e.s et ça nous énerve vraiment», confie à Yagg un militant nommé Jae Pil et présent sur place.

«CES PERSONNES PRIENT POUR NOUS GUÉRIR»
Ancien avocat spécialiste des droits humains, le maire avait promis qu’il mettrait en place une Charte sur cette question en 2011. Suite à cet engagement, un comité composé de 134 volontaires aidé.e.s par 30 expert.e.s a rédigé une Charte approuvée par la majorité des volontaires. Mais le 30 novembre, Park Won-soon a finalement indiqué qu’il ne promulguerait pas le texte car il n’a pas été approuvé à l’unanimité. La Charte devait être mise en avant par le maire à l’occasion de la Journée internationale des droits humains ce mercredi 10 décembre, mais la proclamation de la Charte a été annulée.

La décision du maire est liée à son rapprochement avec des chrétien.ne.s conservateurs/trices, selon Rainbow Action, la coalition d’associations LGBT qui a organisé l’occupation de la mairie. «Ces personnes prient pour nous guérir», s’indigne Jae Pil. Lors d’une réunion avec des pasteur.e.s le lundi 1er décembre, le maire a promis que la Charte n’inclurait pas de dispositions susceptibles de créer des «conflits sociaux», rapporte Rainbow Action. D’après l’association, ces «conflits» ont en fait été créés par les opposant.e.s à l’égalité des droits: lors de la session de délibération sur la Charte le 20 novembre, des groupes composés de chrétien.ne.s fondamentalistes ont violemment interrompu la réunion sans que la mairie réplique ou fasse intervenir la police. Plusieurs militant.e.s pro-LGBT ont réagi en investissant l’hôtel de ville.

cliquez sur Occupation de la mairie de Séoul par des militant.e.s LGBT

Mairie Séoul

Les militant.e.s ont demandé à rencontré le maire et ont exigé que la Charte soit proclamée, sans succès jusqu’ici.

Photo Rainbow Action

 

Affaire Luperto: « épée de Damoclès » pour les relations homosexuelles?

à lire sur : rtbf

(Source: livingbecauseicantdie, via liberated-from-binaries)

 

 

 

Rendu public cette semaine, le rapport Not Safe At Home (Pas en sécurité chez soi) de l’organisation Human Rights Watch montre la situation alarmante dans laquelle se trouvent les personnes LGBT en Jamaïque.

 

«Ma liberté défend la vôtre» : propagande et vérité sur l’homophobie en Russie

sur : amnesty.org

. Kirill Kalugin a été agressé et arrêté pour avoir manifesté pacifiquement lors de la Journée des parachutistes à Saint-Pétersbourg.. Kirill Kalugin a été agressé et arrêté pour avoir manifesté pacifiquement lors de la Journée des parachutistes à Saint-Pétersbourg.

© OLGA MALTSEVA/AFP/Getty Images

Kirill Kalugin, militant homosexuel de Saint-Pétersbourg, a été agressé et arrêté pour avoir manifesté pacifiquement.

© Amnesty International

Polina Andrianova et Anna Abramova de l’ONG Coming Out, dont le siège se trouve à Saint-Pétersbourg.

© Amnesty International

Goulia Soultanova (au centre) et deux autres organisateurs du Festival du film LGBT Bok o Bok (« Côte à côte »).

© Amnesty International

La propagande de l’homosexualité n’étant pas d’ordre matériel, il est très difficile de savoir ce que cela signifie. Si vous êtes homosexuel et transparent sur ce sujet, cela peut être considéré comme de la propagande.

Polina Andrianova, directrice de Coming Out, organisation de défense des droits des personnes LGBTI dont le siège se trouve à Saint-Pétersbourg.

Sous l’ère soviétique, l’homosexualité était interdite et il était totalement tabou d’en parler.

Goulia Soultanova, organisatrice du Festival international du film LGBT Bok o Bok (« Côte à côte »)

La scène évoque le combat entre David et Goliath.

Mais dans le cas de Kirill Kalugin, il s’est retrouvé encerclé par au moins six adversaires imposants – des hommes musclés vêtus de tenues de parachutistes russes, qui l’ont cerné et coincé tout en le bousculant et en l’insultant. Ils lui ont clairement fait savoir qu’ils ne l’aimaient pas et n’appréciaient pas son message.

