Êtes-vous un anarchiste? – La réponse pourrait vous surprendre! (David Graeber)

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graeberDavid Graeber est professeur d’anthropologie sociale à la London School of Economics (LSE). Il est membre de l’IWW (Industrial Workers of the World), un syndicat anarchiste. Anarchiste et activiste, fils d’un couple d’autodictates ouvriers, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont “Pour une anthropologie anarchiste”. Il est aussi l’une des principales figures du mouvement Occupy Wall Street.

Cet article est une traduction, l’original, en anglais, se trouve à l’adresse: http://theanarchistlibrary.org/library/david-graeber-are-you-an-anarchist-the-answer-may-surprise-you


Il se peut que vous ayez déjà entendu deux ou trois choses à propos des anarchistes et de ce en quoi ils sont supposés croire. Mais il y a aussi de fortes chances pour que tout ce que vous ayez entendu soit un non-sens total. Beaucoup de gens semblent penser que les anarchistes sont des adeptes de la violence, du chaos et de la destruction, qu’ils sont contre toute forme d’ordre ou d’organisation ou encore que ce sont des nihilistes allumés qui veulent simplement tout faire exploser. En réalité, rien n’est plus éloigné de la vérité. Les anarchistes sont simplement des gens qui pensent que l’être humain est capable de se comporter de manière raisonnable sans avoir à y être forcé. C’est une notion très simple. Mais c’est aussi une notion que les riches et puissants ont toujours trouvée très dangereuse.

Au plus simple, les croyances de l’anarchiste se basent sur deux principes élémentaires. La première est que les êtres humains sont, d’ordinaire, aussi raisonnables et décents que possible et peuvent s’organiser eux et leurs communautés sans qu’on leur dise comment faire. La seconde est que le pouvoir corrompt. Mais avant tout, l’anarchisme est une façon d’avoir le courage de prendre les principes simples de la décence commune selon laquelle nous vivons tous (NdT: fondée essentiellement sur le droit naturel, cf. Lysander Spooner) et de les suivre jusqu’à leurs conclusions logiques. Aussi étrange que cela puisse paraître, dans les grandes lignes, vous êtes déjà probablement un anarchiste qui s’ignore.

Commençons par quelques exemples de la vie de tous les jours:

  • S’il y a la queue pour prendre le bus, attendez-vous votre tour et vous réfrénez-vous de jouer des coudes pour passer devant les autres même s’il n’y a aucune forme d’autorité présente ?

Si vous avez répondu “oui”, alors vous agissez comme un anarchiste ! Le principe le plus basique de l’anarchisme est l’auto-organisation: la supposition selon laquelle les êtres humains n’ont pas besoin d’être menacés de poursuite judiciaire, ni d’aucune forme de coercition pour être capable de se comprendre raisonnablement les uns les autres ou de se traiter mutuellement avec respect et dignité.arton416Tout le monde pense être capable de se comporter raisonnablement. Si l’on pense que la loi et la police sont nécessaires, c’est parce qu’on considère que les autres n’en sont pas capables. Mais en y réfléchissant, ne pensez-vous pas que tous ces gens pensent la même chose de vous ? Les anarchistes argumentent sur le fait que presque toute l’attitude antisociale qui nous fait penser que les armées, polices, prisons et gouvernements sont nécessaires, provient en fait des inégalités et des injustices systématiquement causées par ces mêmes institutions – armées, polices, et prisons. Il s’agit d’un cercle vicieux. Si les gens sont habitués à être traités comme si leurs avis n’avaient aucune importance, alors ils seront plus enclins à devenir coléreux, cyniques voire violents – ce qui, par conséquent, permet à ceux au pouvoir de décréter que leurs avis importent peu. Une fois qu’ils comprennent que leur opinion a vraiment de l’importance comme celle de tous les autres, alors les gens deviennent vraiment compréhensifs. Pour faire court: Les anarchistes pensent que c’est le pouvoir en lui-même et les répercussions de ce pouvoir, qui rendent les gens stupides et irresponsables.

  • Êtes-vous un membre d’un club ou d’une équipe de sport ou de toute autre organisation de volontaires où les décisions ne sont pas imposées par un leader mais prises sur la base du consentement général ?

Si vous avez répondu “oui”, alors vous appartenez à une organisation qui fonctionne selon des principes anarchistes ! Un autre principe de base de l’anarchie est l’association volontaire. Il s’agit simplement de l’application de principes véritablement démocratiques à la vie de tous les jours. La seule différence c’est que les anarchistes pensent qu’il est possible d’avoir une société dans laquelle tout est organisé selon cette ligne de conduite, avec des groupes fonctionnant sur la base du consentement libre de leurs membres et que, par conséquent, tout type d’organisation pyramidale (du haut vers le bas) — de style militaire et bureaucratique, ou comme les grandes corporations — fondé sur une chaîne de commandement, un principe hiérarchique, ne serait plus du tout nécessaire. Peut-être ne pensez- vous pas que cela soit possible. Peut-être le pensez-vous. Mais à chaque fois que vous parvenez à un accord consensuel, plutôt que coercitif, chaque fois que vous passez un accord volontaire avec une ou plusieurs personnes, parvenez à un accord compréhensif ou à un compromis en prenant en considération la situation particulière de l’autre ou ses besoins, vous êtes un anarchiste – même si vous n’en avez pas conscience.