La raison pour laquelle ils s’en sont pris à ce militant, étudiant universitaire roux et élancé ? Il a osé se présenter sur la place du Palais à Saint-Pétersbourg, place pavée de style néoclassique, et briser l’un des principaux tabous de la société russe.

Voyez-vous, Kirill est homosexuel. Mais depuis l’adoption d’un texte de loi en juin 2013, il n’est pas censé se sentir libre de le dire en public. Ni faire quoi que ce soit qui puisse constituer une « promotion de l’homosexualité », une infraction définie en termes très vagues.

Aussi, en s’installant avec courage sur la place du Palais le 2 août 2013, durant les célébrations de la Journée annuelle des parachutistes, et en déployant un drapeau arc-en-ciel portant l’inscription « Je propage la tolérance », il savait qu’il allait au-devant des problèmes.

Les policiers ont séparé Kirill de ses agresseurs. Puis ils l’ont arrêté.

Imperturbable, Kirill est retourné cette année, le 2 août, place du Palais, avec un autre drapeau arc-en-ciel arborant le message : « Ma liberté défend la vôtre ». De nouveau, il a été interpellé en hâte.

« La propagande de l’homosexualité »
La loi de juin 2013, qui a pour but de « protéger » les enfants contre les « influences néfastes », a conquis la Douma – un seul législateur a choisi l’abstention.

Cependant, les « influences néfastes » ne sont en fait que des citoyens russes lambda qui se trouvent être lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres ou intersexués (LGBTI) – ou des personnes qui travaillent sur des questions relatives aux droits humains en lien avec ce sujet.

La « propagande de l’homosexualité » n’ayant pas de définition légale, la loi punit en fait des personnes pour la simple raison qu’elles sont ce qu’elles sont et l’expriment.

« La propagande de l’homosexualité n’étant pas d’ordre matériel, il est très difficile de savoir ce que cela signifie. Si vous êtes homosexuel et transparent sur ce sujet, cela peut être considéré comme de la propagande », a déclaré Polina Andrianova, directrice de Coming Out, une organisation de défense des droits des personnes LGBTI dont le siège se trouve à Saint-Pétersbourg.

Une homophobie en ébullition
La police en Russie s’efforce de faire appliquer la loi sur la propagande, qui a donné lieu à un nombre assez limité de poursuites. Ce qui ne veut pas dire que son impact ne s’est pas fait sentir.

« Les répercussions de la loi sont en fait plus graves à l’extérieur des tribunaux, nuance Polina Andrianova. Sa conséquence la plus terrible est qu’elle justifie les comportements homophobes et donne le feu vert à la violence homophobe. »

La loi semble donner de l’élan à une homophobie qui était larvée et secouait déjà certains pans de la société russe.

« Sous l’ère soviétique, l’homosexualité était interdite et il était totalement tabou d’en parler », a déclaré Goulia Soultanova, organisatrice du Festival international du film LGBT Bok o Bok (« Côte à côte »), à Saint-Pétersbourg.

Les effets persistants de ce tabou historique, alliés à la nouvelle loi aux accents sinistres et à la définition vague, renforcent la stigmatisation et les peurs de la communauté LGBTI. Beaucoup se demandent quelles activités et quelles actions seront considérées comme de la « propagande » – contraignant certaines personnes à revenir au silence alors qu’elles parlaient ouvertement de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

Les temps sont particulièrement rudes pour les couples homosexuels avec enfants, puisqu’un débat public en Russie porte sur le fait de séparer ces familles, la logique perverse étant que les enfants dans ces foyers sont soumis en permanence à la « propagande » de la part de leurs propres parents.

Nombreux sont ceux qui, au sein de la communauté LGBT, vivent sous la menace constante d’agression ou de problèmes. Des contre-manifestants en colère se rassemblent souvent lors des manifestations et événements LGBT, se servant de la loi sur la « propagande » comme d’un prétexte pour perturber l’événement, parfois de manière violente.

Les policiers présents sur les lieux s’abstiennent généralement d’intervenir. Parfois, ils arrêtent les victimes plutôt que les auteurs des violences.

Par ailleurs, il est difficile d’obtenir justice pour des attaques discriminatoires, puisque la législation russe en matière d’infractions motivées par la haine ne couvre pas les crimes commis à l’encontre de personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre réelle ou supposée.

L’homicide d’une lesbienne qui donnait des cours de tango à Saint-Pétersbourg début septembre témoigne de cette difficulté : la police a d’abord laissé entendre et tenté de faire croire qu’il s’agissait d’un suicide, alors que cette femme a été retrouvée la gorge tranchée, dans sa voiture dont le moteur tournait encore.

« Un combat pour la survie »
Confrontée aux agressions homophobes et à la réponse inefficace des forces de l’ordre, Polina Andrianova décrit le travail de son organisation comme « un combat pour la survie ».

Les militants de Coming Out ont récemment passé plusieurs mois à organiser la QueerFest de Saint-Pétersbourg. Depuis 2008, cet événement annuel incontournable propose pendant 10 jours débats, séminaires et spectacles visant à favoriser un environnement sûr et tolérant pour le débat, et à accroître la visibilité de la communauté LGBT, petite mais active, de la ville.

À l’ouverture du festival cette année, le 18 septembre, Polina Andrianova avait bon espoir que cette édition ne soit pas marquée comme les précédentes par les menaces et les annulations. Malheureusement, depuis la soirée d’ouverture, le festival s’est transformé en une bataille entre d’un côté les organisateurs et de l’autre la police, les rassemblements homophobes et les changements de salle.

Une semaine après l’ouverture, Coming Out a publié un communiqué recensant toute une série d’agressions et de tentatives visant à faire fermer QueerFest. Les festivaliers et d’autres – notamment le bureau du médiateur régional – ont déposé 24 plaintes auprès des services de police.

Deux heures avant la cérémonie d’ouverture, le principal site accueillant le festival s’est désisté, invoquant des risques en termes de sécurité dans le bâtiment. L’événement a alors été transféré dans un lieu de remplacement et a été pris pour cible par une vingtaine de militants de droite accompagnés de Vitali Milonov, député de Saint-Pétersbourg, homophobe virulent qui a soutenu une précédente version régionale de la loi sur la propagande relative à l’homosexualité. Ils ont crié des insultes homophobes et répandu un liquide antiseptique nocif et un gaz non identifié.

Une autre soirée a été écourtée par une alerte à la bombe. Et, rebondissement orwellien, la police a tenté d’interrompre une conférence de presse sur le thème « Qui cherche à fermer le QueerFest ? »

« Depuis six ans que nous organisons ce festival, nous n’avons jamais eu à faire face à une offensive aussi soutenue et organisée contre notre liberté de réunion et d’expression. Au lieu de maintenir l’ordre en assurant la protection des citoyens, la police s’en sert comme prétexte pour fermer des événements. Et les autorités, plutôt que de traduire les responsables présumés en justice, préfèrent détourner le regard, a déclaré Polina Andrianova.

« Tous les moyens sont bons pour nous acculer dans un  » ghetto « . Pourtant, le festival est dédié au dialogue et à l’ouverture dans la société, et notre meilleure défense aujourd’hui consiste à rester visible. »

La défense des droits des LGBTI s’inscrit, de manière à la fois essentielle et complémentaire, dans la défense des droits humains au sens large en Russie. Tous les Russes devraient être libres d’être eux-mêmes et d’avoir des relations aimantes et consensuelles avec la personne de leur choix, sans peur d’être agressés ni accusés de faire de la « propagande ».

Bien que l’espace laissé à la liberté d’expression se rétrécisse rapidement, nombreux sont ceux qui, en Russie, disent ce qu’ils pensent. Du 6 au 12 octobre, les militants d’Amnesty International sont à leurs côtés, solidaires, pour une semaine d’action destinée à montrer aux dirigeants russes que le reste du monde ne se taira pas. Agissez et informez-vous plus en détails en vous rendant sur www.amnesty.org/Speak-Out-Russia.