L’anarchisme c’est juste la façon dont les gens agissent lorsqu’ils sont libres de suivre leur volonté, et quand ils interagissent avec d’autres qui sont également libres et donc conscients de la responsabilité que cela implique pour les autres. Ceci mène à un autre point crucial: alors que les gens peuvent être raisonnables et bienveillants quand ils interagissent avec leurs égaux, la nature humaine est telle qu’on ne peut leur faire confiance lorsqu’ils sont investis d’une autorité sur les autres. Donnez à quelqu’un un tel pouvoir et il en abusera d’une manière ou d’une autre.

  • Pensez-vous que les politiciens soient des ordures égoïstes ne se préoccupant pas de l’intérêt public ? Pensez-vous que nous vivions dans un système économique injuste et stupide ?

 Si vous avez répondu “oui”, alors vous souscrivez à la critique anarchiste de la société d’aujourd’hui – du moins dans ses grandes lignes. Les anarchistes pensent que le pouvoir corrompt et que ceux qui passent leur vie entière à le rechercher sont les derniers qui devraient en être investis. Les anarchistes pensent que notre système économique actuel a plus tendance à récompenser les gens pour leur attitude égoïste et sans scrupule que pour leur décence et leur attention. La plupart des gens ont ce sentiment. La seule différence c’est que la plupart des gens pensent qu’on ne peut rien faire à ce sujet, ou, de toute façon – et c’est ce sur quoi les serviteurs des puissants vont toujours avoir tendance à insister – rien qui ne ferait empirer les choses.

Et si c’était faux ?

Y a-t-il vraiment une seule bonne raison de croire ça ? Quand vous les analysez, la plupart des prédictions sur ce qu’il se passerait sans l’État ou le capitalisme s’avèrent complètement fausses. Pendant des milliers d’années, les gens ont vécu sans gouvernement. Dans bien des endroits du monde, aujourd’hui encore, des gens vivent en dehors de tout contrôle gouvernemental. Ils ne s’entretuent pas. Ils vaquent à leurs occupations, comme tout un chacun. Bien sûr dans une société moderne, urbaine et complexe, ça serait un peu plus compliqué, mais la technologie peut également servir à résoudre ces problèmes.

En fait, nous n’avons même pas encore commencé à réfléchir à ce à quoi ressembleraient nos vies si la technologie était vraiment mise au service des besoins fondamentaux de l’humanité. Combien d’heures devrions-nous vraiment travailler pour maintenir une société fonctionnelle – cela s’entend, si nous éliminions tous les boulots inutiles comme, par exemple, les démarcheurs téléphoniques, les huissiers de justice, les gardiens de prisons, les analystes financiers, les “experts” en relations publiques, les bureaucrates et les politiciens et si nous détournions nos esprits scientifiques les plus brillants de leurs recherches actuelles en armement spatial ou en analyses de marché, pour qu’ils s’emploient à mécaniser les tâches dangereuses ou ennuyeuses comme l’extraction de charbon et le nettoyage de salle de bain, tout en redistribuant le travail restant de manière équitable ? 5 heures par jours ? 4 heures ? 3 ? 2 ? Personne ne sait, parce que personne ne pose ce genre de question. Les anarchistes pensent que ce sont LES questions qui doivent être posées.

  • Croyez-vous vraiment en toutes ces choses que vous dites à vos enfants (ou que vos parents vous ont dites) ?

“Peu importe qui a commencé”. “ On ne guérit pas le mal par le mal”, “nettoie ton propre bordel”. “Ne fais pas aux autres…”. “Ne sois pas méchant avec les autres juste parce qu’ils sont différents”. Nous devrions peut-être chercher à savoir si nous mentons à nos enfants lorsque nous leur parlons du bien et du mal, ou si nous sommes prêts à prendre au sérieux nos propres injonctions. Parce que si vous suivez ces principes moraux jusqu’à leurs conclusions logiques, vous arrivez à l’anarchisme.

Prenez le principe « on ne guérit pas le mal par le mal». Si nous prenions cela au sérieux, ça invaliderait entièrement le fondement des guerres et du système judiciaire. Il en va de même pour le partage: nous disons toujours aux enfants qu’ils doivent apprendre à partager, à prendre en considération les besoins des autres, à s’entraider, quand, dans nos réalités de tous les jours, nous supposons que tout le monde est naturellement égoïste et compétitif. Un anarchiste ferait remarquer: en fait ce que nous disons à nos enfants est exact. La quasi-totalité des plus remarquables prouesses de l’histoire de l’humanité, des découvertes et des accomplissements qui ont amélioré nos vies, ont vu le jour grâce à l’entraide et à la coopération ; aujourd’hui encore, nous dépensons plus d’argent pour nos amis et notre famille que pour nous-mêmes ; et bien qu’il risque de toujours y avoir des gens compétitifs dans le monde, il n’y a aucune raison de fonder la société sur l’encouragement de ce type d’attitude, et encore moins d’encourager la compétition pour la satisfaction des besoins fondamentaux. Cela sert uniquement les intérêts de ceux au pouvoir, qui souhaitent que nous vivions dans la peur de l’autre. C’est pourquoi les anarchistes imaginent une société fondée non seulement sur l’association libre mais aussi sur l’entraide mutuelle (NdT: cf. Pierre Kropotkin). Le fait est que la plupart des enfants grandissent en croyant en une morale anarchiste, puis, au fur et à mesure, se rendent compte que le monde des adultes ne fonctionne pas vraiment de cette façon. C’est pourquoi bien des adolescents deviennent rebelles, aliénés, voire parfois suicidaires, et finissent en adultes amers et résignés. Leur seul réconfort étant souvent d’éduquer des enfants eux-mêmes en prétendant avec eux que le monde est un endroit juste. Qu’en serait-il si nous pouvions commencer à bâtir un monde véritablement fondé sur, au moins, le principe de justice ? Ne serait-ce pas le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à nos enfants ?

  • Pensez-vous que les êtres humains soient fondamentalement corrompus et mauvais, ou que certaines sortes de gens (les femmes, les personnes de couleur, les gens ordinaires ni riches ni hautement éduqués) soient des spécimens inférieurs, destinés à être dominés par ceux qui leurs sont supérieurs ?

Si vous avez répondu “oui”, eh bien, il se pourrait bien que vous ne soyez pas un anarchiste après tout. Mais si vous avez répondu “non”, alors il y a des chances pour que vous souscriviez à 90% des principes anarchistes, et pour que vous viviez d’ores et déjà votre vie en accord avec. A chaque fois que vous traitez un autre être humain avec considération et respect, vous êtes un anarchiste. A chaque fois que vous réglez vos différends avec les autres en arrivant à un compromis raisonnable, en écoutant ce que chacun a à dire plutôt qu’en laissant une personne décider pour tout le monde, vous êtes un anarchiste. A chaque fois qu’ayant l’opportunité de forcer quelqu’un à faire quelque chose, vous décidez plutôt de faire appel à sa raison et à son sens de la justice, vous êtes un anarchiste. Même chose pour toutes les fois où vous partagez quelque chose avec un ami, ou décidez ensemble qui va faire la vaisselle ou faites quoi que ce soit en gardant l’équité à l’esprit.

Vous pourriez maintenant objecter que tout cela est bien et valable pour de petits groupes de personnes, mais que gérer une ville, une région ou un pays est une autre paire de manches. Bien sûr il y a du vrai là-dedans. Même en décentralisant au maximum la société et en mettant autant que faire se peut le pouvoir entre les mains des petites communautés, il y aura toujours beaucoup de choses qui devront être coordonnées, de la gestion des chemins de fer aux orientations de la recherche médicale. Mais parce qu’une chose est compliquée ne signifie en rien qu’il ne soit pas possible de l’accomplir démocratiquement. Ça sera simplement compliqué. D’ailleurs, les anarchistes ont toutes sortes d’idées et de visions sur la manière dont une société complexe puisse se gérer elle-même. Les expliquer en détails ici serait s’éloigner de l’intention originale ayant motivé l’écriture d’un petit texte d’introduction comme celui-ci. Il suffit de rappeler, en premier lieu, qu’ils sont nombreux à avoir dédié beaucoup de temps à l’élaboration de modèles de sociétés véritablement démocratiques et saines ; et ensuite, et c’est tout aussi important, qu’aucun anarchiste ne prétend détenir le plan parfait. La dernière chose que nous voulons c’est imposer des modèles préfabriqués à la société. En vérité, on n’imagine probablement pas la moitié des problèmes qui se présenteront lorsqu’on tentera de créer une société véritablement démocratique ; cependant, nous sommes confiants, l’ingéniosité humaine étant ce qu’elle est, de tels problèmes pourront être résolus, tant que l’on respecte nos principes élémentaires – qui sont, en fin de compte, les principes de la décence humaine la plus élémentaire.