 
Personne ne devrait subir l’horreur des ‘traitements’ anti-gays que j’ai vécue.

Aidez-moi à pousser la directrice de l’Organisation Mondiale de la Santé à dénoncer ces ‘traitements’ contre les gays en Chine

 

« Lorsque le patient a une pensée homosexuelle, nous l’électrocutons ou lui injectons une préparation qui le rend malade ». Voila comment un médecin voulant ‘traiter’ les personnes gays en Chine a décrit ses pratiques.

Ça m’est arrivé. Dans des familles comme la mienne, être gay est toujours considéré comme une maladie à traiter en Chine. Et des cliniques frauduleuses en profitent. Je veux montrer à mes amis, ma famille et tout le monde en Chine qu’être gay n’est pas une maladie.

Le Dr. Margaret Chan est à la tête de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) – elle est chinoise et son autorité internationale est reconnue. Si nous nous mobilisons par milliers nous pouvons la pousser à dénoncer ces faux ‘traitements’ anti-gays – et aider à convaincre les autorités à les interdire pour de bon.

Pouvez-vous signer ma pétition pour demander à la directrice de l’OMS Dr. Margaret Chan de faire entendre sa voix et condamner publiquement les ‘traitements’ anti-gays en Chine ?

https://www.allout.org/fr/end-gay-cures-china

J’ai décidé de m’adresser à All Out et d’assigner la clinique en justice. Des gens me soutiennent en organisant des actions qui montrent que ces ‘traitements’ anti-gays sont de dangereuses escroqueries. Mais nous pouvons faire encore plus pour faire grossir le momentum.

Imaginez que nous ayons 50 000 signatures à remettre au Dr. Chan. La pression du monde entier pourrait lui montrer à quel point il est important de dénoncer ces faux ‘traitements’. Cela ferait comprendre à la société chinoise qu’être gay ou lesbienne n’est pas une maladie.

Avoir le soutien d’une organisation comme l’OMS pourrait être une immense avancée pour faire interdire ces traitements une bonne fois pour toutes en Chine et dans le reste du monde. Vous aussi, appelez Margaret Chan à faire entendre sa voix ici en Chine et à condamner les ‘traitements’ anti-gays.

https://www.allout.org/fr/end-gay-cures-china

J’ai été très impressionné par le travail des membres d’All Out comme vous. Ensemble, vous vous battez contre ces dangereuses ‘cliniques’ anti-gay partout dans le monde. Vous avez réussi à faire dire aux responsables politiques en Argentine, en Équateur et en France que les traitements anti-gays sont dangereux. Vous avez contribué à mettre la pression sur le Brésil pour qu’il ne les légalise pas. Vous avez même aidé à faire adopter une loi en Californie pour interdire l’accès de ces cures aux plus jeunes.

Aujourd’hui, nous pouvons convaincre la plus grande autorité médicale du monde de désamorcer le mythe selon lequel l’homosexualité est une pathologie à guérir. Aidez-nous à faire comprendre au monde entier qu’être homo n’est PAS une maladie. Signez maintenant :

https://www.allout.org/fr/end-gay-cures-china

Merci, vous aussi, de faire partie du mouvement All Out,

Xiao Zhen*
avec le soutien de Queer Comrades, le centre LGBT de Pékin et l’équipe d’All Out.
PS – Après avoir subi des électrochocs dans une clinique anti-gay en Chine, j’ai décidé de me battre. J’ai besoin de votre aide : si nous parvenons à convaincre l’Organisation mondiale de la Santé de rappeler au monde qu’être homo n’est pas une maladie, cela pourrait pousser les autorités chinoises à interdire les faux ‘traitements’ anti-gays pour de bon. Signez maintenant : https://www.allout.org/fr/end-gay-cures-china

* »Xiao Zhen » est un pseudonyme que j’utilise pour mon procès contre la ‘clinique’ qui m’a fait subir un ‘traitement’ anti-gay
SOURCES :

Chine: procès contre une clinique de traitement pour homosexuels, 21 août 2014, RFI
http://www.rfi.fr/emission/20140821-chine-proces-contre-une-clinique-traitement-homosexuels/