 David Graeber

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Traduction: Nicolas CASAUX

 

Lu sur la Vie des idées : « Les débats autour de la prostitution ont mis en évidence l’importance du mouvement abolitionniste en France. Lilian Mathieu montre comment ce groupe d’intérêt en est venu à détenir le monopole de la lutte contre la prostitution, parfois au détriment de l’émancipation des prostituées elles-mêmes.

La vivacité des débats actuels sur l’union des personnes du même sexe, la gestation pour autrui et la prostitution soulignent à quel point les questions sexuelles sont devenues des questions politiques par excellence. Au cœur de cette actualité, le renforcement de la lutte contre le « système prostitutionnel », appréhendé comme une violence sexuelle intolérable, témoigne de la conversion du champ politique français à la cause abolitionniste ayant pour objectif la disparition de la prostitution et l’émancipation économique et sexuelle des prostituées. C’est de ce nouveau discours hégémonique, fruit d’une importante remobilisation du mouvement abolitionniste dans les années 2000, que s’empare le sociologue Lilian Mathieu. Prolongement d’un parcours de recherche de plus d’une vingtaine d’années consacré à la prostitution et à son encadrement politique et social, son ouvrage La Fin du tapin. Sociologie de la croisade pour l’abolition de la prostitution propose une sociohistoire de l’abolitionnisme soucieuse de restituer, sur le terrain scientifique, les ambivalences de son injonction à l’émancipation.

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Déc 292014
 
Calais : au vent qui sème la tempête…

Lu sur Paris-luttes : « La toute nouvelle barrière anti-migrants installée autour du terminal d’embarquement dans le port de Calais a été sauvagement attaquée ce matin par des rafales de vent mal intentionnées qui ont mis à bas une partie de la clôture. Le groupuscule cataclysmique ne s’est pas contenté de ce sabotage et a également bloqué le port pendant deux heures (en solidarité avec les migrant-e-s paraît-il).

Vive le vent d’hiver !

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repris de Sans papiers ni frontières

 

La ville veut expulser “De Vloek (La Malédiction) le 5 janvier 2015

Aujourd’hui, 2 juillet 2014, une lettre d’huissier à été envoyée par la municipalité à l’espace autogéré De Vloek (La Malédiction). La lettre stipule que nous devons évacuer les lieux avant le 5 janvier 2015. Si la ville réussit, c’est un des derniers espaces autogérés de La Haye qui va disparaître.

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La ville nous informe, dans sa lettre, que De Vloek doit laisser place à une toute nouvelle école de voile. Actuellement, cette école de voile est située dans le centre antique qui est juste en face de De Vloek. Le centre nautique, qui a été spécialement construit pour la voile de compétition, a été terminé en 2006 mais est resté inoccupé pendant des années. De nombreux bâtiments du voisinage sont pourtant également inoccupés. Il y a donc certainement assez d’autres endroits pour les sports nautiques. De nouvelles constructions sont tout simplement inutiles et il semble que notre espace devrait laisser la place à de nouveaux bâtiments inoccupés.

Au cours des dernières semaines, nous sommes allés deux fois à la mairie pour évoquer le problème. Nous n’avons pas eu d’informations concernant la faisabilité du projet. Il est aussi incertain qu’il y’ait suffisamment d’usagers intéressés par ce projet d’école de voile. Après les discussions, la municipalité nous a promis de voir le planning avec nous, mais ca n’est jamais arrive. Quelques jours plus tard, nous recevions finalement un planning succinct, sur une demi-feuille a4, accompagné d’une lettre nous informant que nous devions quitter les lieux avant le 5 janvier 2015.

Au lieu de voir la valeur intrinsèque de De Vloek, il nous a paru évident que la ville est seulement intéressée par l’argent que la vente de l’espace public va lui apporter. Nous pensons que la ville devrait plutôt se soucier de ce qui est important pour les habitants de La Haye et ce qui est bon pour la communauté. Avec des espaces pour les sports nautiques, il devrait aussi y avoir des espaces comme De Vloek. De Vloek est un endroit très important pour des milliers de personnes.

De Vloek veut perdurer sur le même lieu et n’a pas prévu de fuir la bataille. De Vloek est un endroit vivant et une source d’inspiration qui a totalement sa place sur le port. Cette nouvelle école de voile n’est qu’un nouveau projet immobilier vaniteux qui n’apporte pas grand-chose au voisinage. Depuis des années, le conseil municipal de La Haye essaie de transformer le port de Scheveningen en un paradis pour plaisanciers et bobos. De nombreuses entreprises, comme des compagnies de transport maritime ou d’import/export ont du laisser la place à des appartements hors de prix, à des bureaux vides et à un centre nautique ou aucun habitant de Scheveningen ne se sent chez lui.