Dans un tribunal chinois, le procès inédit des traitements contre l’homosexualité, 31 juillet 2014, AFP
http://www.afp.com/fr/info/dans-un-tribunal-chinois-le-proces-inedit-des-traitements-contre-lhomosexualite

Chine : un traitement de choc pour convertir les invertis, 29 juin 2014, Courrier international
http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/29/un-traitement-de-choc-pour-convertir-les-invertis

Thérapie ex-gay, ce que disent les experts de renom, Blog 76 crimes
http://76crimesfr.com/therapie-ex-gay-ce-que-les-experts-de-renom-disent/

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sur : slate.fr par Annabelle Georgen

Hambourg, une nuit de l’été 1980. Armé d’un marteau, Corny Littmann, un activiste homosexuel allemand, alors candidat des Verts au Bundestag, s’attaque au miroir vissé à l’intérieur d’une pissotière du quartier de Saint-Pauli. Entouré d’une nuée de journalistes, il veut montrer les basses méthodes employées par la police de l’époque pour traquer les homosexuels.

Derrière le miroir se trouve une cache depuis laquelle les policiers peuvent surveiller tout ce qui se passe à l’intérieur des toilettes –et prendre en flagrant délit les hommes qui s’y retrouvent pour avoir des relations sexuelles. Car à cette époque, l’homosexualité est toujours considérée comme un délit passible d’une peine de prison en Allemagne.

L’action menée par Corny Littmann déclencha un scandale dans tout le pays, rappelle Der Spiegel, qui consacre une série d’articles à un phénomène tombé dans l’oubli en Allemagne: la persécution des homosexuels dans les décennies qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. Comme l’écrit l’hebdomadaire:

«La police a mené une véritable chasse aux homosexuels dans les années 1950 et les années 1960 et faisait régulièrement des descentes dans les bars qui étaient connus pour être des lieux de rencontre gay. Des dizaines de milliers d’homosexuels ont atterri en prison dans les jeunes années de la République fédérale.»

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, malgré les crimes perpétrés par les nazis à l’encontre des homosexuels –environ 50.000 ont été condamnés entre 1933 et 1945 et plus de 15.000 d’entre eux sont morts dans les camps– la jeune République fédérale reprend le paragraphe 175 du Code pénal tel qu’il avait été renforcé par les nazis.

D’après les estimations de la fondation fédérale Magnus-Hirschfeld, créée en 2011 à l’initiative du ministère de la Justice allemand, environ 50.000 homosexuels auraient été condamnés à des amendes et des peines de prison rien que jusqu’à 1969, année où la loi a été assouplie. Mais il faudra attendre jusqu’en 1994 pour que le paragraphe 175 soit abrogé.

A titre de comparaison, l’homosexualité a été dépénalisée en France en 1982. Comme le rappelait en 2012 le magazine queer Yagg, Robert Badinter, alors garde des Sceaux, avait prononcé un discours mémorable à l’Assemblée nationale, condamnant l’article 331, alinéa 2 du Code pénal, instauré sous Pétain, avec ces mots:

«Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres citoyens dans tant de domaines. La discrimination, la flétrissure qu’implique à leur égard l’existence d’une infraction particulière d’homosexualité les atteint –nous atteint tous– à travers une loi qui exprime l’idéologie, la pesanteur d’une époque odieuse de notre histoire.»

Contrairement aux homosexuels persécutés par les nazis, ceux qui ont été pourchassés des décennies durant par la police allemande n’ont reçu aucune réparation. La fondation fédérale-Magnus Hirschfeld s’est donc donnée pour objectif de recueillir les témoignages des victimes du paragraphe 175 afin de documenter cette période sombre de l’Allemagne contemporaine et réhabiliter les victimes.

En 1970, le cinéaste gay allemand Rosa von Praunheim avait lui aussi dénoncé à sa façon les discriminations dont étaient victimes les homosexuels avec le film Nicht der Homosexuelle ist pervers sondern die Situation, in der er lebt («Ce n’est pas l’homosexuel qui est pervers, mais la situation dans laquelle il se trouve»), provoquant un scandale lors de sa diffusion. Un monument de la conscience queer outre-Rhin.

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