Par conséquent, nous allons prochainement organiser des actions pour sauver De Vloek. Nous invitons tout le monde à faire de même et à participer à nos actions. La ville a construit pendant trop longtemps pour une riche élite et ne se soucie guère des projets qui ont été lancés par les citoyens. Au lieu de soutenir ces initiatives, de plus en plus d’espaces autogérés sont en train de disparaître à La Haye. Moins d’espaces de rencontres sociales et culturelles vont transformer la ville en un cimetière et les citoyens créatifs et actifs vont quitter la ville de plus en plus. « La Malédiction » est aussi un des derniers endroits ou il est possible de manger, boire et assister à des spectacles pour une somme modique.

De Vloek a été ouverte il y a 12 ans et a laissé son empreinte dans le port de Scheveningen par les nombreuses actions caritatives et à but non lucratif qui s’y sont développées.
De Vloek est constituée du restaurant bio et végétalien Water en Brood (Au pain et à l’eau), de la salle de concert De Piratenbar (Le Bar des Pirates), de nombreux espaces de travail, studios, espaces de vie et salles de répétitions. Tout ce qui a commencé et s’est perpétué au sein de De Vloek l’a été sans aucun soutien institutionnel, sans subventions et l’espace est autogéré. . Toutes les semaines, des centaines de personnes participent aux activités de De Vloek. Les espaces alternatifs comme celui là doivent être préservés.

De Vloek doit survivre!

http://devloek.nl/agenda/

 

18ha de nature et de vie menacée par le projet de prison à Haren (Bruxelles)
Des Vergers, pas de prisons !
Ramenez-vous !

Quoi de neuf sur Haren et la ZAD PataZAD ?!

Après les Patates, puis la cabane et ses voisines, une fête et des rencontres, des chantiers, des Tentes une Yourte, et une visite pour une future expulsion…Toujours pas de prison !

On lâche rien ! Venez nous rejoindre les 13 et 14 ! Pour un soir, quelques heures, pour un temps, pour longtemps !

- MIEUX COMPRENDRE CE QU’IL SE PASSE ! : Cliquez par-ici
- DÉCOUVRIR L’APPEL « KEELBEEK LIBRE ! » : Cliquez par-ici
- NOS BESOINS POUR SOUTENIR LA LUTTE : Cliquez par-ici


PROGRAMME VARIÉ ET D’HIVER, POUR TOUS-TOUTES !

Vendredi, samedi et dimanche soir : invitation à dormir sur le terrain du Keelbeek.
Amenez vos matelas, sacs de couchage et couvertures, de grandes tentes vous attendent ! Dormir au Keelbeek, c’est prendre goût à la liberté…

Contribution libre, tous les bénéfices sont destinés à soutenir les actions pour la sauvegarde du Keelbeek.
Sur place : Repas végétariens et bio, stands d’infos


SAMEDI 13/12

- 9h : Petit déjeuner partagé
- Toute la journée dès 10h : chantiers sur la ZAD (réserve de bois, constructions, finition yourte, préparatifs du verger, création de braseros, installation du mât…)
- Repas de midi : Auberge espagnole

Au village de Haren
- 16h : Marché de Noël par les associations de Haren. RDV sur la place du village, rue de Cortenbach
- 18h30 : Départ de la Marche aux flambeaux de la place du village vers le Keelbeek

Soirée Folk Keelbeek
A partir de 19h au centre culturel De Linde (7 rue Cortenbach – Haren)

- 19h : Repas du soir végétarien et bio (prix libre en soutien à la ZAD)

- 19u30 Film d’animation « L’homme qui plantait des arbres » de Frédéric Back (30’ – Canada – 1987)

- 20h Concert folk avec Nihil Obstat
Inspiré par la musique klezmer et les sonorités des balkans.
www.nihil-obstat.be

- 22h DJ Desperado
‘one man’ soundsystem : cocktail de Balkan Beats, Mestizo, Ska, Afro-Latin Vibes & Ethnik Fusion


DIMANCHE 14/12 : Grande Journée Inaugura’zad du Keelbeek !

10h : Petit déjeuner partagé

11-14h : Préparatifs et plantation du verger ! On enracine la lutte !
- Ramenez vos pelles, vos bêches et faux,
- Vos plantes, arbustes et arbres à replanter,

11h : Balade guidée du terrain du Keelbeek

13h : Repas de midi végétarien et bio (prix libre en soutien à la ZAD)

14h-15h : Discussions en parallèle :
- Contre la prison et son monde, ceux qui la veulent, ceux qui luttent contre, ceux qui envisagent des alternatives
- Contre l’accaparement des terres ici et ailleurs, pour la réappropriation des terres agricoles, luttes d’ici et d’ailleurs…
- Contre une façon d’aménager le territoire – Bruxelles : nous voulons une ville vivante ! Présentation de luttes par chez nous…

15-16h : Plantons nos racines au Keelbeek ! Inauguration de la ZAD du Keelbeek libre !
- Crémaillère du verger collectif de Haren
- Parrainage des arbres par les enfants
- Lancement officiel de Pom’perpète, le jus de pommes pressé pour le Keelbeek

16h : Concert de Chômeuse Go On

Toute la journée :
- Animations et jeux pour les petit-e-s et les grand-e-s
- Stands d’infos

18h : Marche aux flambeaux entre le Keelbeek et la place du village

19h : Conférence gesticulée : Colibri sur lit de prophétie, d’Alec Somoza
Au centre culturel De Linde (7 rue Cortenbach – Haren)

 

hoodrat-gutterpigeon:

Viva la revolution.

hoodrat-gutterpigeon:

 

Affaire Luperto: « épée de Damoclès » pour les relations homosexuelles?

à lire sur : rtbf

(Source: livingbecauseicantdie, via liberated-from-binaries)

 
Un message des anarchistes sur place : « La révolution l’emportera à Kobanê ! »

Lu sur Anarchistes solidaires du Rojava : « Des camarades de l’Action anarchiste révolutionnaire (DAF) se sont portés au secours de la ville de Kobanê, assiégée par l’État islamique (Daech). Une partie a pénétré dans la ville. D’autres sont restés dans un village sur le territoire turc, Boydê. Ils et elles nous envoient ce message.

De Boydê, le 8 octobre 2014. 24e jour du siège de Kobanê par l’État islamique (Daech). Tandis que, dans tous les villages frontaliers, des militantes et des militants font rempart de leurs corps pour dissuader les attaques, toute la population, dans toute la région, s’est dressée pour empêcher la chute de Kobanê.

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Juin 232014
 
Mythe

Les amitiés sublimées de la Beat Generation

par

sur: 360°
beat

Neal Cassady et Jack Kerouac.

Entre histoire mythifiée d’une bande de potes et fantasmes libertaires, retour sur une épopée littéraire qui chamboula l’Amérique.

Par une journée claire et radieuse de 1945, sur le campus de Columbia University, quatre jeunes types à l’aube de la vie, posent, bras dessus bras dessous, dans une sorte de félicité partagée. Une photographie en atteste: il y a Jack Kerouac, costume cravate dépenaillé, clope au bec et air frondeur; Allen Ginsberg, dans un long impair crème, paupières closes, la mine tournée vers le soleil dans un air de béatitude; William S. Burroughs, la main ganté posée sur l’épaule d’Allen, complet cravate serré, chapeau melon et regard fendu d’un air aguicheur en direction de l’objectif; et enfin Hal Chase, à peine vingt ans, avec sa dégaine de Rimbaud, dont l’histoire retiendra le rôle crucial qu’il jouera dans la rencontre entre Kerouac et Neal Cassady, l’inspirateur du futur roman culte, «Sur la Route». Ce que cette photographie anonyme révèle, c’est, bien loin de l’imagerie sexe, drogues et rock’n’roll qui lui succèdera, un groupuscule d’étudiants new-yorkais liés par l’amitié. D’origines sociales diverses (milieu d’ouvrier imprimeur pour Kerouac; lettrés et militants communistes pour Ginsberg; haute bourgeoisie industrielle pour Burroughs), les trois futures figures de proue du bateau beat, partagent déjà un attrait passionné pour la chose écrite, ainsi qu’un sens aiguisé des tabous bridant la société américaine. Sens qui les portera tous trois vers des formes d’existence en marge.

Une constellation d’individus
À cette époque, la «Beat Generation» n’existe pas encore. D’ailleurs existera-t-elle autrement que comme étiquette promotionnelle ? C’est ce que suggère Allen Ginsberg dans une interview accordée au journaliste suisse, Jean-François Duval, en 1994:« Le «mouvement beat», même si on ne cesse de s’y référer et d’en parler aujourd’hui, n’existe pas, n’a jamais existé, ça n’est qu’une hallucination psychédélique des médias». Le terme fut pourtant formulé par Jack Kerouac en 1948 pour décrire un cercle d’amis au romancier John Clellon Holmes. Il faudra attendre les œuvres déterminantes («Howl» en 1956, «Sur la Route» en 1957, «Le Festin nu» en 1959) des trois auteurs emblématiques pour que la presse, et l’histoire littéraire s’en emparent. Une appropriation rétrospective de ce qui s’apparente moins à un mouvement, au sens programmatique du terme, qu’à une constellation de singularités partageant des valeurs anti-bourgeoises, libertaires, et des formes d’existence nourries par la route, les expériences hallucinatoires et l’amour libre.

Car l’Amérique de ces années-là n’a rien d’un pays de Cocagne: censure maccarthyste (la traque aux communistes fait rage à partir des années 50), racisme, homophobie, extension de la toute-puissance des lobbies et des complexes militaro-industriels, culte de la consommation. La toile de fond sur laquelle vont se jeter ces individualités avides de nouveaux rythmes est un mélange de puritanisme, d’éthique du travail et de peur atomique. Bien avant les mouvements de 1968, ces hédonistes inspirés opposent au conformisme de la société américaine des années 50, la désobéissance civile, l’éloge de la paresse et de l’errance, la franche camaraderie et la sainteté du corps. On oublie aujourd’hui le sens de la provocation qu’il fallait avoir pour se déclarer ouvertement, comme Ginsberg, «communiste et pédé», pour se laisser photographier nu à côté de Gregory Corso (poète, ami du groupe), ou pour lire le 13 octobre 1955, à la Six Gallery de San Francisco, ce poème incantatoire et révolutionnaire qu’est «Howl». Un « long tunnel noir, suintant les larmes et le sperme » écrira Christine Tysh, la biographe d’Allen Ginsberg. Un ouvrage qui, comme «Sur la route» de Kerouac, vaudra à son auteur autant de déboires (censure) que de reconnaissance auprès de ceux qui, peu à peu, vont s’identifier au style de vie que ces livres et leurs auteurs propagent.

Les sources organiques de l’art
Nous voici au coeur battant d’une aventure humaine transfigurée par l’écriture. Une écriture en prise directe sur l’expérience, où l’âme et le corps s’unissent dans un même mouvement de libération:« Les corps chauds brillent ensemble/dans l’obscurité, la main s’avance/vers le centre de la chair/la peau tremble de bonheur/et l’âme vient joyeuse à l’œil – oui, oui, c’est ça » écrit Allen Ginsberg dans un élan d’adhésion sensuelle à la matière du monde. Élégiaque et lumineuse, son œuvre est une ode à la sainteté des organes – « La langue et la queue et la main et l’anus sacrés ! » – tout autant qu’un hymne au décloisonnement:« Des pensées batifolent dans mes génitoires ».

Loin du patron romanesque classique ou de la métrique serrée, ce qui guide ces fadas de la plume et de «l’émotion pure», c’est la quête du point de rencontre entre rythme intérieur et phrasé, pulsion de vie et tempo syllabique. D’où leur fascination pour le jazz (Charlie Parker) dont Kerouac s’inspira pour donner ce «caractère spontané de l’improvisation» à «Sur la route». Véritable œuvre totémique d’une communauté, où se réfractent les péripéties relationnelles, les envolées au hasch et à la benzédrine, les jeux d’amour à trois ou à quatre, les visions hallucinées des paysages américains. Dans ce roman au flot ininterrompu, Allen Ginsberg est Carlo Marx, William Burroughs, Old Bull Lee, Kerouac lui-même, Sal Paradise.

«Neal Cassady vit de débrouille, de lectures, de plans cul»

Mais ce livre n’aurait pas trouvé sa forme flamboyante, comme jaillie d’un seul flux de conscience, sans l’énergie de Neal Cassady, qui prendra le pseudonyme de Dean Moriarty. «J’ai eu l’idée du style spontané de «Sur la route» en voyant comment ce bon vieux Neal écrivait ses lettres: toujours à la première personne, une écriture rapide, folle et pleine de détails, comme une confession». Voici ce qu’écrit Jack Kerouac à propos de son irrésistible et sulfureux ami rencontré à la fin de 1946. Charmeur athlétique au tempérament excessif, tour à tour manœuvre aux chemins de fer fédéraux, mouleur de pneus rechapés chez Goodyear, Neal Cassady vit de débrouille, de lectures, de plans cul. Écrivain sans œuvre, son talent littéraire transparaît pourtant dans ses lettres dont les éditions Finitude ont publié ce printemps un premier volume.

Sociabilité érotico-littéraire
«Un truc très beau qui contient tout» (tel est son titre) constitue la caisse de résonance des affects, des projets, des idées et des engueulades d’amis dispersés entre New-York et la côte ouest de États-Unis où vit Neal. On y découvre la profondeur et la complexité d’amitiés prises dans des imbroglios de sentiments qui feront la sève des créations littéraires à venir. Une sociabilité incluant éros et logos, et qu’illustre bien la relation entre Allen Ginsberg et Neal Cassady. Aimanté mentalement et sexuellement par la virilité solaire de ce dernier, Allen Ginsberg flashe dès leur deuxième rencontre. À la suite d’une virée nocturne bien arrosée avec Jack Kerouac, les trois acolytes vont dormir chez un ami commun. «Neal et moi, nous avons dû partager un lit, confie Ginsberg à Jean-François Duval. Je tremblais, il l’a senti et, plein de compréhension, il m’a entouré de ses bras. C’est ainsi que nous avons fait l’amour. Je ne m’y attendais pas, parce que je le trouvais très macho».

Toutes les lettres de Neal à Allen porteront la trace de ce désir sublimé. Conscient d’avoir instillé le trouble chez son ami, Neal Cassady cherche alors à préserver leur «unité psychologique» tout en la déchargeant de l’énergie érotique libérée, allant jusqu’à écrire:«je sais que je suis bisexuel mais je préfère les femmes». Leur relation épistolaire sera rythmée par ces jeux de séduction et de mise à distance dont Neal a le secret. Dans ses mémoires, Carolyn Cassady, sa seconde femme, révèlera un passage de lettre où Neal joue à l’acrobate pour tout à la fois préserver le béguin de son ami et lui rappeler l’incompatibilité de leurs désirs: «je veux devenir plus proche de toi que personne. Mais je ne veux pas manquer inconsciemment de sincérité en niant ma non-inversion sexuelle pour te faire plaisir». Désespéré, Allen Ginsberg finira par se faire embaucher sur un paquebot en partance pour Tanger, où William S. Burroughs traînera quelques années plus tard son âme damnée et ses hallucinations géniales.

Postérités
William Burroughs, qui ne s’associera jamais au mouvement beat (trop anar pour cela), voyait pourtant dans cette constellation d’œuvres et de vies un phénomène sociologique global de première importance. En dépit, ou grâce à leurs orientations différentes, ces œuvres «ont brisé toutes sortes de barrières sociales», et ouvert la voie aux revendications et aux expérimentations des générations futures. Avec des livres comme «Junkie», «Queer», «Le Festin nu», «Nova Express», «The Soft Machine», Burroughs est un inspirateur majeur de la scène underground des années 60 jusqu’à nos jours. Lui qui multiplia les expérimentations sonores avec des artistes comme Kurt Cobain, Tom Waits ou Patti Smith, et aimanta d’innombrables créateurs visuels de la culture pop. Ce pionnier dans l’usage du cut-up en littérature, fut aussi un satiriste aussi sombre qu’étincelant de l’état policier et de ses techniques de surveillance dont nous ne sommes, de loin pas, sortis.

La liste des influences et des héritiers de cette génération «battue» (un des sens anglais de beat) est longue: essor de la contre-culture, protest-songs de chanteurs comme Joan Baez ou Bob Dylan (grands lecteurs de Kerouac), mouvements hippies, mobilisations contre la guerre au Vietnam, anti-nucléaires, libération sexuelle, légalisation de la marijuana et défense des droits des homosexuels aux Etats-Unis, autant de revendications qui puisent dans l’image d’un «moi» organique, hospitalier, interconnecté au « Grand tout » cher à Ginsberg.

Mais au-delà des thèmes politiques et sociaux qui trouvent aujourd’hui une résonance particulière, ce que cette bande de potes nous lègue à travers ses écrits et ses lettres, c’est une image de l’amitié comme espace de liberté et de création. Une amitié réticulaire, vaste et contradictoire, où l’exigence côtoie l’ivresse, le poème d’amour la retenue, et où l’on peut, sans crainte, s’entendre dire: « On y va. – Mais où? – Je sais pas, mais on y va.»

Biblio:
Alain Dister, La Beat Generation, la révolution hallucinée, Découvertes Gallimard, 1997.
Carolyn Cassady, Sur ma route, Denoël&D’ailleurs, 2000.
Jean-François Duval, Kerouac et la Beat Generation. Une enquête, PUF, 2012.
Neal Cassady, Un truc très beau qui contient tout, éditions Finitude, 2014.

 
Femmes et anarchistes – Voltairine de Cleyre et Emma Goldman
Lu sur Les Presses du réel : « L’égalité politique des femmes, le rapport entre mariage, prostitution et esclavage sexuel, l’action directe, la réforme de l’éducation moderne, les minorités et le progrès, les causes de la jalousie (et ses remèdes), la désillusion en Russie en 1917, la fausse démocratie, etc. : le recueil de textes, pour la plupart inédits, de deux figures de l’anarchisme féminin aux États-Unis au tournant du XXe siècle.

Dès la fin de la guerre de Sécession, les États-Unis s’affirment comme l’une des puissances clés du monde industriel et capitaliste émergeant. Incarnation du « rêve » d’un monde meilleur pour ses nombreux immigrants, le pays se construit à travers les crises sociales, identitaires et politiques qui traversent l’ensemble du monde occidental. Revenir sur cette époque à travers les écrits de Voltairine de Cleyre (1866-1912) et d’Emma Goldman (1869-1940), militantes anarchistes, permet de mettre en perspective certaines de nos problématiques actuelles.
Les textes, pour la plupart inédits en français, ont été écrits au long d’un demi-siècle crucial, entre 1880 et 1940. Ils disent l’articulation entre la critique franche de la société moderne et la redéfinition du statut des femmes. De quoi est-il question ? De sexualités, de prostitution, de mariage, de contrôle des naissances, d’amour, de jalousie, de propriété, de liberté, d’éducation, de leurre idéologique, notamment… de dissidence et de liberté surtout.
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